‹ Le radeau de la méduseChapitre 17 sur 32 · LES ÉLECTIONS MUNICIPALES · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS MUNICIPALES

d*un terroriste ferait tomber à la renverse, refuse de voter pour la liste monarchique, parce que sa femme n'a pas été Invitée au bal d'un des candidats, parce qu'un autre possède la particule, parce qu'un troisième a plaidé contre lui dans un procès de mur mitoyen, et surtout parce qu^il est prouvé que le rétablissement de la monarchie forcerait ledit bourgeois, propriétaire dans la banlieue, à payer la dîme, à subir la corvée, et peut-être à se lever la nuit pour battre les étangs et faire taire les

grenouilles les grenouilles qui demandent un

roi, et que, par conséquent, tout bon patriote devrait s'efforcer de réduire au silence! N'insistons pas! Si les querelles de partis sont passagères, les faiblesses du cœur humain sont éternelles.

Quoi qu'il en soit, la situation est terrible, et elle peut, d un moment à l'autre, devenir plus affreuse encore. Les municipalités des grandes villes vont déclarer la guerre à l'Assemblée de Versailles, et déjà nous voyons quelques-uns de ces élus du 30 avril réclamer la cessation des hostilités, c'est-àdire, en bon français, la capitulatio» du Gouverne-

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ment devant rémeute. Qu'en pense M. Thiers? fie croit-il de force, avec ses collègues, originaires du 4 septembre, à débrouillai ce (âiaos, à museler ces hyènes, à nettoyer les^étables de TAugias tiémago* gique? A quoi.lui servent son eupérienoe d'homme d*État et ses études d'historien? Ignore-t-H corn* ment les révolutions précèdent, et eecpi'il faut, pour les dompter, de puissance etde prestige? Ce prestige, que domient le génie de la guarre, la gloire des armes^ la ifoyauté séculaiie, croit-il Tavoir, et, s*il ne Ta paa, est-ce le groupe des ex-collègues de M. Gambetta qui peut Je lui ipr&ter?

Il n'a pas voulu du rôle de Monk : nous ne le chicanerons pas là^dess». Groit-il te Tôle de Washington plus fadle dans lïotre pauvre France de 1^71? JKous le supplions de réfléchir, s'il en est temps encore, de mesurer le terrain Jigu'il perd ou qu'il a perdu. Nous le conjui^ons^ dans ce redoublement de crise et de péril, de .se xlemander où le mènent cette alliance avec des «irvivants d'un régime né£aste^ cette rupture avec des hommes qui T acceptaient pour chef et |iour

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guide dans leur œuvre de réparation et de salut.

n y a trois mois^ ces hommes, oubliant d'anciens griefs, le proclamaient grand citoyen, et la France ratifiait ce titre par un million de suffrages.

Aujourd'hui le titre serait plus contesté, Faccla* mation moins unanime, les suffrages plus sobres. Que serait-ce demain, s'il achève dé se laisser glisser sur cette pente dangereuse ? Il aime l'histoire, à laquelle il doit, en définitive, le meilleur de sa gloire. Qu'il la iconsultefi Elle 'hi! 'rappellera que tous les faux :grands hommes sont tombés de la infime nsmièi^; en échangeant la mission que leur indiquait la Providence contre Taventurp que leur «Ingérait leur ambition ou leur orgueil.

fi nui i871.

Les deux articles publiés sous ce titre par H. Victor Bonnet vont me servir de point de départ pour aborder cette question redoutable qu'on ne peut, hélas f supprimer en Tajoumant. M. Victor Bonnet n'en est plus à faire ses preuves, et on retrouve dans ce nouveau travail Tesprit judicieux, la remarquable droiture, la parfaite compétence de réminent économiste.

