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une dette de cœur et un devoir de eoûseienee^ serai^st, pour les autres, le plaoement le plusinteUi^eot et le plus sûr. Ce que nous porterions respectueusement sur les. mardies du trooe, ils le porteraient lugénimisemeitt sous le péristyle de la Bourse. Ce qui sortirait par la fenêtre des châteaux, rentrerai d par la porte des banquiers; et c'est ainsi que nous novs trouTorions tout près de ce crédit, de cette confiance, dont nous sommes, hëlas l si loin»
Lamorieière, qui avait eu, lui aussi, sa phase d'illusion républicaine, Ta dit qudque temps avant sa mort : c Ce serait assez de h* crédit pour rappeler la royauté légitime^ quand même le sentiment monarchique serait, éteint en France. % — Le crédit, la confiance^ c'est-à'^re ce qu'il y a de plus impalpable et de plus réd, de plus idéal et de plus positif, de plus insaisissable et de plus ^coad*
Le crédit, qui fait quelque cbose avec rien, beaucoup avec quelque chose; arohitecte mystérieux qui rebâtit des palais avee' des décombres ; hardi calculateur dont les traites invisibles circulent
plus rapides que la vapeur et le vent; joueur infaillible qui réalise le problème de gagner toujours sans tricher jamais, pourvu qu'on Tautorise à mettre le roi dans son jeu. Ici les preuves sufs* bondent et s'unissent aux souvenirs. La République, même la plus sage, est mortelle à ce Crédit qui ranime et enrichit tout. Elle est essentiellement provisoire, transitoire^ mobile, sujette aux oscillations et aux secousses^ suspendue entre l'excès qui la perd et la réaction qui la tue. Or, ce qu'il lui faut^ à lui, Crédit^ c'est le définitif^ le terrain ferme, la garantie solide, la longue échéance. La République est sa Dalilah. A chaque cheveu qui tombe sous ses ciseaux^ c'est un million qui se perd dans le néant et le vide. La Restauration a trouvé la France plus écrasée peu^étre qu'elle ne Test aujourd'hui; car l'invasion avait été précédée, non pas de trois semaines, mais de trois ans de désastres. Les ressources offertes à l'agriculture^ au commerce, à la spéculation, à l'industrie, étaient alors bien moindres qu'à présent. Il n'y avait ni chemins de fer, ni routes départementales»
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ni vastes entrepôts maritimes, ni correspondances incessantes entre Tancien et le nouveau monde ; Eh f bien f par la seule influence de la monarchie sur le crédit et de la bonne politique sur les bonnes finances, toutes nos plaies étaient fermées dès 1821. En 1830^ nous étions trop riches, et c'est pour cela peut-être que nous nous sommes passé le luxe d'une Révolution. En revanche, nous sommes aujourd'hui tellement pauvres que nos dettes républicaines ne peuvent plus être payées que par une monarchie.
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Si quelque chose pouvait nous consoler de nos malheurs, ce serait le mouvement qui s'opère dans tous les bons esprits, et qui, un instant retardé par le schisme parisien, doit trouver dans ce sinistre épisode de folie et de ruine, une condition nouvelle de vigueur et d'énergie. Ce mouvement libérateur pourrait se résumer en quelques idées prmclpales : renouer ?es traditions rompues par quatrevingts ans de révolution; réconcilier le présent avec le passé; prouver à la génération actuelle que les abus et les privilèges, qui amoindrirent les
i. Les États du Languedoc, par Frédéric Béchard,
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bienfaits et hâtèrent la déeadence d'institutions excellentes, ne sont plus possibles aujourd'hui; montrer comment ces institutions séculaires^ dégagées de leur alliage, accommodëes à respfit nouveau, sagement appliquées à une œuvre éd réparation et de salut, peuvent nous aider à refaire à la fois la province et la France; rendre au pa]s épuisé l'initiative, le patrtotismei l'ime, Tactivité, la vie; réduire à des proportions raisonnables le^ prérogatives de Paris, et finalement rendre. impossible cette monstruosité qui nous a perdus et qui ajourne encore notre délivrance : une nation aatière, violentée tous les quinze ou vingt ans et condamnée à une périodicité révolutionnaire, paroo qu'il plaît à sa capitale, que dis-je ? à la fraction la plus dangereuse, la plus méprisable, la plus tarée, la plus vicieuse, la plus funeste de la population de sa capitale, de remuer des pavés, de désarmer des corps de garde et d'assassiner des sergents de ville.