Mais est-il possible, aujourd'hui, de parler finances en se renfermant dans des détails de chiffres, d'impôts, d'épargnes et de réformes ? L'é-

i. Le» impôts après la gnerre, par M. Victor Bonnet.

coaomiste, si habile qu'il soit, peut-il s'abstraire du politique? En songeant à ces charges énormes qui s'appesantissent sur la France épuisée, ne sentez-vous pas, presque malgré vous, la question d'argent s'élever, grandir, changer de terrain, idéaliser l'arithmétique, et se rattacher peu à peu à des principes d'ordre supérieur, comme une barque à demi brisée par l'orage s'attache au pied du rocher où expire la vague? Quand Timage de ces cinq milliards, grossis de cinq autres milliards follement dépensés, perdus ou gaspillés pendant cette horrible guerre, s'abat sur notre esprit malade comme le Smarra de Charles Nodier sur le cerveau fiévreux d'un personnage de ballade^ il faut ou s'abandonner à une sorte de vertige, ou, par un énergique effort, se détourner de cette vision sinistre, aussi impitoyable que la réalité, aussi effrayante qu'un mauvais rêve. La montagne est à pic, le gouffre est immense ; la chute serait mortelle. Pour résister aux mystérieuses attractions de Tabime, regardons l'horizon et le ciel; baignons-nous dans cette pure atmosphère que la

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vérité illumine de ses étemelles clartés. Puis^ pour retrouver un peu de force et' de courage, songeom qu'au delà de ce gouffire béant il y a une patrie , qu'au*dessus de ce sombre chaos il y a un Dieu; •qu'au réveil de cet affreiK cauchemar il y a un avenir : l'avenir de la France purifiée et régénérée. On a répété cent fois le mot du baron Louis à dasimirPérier: « Faites-moi de h «bonne politique, je vous ferai de bonnes finanoeB. i^Si le mot était vrai en temps ordinaire^ ou pendant ces crises parlementaires qui noiBs agitaient jadis et nous font maintenant reflet de madrigaiBC ou d'églogues, que dire d'un moment tel que < celui-ci, où une faute du pouvoir, une hésitation des troupes, un smxhs de l'émeute, une ou deux grandes villes en^ traînées par la propagande communiste, peuvent suffire à nous rendue incurables et insolvables? Les lionnes finances, comme la bonne politique, pren* nent ici un sens plus absolu, plus grandiose et plus décisif qu'à l'époque du vieux baron. Les finances n'ont plus à équilibrer un budget^ à faire remonter les fonds publics, à corriger quelques

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abus, ai esquisser quelques réformes, mais à con- . jurer le spectre.hideux.de la banqueroute, à rem*plir le vide, à ranimer le néant, à créer des res* sources extraordinaires en > présence d'une situation qui frappe de stérilité 6t.de mort: même les revenu» habituels* La politique n'a plus à prévenir quelques désordres, à ramener- un groupe de députés, à pacifier deux ou trois départements, à s'assurer une majorité dans les Chambres, mais à opérer des prodiges, à. ressusciter une société morte ou mourante, à rofildre lléducation de tout un peuple, à remettre au jour des vérités oubliées^ à retrouver le bien dans le mal, la force dans la faiblesse, Tau^ torité dans l'anarchie, la prière dans le blasphtoie,. la foi dans Tindifférence^ l'aiinégation dans Tégoïsme, l'esprit' dans la matière ; à obtenir de la. France, — cette fille repentie du fier Sicambre, •— qu'elle brûle ce qu!dile adore, qu'elle adore cet qu'elle a brûlé.

Voilà la position ; maintenant causons affaires^ Bt d'abord point dîillusion à la Prudhomme sur le résultat de telle ou. telle économie laborieuse^

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ment effectuée sur telle ou telle partie du budget. Point de ces calculs chimériques, chers aux braves gens qui vous disent, en comptant sur leurs doigts: a Nous allons retrancher tant de millions sur la guerre, tant de millions sur la marine, diminuer d'un bon tiers le traitement de tous les fonctionnaires, depuis les ministres jusqu'aux gardes champêtres; supprimer une foule de places inutiles, dont les titulaires s'engraissaient de la sueur du peuple. Joignez à cette admirable réforme une autre économie non moins admirable : plus de cour, plus de liste civile, plus de sénat, plus de chambre des pairs, plus de ces hauts dignitaires, héros de la faveur et du cumul, qui touchaient deux ou trois cent mille francs par an. Additionnez à présent tous ces bénéfices; ils nous donneront, et au delà, de quoi combler notre déficit, dégrever notre passif, équilibrer notre budget, payer les Prussiens et ne plus en entendre parler. »