Ce sont ces idées qui ont inspiré à M. Fré- <iéric Béchard sa remarquable étude sur les États
du Languedoc. II les retrouvait, pour ainsi dire^ -dans ses papiers de famille; qui de nous serait assez ingrat pour oublier que Ferdinand Béchard — > cet homme de bien, jurisconsulte, ërudit, publiciste, orateur, — a consacré toute sa vie à plaider pour la décentralisation administrative et politique, à éclaircir, à populariser cette grande question qui lui paraissait dès lors dominer toutes les querelles de partis? Mais la France n'avait pas encore assez souffert pour lui offrir ses douleurs et ses colères comme pièces justificatives. Se croyant, après chaque épreuve, redevenue maîtresse de ses destinées, nourrie de préventions bourgeoises, bercée d'illusions démocratiques^ absorbée par les intérêts matériels, distraite de ses périls par des magnificences extérieures, persuadée, sur la foi de ses coArupteurs et de ses sophistes^ que tout l'ensemble du régime antérieur à 89 n'avait été que ténèbres, oppression, servitude, attentat permanent contre l'humanité, le progrès et la liberté, elle refusait d'écouter les vrais politiques, justement effîrayés de tout ce qu'il
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y avait de fragilité, de menaces, d'éléments de ruine, de germes de mort dans ces apparences de force et de santé. C'est une des faiblesses de l'homme, que ses prospérités soient aussi susceptibles que son infortune. Il se regarde comme si innocent de son malheur, qu'il ne veut pas qu'on lui dise qu'il Ta peut-être mérité ; il se sent si peu fait pour le bonheur, qu'il s'inquiète et s'irrite de |out ce qui lui en rappelle la brièveté et l'incertitude. Les sociétés;sont comme les individus; le prenez garde t leur est aussi odieux que le je vous l'avais bien ditt Heureuses^ elles traitent de pessimiste, de rétrograde et de radoteur quiconque leur montre le gouffre au bas des pentes fleuries; malheureuses, elles s'en prennent à tout, de ce qu'elles souffrent ou redoutent, excepté à leurs folies et à leurs fautes.
Maintenant les yeux les plus rebelles ont été forcés de s'ouvrir. La décentralisation dont Ferdinand Béchard aura été le précurseur^ s'affirme et s'impose dans chacune de nos calamités. Il n'y a
pas de milieu ; ou achever de périr, ou reconstruire
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cette machine gouvemementale à laquelle moins d'un siècle a suffi pour pervertir, énerver, ruiner et perdre la première natàon du monde. Or, il n'y a rien de noaveau sous le soleil :
• Lorsqu'on croit inventer, on se souvient encore! >
Cette refonte sociale, si nécessaire et si urgente^ ne doit pas ressembler à une de ces téméraires aventures après lesquelles on est réduit à revenir au point de départ. Ceux qui vont mettre la main à rceovre a;aront à regarder tour à tour en avant et en arrière ; à étudier ce qui peut, dans l'andemie organisation des provinces, se concilier avec les exigences de notre époque; ce qui doit disparaître ùa survivre dans cette centralisaticm qu'il ne serait pas juste d'attribuer tout entière & la Révolution et à l'Empire ; comment de ces deux forces qui ont été compromises, l'une par ses contradictions) Tautre par ses excès, on pourrait recomposer enfin ce que le passé n'a pas su défendre, ce que le présent n'a pas su garder.
On a déjà remarqué que les payt d*£iai étaient
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Testés plus énergiques et plus fiers que les pays d'élections ; que leur physionomie et leur caractère avaient mieux échappé au nivellement universel; qu'ils avaient opposé ou apporté à la Révolution un jugement plus sain, des idées plus droites et plus fermes, une détermination plus virile et plus fortement trempée. L'excellent écrit de Frédéric Béchard justifie cette remarque.
On comprend^ en le lisant, pourquoi la France n'a jamais été plus robu^, plus françam^ mieux préparée à la défense nationale^ que lorsque la province, vivant de sa vie propre, faisait de son autonomie et de ses firancfaxses municipales une partie essentielle de son dévouement à la patrie commune. Ces institutions, mal connues^ défiguf^es par Torgueil philosophique, suspectes à la monarchie absolue, gênantes pour ses ministres, raillées par l'esprit mod^me^ dépassées d'un bond par a tyrannie révolutionnaire, ont sauvegardé l'indépendanoe et l'intenté du tenriteire dans des crises tout aussi terribles que la guerre de 1870, et où la ^eomparaison n'est pas à notie avantage. Que serait^
ce si on parlait des travaux publics, si on discutait le préjugé d'après lequel rien de grand en ce genre n'aurait été entrepris et exécuté avant le règne des bureaucrates, des ingénieurs et des architectes patentés par l'État? c Aujourd'hui même, nous dit » Frédéric Béchard^ en ce siècle de chemins de fer )» et d'entreprises gigantesques, il est impossible de » traverser le Languedoc sans se sentir frappé }» d'admiration à l'aspect de ces routes dont les » ingénieurs modernes, au bout d'un ou deux siè- » clés, n'ont encore qu'à surveiller Tentretien, à » l'aspect surtout de ce canal qui réalise, entre » l'Océan et la Méditerranée, une pensée, aussi » grandiose que le percement de Tisthme du » Suez.
1 C'est aux États du Languedoc que Ton doit, » outre le canal du Midi, ceux de Saint-Pierre à » Toulouse, de Grave et de Lunel; ceux de la » Radelle et de Silveréal, communiquant d'Aiguës* » Mortes au Rhône, aux étangs et à la mer; le port » et les remparts d'Aigues-Mortes ; le port de Cette; » l'aqueduc de Montpellier^ construit sur le modèle
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» du pont du Gard ; les ponts de la Garonne et de > l'Aude, etc.. »
Nous dépasserions les limites de cet article, si nous voulions énumérer, avec Frédéric Béchard, tout le bien que firent les États du Languedoc au dedans et au dehors, pendant la guerre et pendant la paix. Gomment se fait-il donc que ces antiques garanties de l'indépendance nationale et locale aient été impuissantes à contenter ou à conjurer la Révolution, qu'elles n'aient pas été plus épargnées par les novateurs que les abus dont elles ofifraient le correctif et le contrepoids? Gomment a-t-on frappé du même coup et englouti dans le même naufrage la monarchie absolue qui ne dépérissait que fauté d'intermédiaires entre le trône et la nation, et ces intermédiaires eux-mêmes qui pouvaient^ en se développant^ adoucir le choc du vieux et du nouveau monde et prévenir de meurtrières secousses? N'était-il pas possible de les réformer sans les détruire, de leur infuser un sang plus jeune sans les tuer d'un accès de fièvre chaude, de les débarrasser de leurs entraves sans les traiter
itt LE RABEAir BS LA MBDUSB
^^mn^ s*ih étaient des obstacles aux progrès et aux réformes?