C'est avec ces beaux raisonnements que la République, essentiellement économe et justement indis^née des abus monarchiques, supprime en

effet la liste civile^ les hauts dignitaires^ les gros traitements, et.*, dépense en trois mois un milliard pour remplir les poches des puritains faméliques qui Font proclamée ou payer de dérisoires fournitures qui ont contribué pour beaucoup aux désastres de nos armées. L'idée peut être vertueuse, mais le cercle est vicieux. Les honnêtes esprits qui s'y enferment ressemblent à ces dissipateurs ou à ces joueurs malheureux, qui, après avoir perdu vingt mille louis^ quadruplé le chiffre de leurs dettes ou hypothéqué leur dernier immeuble, s'imaginent qu'ils vont réparer leurs folies et rétablir l'égalité entre le droit et avoir j en se retranchant deux cigares par jour et deux paires de gants par semaine.

Madame Emile de Girardin, dans une de ses spirituelles causeries, s'amusait à prouver qu'une femme du monde qui dépense dix mille francs pour donner une fête rend un plus grand service à la pauvreté laborieuse et fait une œuvre de charité plus intelligente, plus productive et plus efficace que la femme qui porte une somme équivalente au

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bureau, de bienfaisance, l'aime à çroii». qu'il y avait là un pea de fantaisie el.de paradoxe* Mai&il suffira^ pour rentrer, dans le vrai, d'appliquer à; l'État ce que. madame, d» Girardin disait de Tin* dividu. Dans cette.mafihine si vaste eti ai compli*» quée, dans cet ensemble où chacun souffre ou prospère de la prospérité ou de la souffrance de tous, je vous défie de réaliser une diminulion^d» dépense qui n'ait pour envers, dans des proportiotts* analogues^ une, diminution de recette* Preaea^ pour exemple, une grande ville et une petite^ Paris: eii Brives-la-Gaillarde.. Vous supprimez la cour,, la liste civile, le domaine privé, le conseil d'Jâtat, les aides-de-camp, lee chambellans, les dames d'honneur, etc., etc. Très-bien f je vous approuve: mais, même sans complerllépouvantable. épisode q\ât a livré notre Athènes. aux Barbares, croyez- vous qfte Paris soit plus riche que le 12 mai 1870? You& découvrez que Brives n'a pas besoin de sous-préfet;, vous rognez, quelques centaines de francs sur les mandats des oinployés de la mairie, des juges,, des percepteurs et des gendarmes* Bravo I Un an

après, vous faites on voyage d'agrément dan»< cette ville illustrée par H» Deschalumeaux. h»* produit de l'octroi a diminué de moitié; l'herbe croît dans les rues ; la plupart des marchands ont fermé boutique; leurs créaaiciers tendent la maia* aux passants ; le marché est désert ; a consomma-^ tion et la production se sont effondrées de com*^ pagnie:.Briv6s est encore Brives, mais n-estplus^ gaillarde... ainsi de suite. Le sujet est immense, il comporterait des volumes^ et je vous promets de^ ne pas les écrire. Gonsoltex les économistes^ le»^ politiques, que di»-je? ItL IMers lui-même^ qui ne saurait me démentir sans se contredire. Vers 1831^ lorsque la Chambre s'acharnait, avec un zèle de nouvelle ppêtiesscrtrévolutiannairey à des économies^ de bouts de bougie,. M. Thiers lui prouva^ chiffres . en main, que toutes les réductionSy .toutes les coui pures opérées sur les traitemants o«l le» emplois^ n'égalaient pas- ca que rapporte au une seule* ville, de France on an detranqmllité oa ce^que loi coûte une semaine de désordiei Règle générale^ spdit^uahMiiBe dtesprit^ Sup^'

primez des fonctionnaires, vous triplez le nombre des solliciteurs; découragez les solliciteurs, vous multipliez les mendiants.