L'explication de ce contresens, l'auteur des États du Languedoc nous rind»|me avec c^ite justesse d'aperçus dont il a déjà donné tant de preuves. Ce qui manquait aux Étals, c'est l'accord entre le fond et la forme, les moyens et le but, l'esprit même de l'institution et les hiérarchies d'ancien régime. Cet antagonisme devenait plus visible et plus dissolvant, à mesure que la roj^uté, convaincue qu'elle se fortifiait en s'isolant et que l'absence de contrôle ajoutait à son autorité morale^ déblayait d'avance le terrain pour ceux qui allaient la combaîttre et la renverser. Prises ^itre deux feux, les feux mourants de ia m<Miarehie qui n'en voulait plus et les flammes dévorante» de la révolution qui n'en voulait pas, les franchises provinciales succombèrent à cette loi Eatale qui poussait également aux •extrêmes la résistance et l'attaque. Elles étaknt trop pour l'une^ pas asses pour l'auti'e. L'une les avait impatiemment supportées, leur reprochant de retarder l'œuvre de la grandeur monarchique et de
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l'unité nationale; l'autre les supprima, parce qu'elle prétendait faire table rase pour tout rétablir après avoir tout détruit. Mais, dès lors, les esprits clairvoyants pressentirent les désastreuses conséquences de ce déclassement des provinces. « — Nous nous résignons, s'écriait en décembre 1789 le député Barrère, à laisser supprimer les États et à ne revenir un jour au système fédératif, que lorsque la France aura épuisé toutes les calamités attachées aux révolutions. »
ce Hélas 1 ajoute excellemment M. Béchard, ces » calamités, nous les avons toutes connues, et nous » en subissons encore la douloureuse épreuve ; ré- » Tolutions se succédant à Paris, tous les quinze » ou vingt ans, avec une régularité chronométri- » que, et imposées par télégramme à la Province; » deux invasions livrant, en 1814 et en 1818, la » France à l'étranger par la prise de Paris ; les dé- :» parlements se dépeuplant peu à peu au profit » iPtme capitale, menacée de congestion, quand 9 ils sont eux-mêmes frappés d'anémie; le pays » roulant de dictature en dictature, de gouverne-
j» ment d'aventore en gouvernement de hasard, » d'abime en abime ; aujourd'hui enfin, pour la j> troisième fois, en cinquante ans, Fennemi fou* 9 lant de nouveau notre sol, brûlant nos villages, » rançonnant nos villes, assiégeant Paris, parce » qu'il sait que la possession de Paris lui livrera 9 encore une fois le pays tout entier ! 11 a fallu y> dix siècles à la monarchie pour faire la France. i> Pour la défaire, il n'a fallu que quatre-vingt ans ]» à la Révolution, i
C'est au commencement de janvier, trois semaines avant la capitulation de Paris, deux mois avant l'insurrection de la Commune, que Frédéric Béchard écrivait ces lignes si vraies, si doiiloureu* sèment prophétiques. La centralisation s'est chargée de fournir un épilogue à cette page d'histoire. Dès que nous sûmes, en province, que Paris affamé demandait grâce, aussitôt deux pressentiments invincibles, en dépit des dernières hâbleries de l'école gambettiste, s'emparèrent, l'un des multitudes, l'autre des intelligences d'élite ; celles-là comprirent instinctivement que la guerre était finie, que les
derniers débris de nos armées allaient être écrasés par la chute du géant; celles-ci devinèrent que nous n'étions pas au bout de nos angoisses, que cette funeste capitale, surexcitée par cinq mois de siège, préparée à la guerre civile par la guerre étrangère, furieuse d'avoir été trompée au lieu d'être secourue, accusant à la fois de son abandon le gouvernement et la province, ayant perdu, par l'isolement et le blocus, l'habitude de sentir battre près de son cœur le cœur du reste de la France, ne sachant plus que faire d'une population hybride qui devenait dangereuse en cessant d'être nécessaire^ pleine de gens nourris aux frais de la République et désaccoutumés du travail, fière de sa longue défense, exaltée par la louange, aigrie par les privations et la défaite, aggravant tous les mauvais conseils de l'orgueil en délire par toutes les amertumes de l'humiliation finale, ne saurait ni se résigner, ni s'apaiser, ni se fondre de nouveau avec le pays dont le siège l'avait séparée, ni s'occuper avec nous de guérir ses blessures, ni accepter sagement les réformes politiques et l'ère
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de pénitence qa*allait lui imposer cette série de désastres.
Évid^nment, quiconque essayerait de lui parier raison loi ferait Teffist d'un Prussien; sa colère ne demandait qu'à s^assouvir sur qui se méfierait <le ses intentions ^ toucherait à sa prépondérance. Qu'une occasion Yint à s'offrir; que des armes fussent laissées entre ses mains fiéyreoses; que la question de sécurité fut follemadt sacrifiée 1 la question d'amour-propre, il était clair que les canons de la défimse devîoidraient les canons de l'émeute, que la Révolution, obstinée de longue date, à se préférer à la France, reparaîtrait sous une autre forme, que l'impunité multiplierait à l'infini les insurgés du 31 oetobre, que la capitulation de Paris et ses suites diminueraient d'autant le nombre et la force des hommes d'ordre, et que les fusils chargés contre les Allemands seraient tirés contre les Français. Je me trompe pourtant, quand je parle des intelligences d'élite et de leurs pressentiments. Il y en eut une, — * élite entre l'élite, puisque TAcadémie l'a réclamée et qu'on n'a cessé
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de lui confier les missions les plus délicates, ^-qui refusa de prévoir ce qui sautait aux yeux, et de renoncer à des illusions qui ne lui avaient pas porté bonheur.
Nous avons tous payé, nous payons tous pour Terreur naÏTe d'un vieil avocat, à qui sa profession, son expérience et son âge ôtaient le droit d'être naïf, et dont la confiance était encore de l'orgueil. M. Jules Favre en a dit son meâ culpâ^ à !a tribune, à la face de la France qui en pleure, de la Prusse qui en rit, de l'Europe qui en profite pour nous retirer son estime et sa pitié. Ce n'est pas assez ! Les meâ culpâj qui réparent tout en religion, parce que Dieu, supérieur à Tofifense, peut se contenter du repentir, ne réparent rien en politique, parce que les conséquences de la faute résistent au regret de ravoir commise. En pareil cas, il n'y a qu'un meâ culpâ possible : c'est de disparaître. Le gouvernement qui s'opiniâtre à nous montrer le coupable au premier rang de ses mandataires, pendant que chaque jour envenime les malheurs qu'il a causes, ce gouvernement de transition prouve, à nos dé-
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peos^ qa'il est, à la fois, trop fidèle à son origine et trop inférieur i sa tàdie.
Quoi qu'il en soit, les événements de Paris, kun de dùtancer récrit de Frédéric Béchard, ajoutent encore à son k propos. En grossissant le dossier, en décuplant nos grieb, en achevant de centraliser le péril et la ruine, ils rmdent irrésistible ce qui n'était qu'évident, urgent ce qui n'était que nécessaire. Dans sa conclusion éloquente, Fauteur résume tous les enseignements que son sujet offre à la situation présente. Les restes de féodalité qui, se mêlant à l'organisation des États, pouvaient donner le change sur leur mission et leur caract^e, sont aujourd'hui perdus dans la nuit des temps. Leur apparat hiératique et seigneurial déguisait leur réalité bourgeoise; œuvre d'une alliance défensive entre les divers ordres , fl leur arrivait trop souvent d'offenser en détail l'amour-propre de ce Tiers dont ik sauvegardaient en fait les intérêts et l'avenir. Progressifs et stationnaires tout ensemble, utiles à l'égalité future et constatant l'inégalité présente, il? gâtaient aux yeux des novateurs et des niveleurs
Tassociatioa par le privilège et la communauté par les préséances. C'est par ce côté qu'ils déplurent à la Révolution, laquelle, au bout de quatre-vingts ans, incapable de rien fonder, toute-puissante pour détruire, réduite à Talternative ou de régner sur le néant ou d'être étouffée sous des décombres, a cependant montré, dans ces derniers temps, à travers ses folies et ses crimes, je ne sais quel vague instinct qui la ramenait à son point de départ et la réconciliait avec les objets de ses vieilles antipathies.