Oui, seriez-vous aussi jaloux des deniers publics qu'un républicain du 4 septembre, si décidé que vous soyez à mettre au pain et à l'eau la foule des émargeurs, toujours vous serez forcé de revenir aux trois grands moyens qui s'oflQrent aux peuples ruinés pour se tirer décemment des grandes crises financières: l'emprunt, les sacrifices volontaires, le crédit, ou, pour parler plus exactement, la confiance. Au fond, ces trois moyens n'en sont qu'un: discutons-les pourtant, comme s'il était possible de les séparer.

L'emprunt! Sans doute une nation comme la nôtre peut encore, malgré ses fautes et ses malheurs, trouver de l'argent à emprunter ; mais les conditions? That is the rub, dirait Hamlet. Je ne connais rien de plus soupçonneux^ de plus égoïste^ de plus circonspect, de plus fugitif que le capital. Bien différent des crapauds et des limaçons, il se cache les jours de pluie et se montre les jours de soleil. Il

a des cruautés pour Tinfortune et des coquetteries pour la prospérité. Essayez de le saisir, il vous glisse entre les doigts; efforcez- vous de l'attendrir, il reste sourd à vos prières ; cessez d'avoir besoin de lui, il se jette dans vos bras. Il lui faut, en d'autres termes, ou des avantages ou des certitudes. Si vous ne le rassurez pas, il vous, écrase; pour la plus légère chance de perte ou de faillite, il exige deux pour cent de plus. Maintenant, ditesmoi ce qui pourrait le rassurer dans la situation présente. Admettons Thypothèse la plus optimiste^ hélas f et la moins vraisemblable; qu'avant huit fOurs force reste à la loi; que la Commune soit vaincue ; que M. Thiers et ses collègues deviennent maîtres de Paris, et cela sans une seule de ces catastrophes que rendent imminentes la rage» l'audace, la perversité^ le désespoir des assiégés. L'armée a fait son devoir, le gouvernement respire; MM. Picard, Jules Simon et Jules Favre, posant un pied victorieux sur les barricades, leurs petites-filles, disent aux populations subjuguées :

Dtêdie juttitiam moniU, $t non temnere divoi !

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ffest û^ès-bien, mais après? Qui me dit que^^Ia^ guerre civile, étouffée sur un point, ne se rallu-^ mera pas sur un autre? qui me dit qne les- muni-dpalités de province ne vont pas recommaicep r^BUvre- destruetive de la Commune de Paris?

Pour que la démagogie internationale pût renoncer à ses funestes desseins^ il faudrait que ses espérances fussent anéanties ; or^ qui pourrait le», anéantir? Un pouvoir exercé par des hommes qui ont préparé son triomphe ? Nos dernières élection»?! L'agitation de no» rues et de nos clubs ? L'abstai^' tion déoouraigeante et découragée d'une partie de^ honnêtes gens?' Le décousu et le provisoiroi sou» toutes leurs formes? L'influence <fes fonetioUr naire» gambettiates . maintenus dan» un grand; nombre* de- localités ? Hélas i non^ aux grands maux les grands remèdes I Les palliatif» n*<HQt jamais passé pour des spécifiques; ce qu'il faut;, c'est unesi^lution, c^t un dénoûment, c'est un. gage définitif de stabilité el de durée, c'est un< principe bien net, biènr en vue, élevé au-dessu»* de toutes les chicanes^ et de tou» le» contrôles^

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auquel puissent immédiatement se rallier les ^sentiments, les eonVistions et les intérêts. .Ceci mlamène au seeond moyen qni pourrait nous aider A sortir de ce gouffire financier : les sacrifices volontaires.

Je dis volontaires; il n'y a que ceux-là de féconds et d'efficaces. Pour qu'ils {N*odukeat.tout leur effet, il faut qu'ils puissent s'accomplir sur une grande échelle; qu'ils portent srec eux, comme compensation, conlentement ^et sécurité; que rhonmie qui s*honare par cet acte d'abnégation et de patriotisme n'en soit pas trop appauvri; enfin, qu*à son insu et par la force des choses, son sacri- "fice devienne une excellente affaire.