Frédéric Béchard a raison; qu'étaient-ce que ces tentatives séparatistes ou sécessionnistes, ébauchées par des préfets démagogues, qu'étaient-ce que ces Ligues du Sud-Ouest ou du Midi, qu'étaient-ce enfin que ces armées de province, succédant aux troupes régulières, sinon les symptômes bien divers^ bien détournés de leur origine, d'un retour vers ces idées de fédération provinciale, que les législateurs de 89 proscrivaient de leurs codes, que les terroristes de 93 eussent punies de mort ? Qu'est-ce que la Commune de Paris, ajou-
terait-il aujourd'hui, sinon le simulacre et le pré«texte allégué par la démagogie pour reconquérir les libertés et les initiatives municipales? Par malheur, cette démagogie aveu^e et brutale, prompte à traduire les idées en passions et les pas* sions en attentats, corrompt tout ce qu'elle touche» C'est le mancenillier à Tombre duquel la mort s'insinue dans les veines, la Mal'aria qui fait circuler la fièvre avec le souffle des brises et aspirer lepoi* son avec le parfum des fleurs* D'un moyen de saur vetage qui pouvait racheter les fautes de TEmpire, les extravagances^ de Paris,. Le& défaillances de nos généraux et de noss^ddats, eUe a fait un nouvel élément de dilapidation et de désordre. De ce qui aurait pu donner à réfléchir aux habiles et aux sages^ elle a fait un spectacle hideux où l'idée primitive sa noie dans un chaos de scènes atroces, odieusea ou grotesques.
N'importe f si la France doit revivre, c'est par la province qu'elle revivra; c'est en se souvenaot que la congestion cérébrah tue à la fois le cerveau et le corps^ et en rétablisswt l'équilibre entre cette pro*
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vince laborieuse, pacifique, ennemie des révolu*tions, constamment sacrifiée, et ce Paris à qui Frédéric Béduird, plus indulgent peut-être en janvier qu'il ne le serait en mai, ne veut enlever que sa^ puissance d'absorption, son omnipotence révolutionnaire et politique. Soit ! que cette ville fatale, aux fascinations meurtrières, semblable à ces courtisanes du Titien dont la beauté sinistre fait songer à un pacte entre la volupté et le crime, que cette ville, si on lui en laisse les moyens, reste la souveraine des arts, des lettres, des sciences, du plaisir intelligent, de la causerie aimable, du salon et du théâtre, de la fantaisie aux ailes d'abeille, de la mode au plumage de colibri, de tout ce qu'elle livre en ce moment aux sauvages et aux barbares; mais rien de plus .
Pour commencer, tous, tant que nous sommes, t&eboQS de nous guérir de cette fatuité ridicule qui consistait à dire : « Je suis lettré, je suis artiste, j'appartiens à une élite; j'aime à élever ma penséo au-dessus des sujets vulgaires; done^e ne puis habiter que Paris, écrire qu'à Paris ; » et cela^ pen-
dant que les possesseurs d'une richesse moins idéale s'écriaient à Tenvi : c J'ai cent mille livres de rente, un château, des terres; je suis entouré de fermiers, de paysans pour qui ma présence est un bienfait; donc ce n^est qu'à Paris que je puis dépenser mes revenus. » Double erreur qui est pour çaelque chose dans nos désastres f Du moins, ces désastres auront servi à nous convertir. En séquestrant la capitale, ils ont déplacé et distribué ailleurs les foyers d'activité intellectuelle. Une transformation s'est opérée d'elle-même, sans que nous y prenions garde^ et, un beau matin, ne voulant pas demeurer tout à fait oisifs et inutiles, nous nous sommes trouvés, la plume à la main, à deux cents lieues du boulevard Montmartre, parlant d'autre chose que du roman de M. Feydeau ou de la pièce de M. Sardou. Frédéric Béchard nous donne un bel et sérieux exemple. Ses États du Languedoc ne feront assurément oublier ni ses drames si vrais, ni ses romans si émouvants^ ni ses critiques si judicieuses; mais ils prouvent que son talent souple et ferme ne perd rien en s'appliquant à des sujets plus graves. Hon-
neur au passager dont 1ns récits, en temps de calme, charment les ennuis du voyage, et qui met la main au ^uvernail quand se déchaîne la tempête I
17 mai 1871.