M je touche à une question délicate qui pourrait aisément tourner à la gaucherie ou à la désobligeance. Mais enfin^ quand j'aurai déclaré quoila pauvreté n'est nullement faumilianle, qu'elle peut même devenir un titre à l'estime générale, vous ■me permettrez d'ajouter que les républicains de la veille^ sauf quelques exceptions rarissimes, ne sont pas des millionnaires. Je les en blâme d'autant

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moins que Topinion républicaine étante comme chacun sait, la plus désintéressée de toutes^, ces Aristides de clocher caressent leurs idées généreuses sans jamais songer à s'enrichir. Les glorieux lendemains du 4 septembre ne laissent là-dessus aucun doute.

Ceci posé, et s'il est vrai qu'il soit bien difficile de faire un grand sacrifice sans aimer et sans croire, parlons franc. Si les riches sacrifiaient spontanément à la République cette somme, plus ou moins considérable, qui sépare leur superflu de leur nécessaire, il faudrait qu'ils eussent de la foi et de Tamour de reste. Qu'a fait cette République, je ne dis pas pour leur complaire^ mais pour les ménager? Proclamée au nom d'un péril commun, dans des conditions et des circonstances qui imposaient, comme loi suprême^ l'égalité devant le Prussien, elle n'a pas attendu huit jours pour créer des catégories, diviser les populations, prêcher la discorde, la colère et la haine, dénoncer à tous ceux qui convoitent tous ceux qui possèdent^ menacer les capitalistes et les propriétaires, ébranler

les fortunes privées, jeter au vent la fortune publique. Elle nous a fait assister, dans la plupart des grandes villes, à des scènes odieuses, sacrilèges, honteuses, où les propriétés n'ont pas été plus ' épargnées que les personnes. Presque partout, l'impunité la plus scandaleuse a légalisé, amnistié ou justifié les actes les plus criminels. Aucune réparation n'a été accordée au droit, à la vérité, à l'innocence, à la religion, à la justice. Les semblants de répression ou de châtiment n'ont été qu'une dérision de plus ; car suivis presque aussitôt d'une capitulation et d'une faiblesse, ils se changeaient en ovations pour les instigateurs de ces désordres ou de ces crimes; ils redoublaient la consternation des braves gens et l'audace des scélérats.

Voilà le GOUVERNEMENT (?) auquel les grands propriétaires, — dévoués de cœur à l'ordre^ à l'autorité, à la monarchie, auraient à offrir une partie de leurs revenus ou une hypothèque sur l'ensemble de leurs biens ! Pour l'aider à abréger, à alléger l'occupation allemande, ils se condamneraient à un échange singulier : de l'or, de l'argent et des

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biUeU contre les outrages d'bier, les mexiace» d'aujourd'hui^ les alaaaaes de demaûi 1 Ge serait de la charité chrëtiemie; mais ce serait aussi de Fim* prévoyance politique.

SttfHposez, au ccfutraire, que ces saerifices aient pour excitant et pour récompense le rétablisse^ ment de la monarchie... oh! quelle différeoeef Et oomme mon vieux cœur bat rien qu'à l'idée de l'intime et profonde joie que je trouverais dans cette offrande, de l'émoticm délicieuse avec laquelle je dirais : c Que mon roi ait le bonheur et la gloire de délivrer, six mois plus lât, le territoire de la France, et nous nous (croirons plus riches que tous le Nababs de l'Inde, que tous les banquiers de la Cité; c'est nous qui seronsles obligés de la royautéet dû la patrie I . . . i — £t ce sentiment serait partagé par des milliersd'bommes qui pensait^ espèrent oomme moi; et» là où le sentiment ferait défaut, l'intérêt bien entendu suffirait à le remplacer ; car remarquer que ma seule crainte^ en parlant de ces sacrifices, est de commettre une gasconnade. Ces dons vo* lontaires, qui, chez les royalistes, acquitteraient

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