LA COLONNE DE LA PLAGE VENDOME
Maintenant, groupons pour mémoire^ autour de ce monument dont on ne peut plus dire cere perennius, les batailles d'Horace Yemet, que Ton allait en pèlerinage contempler et admirer dans Tatelier
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du peintre; la vogue extraordinaire du Mémoriatde Samte-ffélène^ du recaeil de Victoires et conquêtes; les expositions au profit des Grecs, pleines de ta^bleaux dédiés aux grognards de la Grande Année ; et enfin les vingt éditions de la Campagne deRussiej de M. de Ségur^ qui vit encore et doit faire de singulières réflexions sur le juste retour des choses et des colonnes d*ici-bas; nous aurons, en abrégé, le premier chapitre de celte édifiante histoire.
Le temps fait un pas ; ce pas est une Révolution; je n'en dirai rien^ de peur d'en trop dire. Après juillet 4830, le sentiment bonapartiste se divise, — pour régner. Le nouveau gouvernement, pacifique par nature, s'adjuge, en guise de décor et d'ornement, la gloire impériale; le coq gaulois se pare des plumes de l'aigle. On encourage ce que la Restauration n'avait pu que tolérer; la renaissance officielle du chauvinisme éclate dans des pièces militaires -et populaires qui font une consonmiation efiroyable de Russes et de Prussiens, et où il suffit i un acteur, pour être applaudi à l'égal de Talma, de rappeler vaguement le profil du vainqueur d' Ar-
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cole et de savoir prendre une pincée, de tabac dans la poehe de son gilet.
Ainsi ie do«9e napoléoni^i subit une seconde altération. Après avoir accepté le mensonge d'une monstmettse aHiaiice avec la jeune liberté, il sa laisse emprunter un reflet de ses splendeurs guer«rières par une dynastie et une société bour^ieoîses qui, remplaçant la légitimité par le sauvetage et le: droit par Tintérêt, ne pouvaient vivre et prospérer qu'à Taide de la paix. Ce fut là, de la part de Louiik Philippe et de ses conseillers^ une de ces habiletés vulgaires dont ne se méfient pas assez les esprits fins et madrés, dépourvus d'élévation morale.
Entourés et servis par la seconde génération des hommes de TEmpire, voyant le duc de Kdchstadit annulé par la politique de M. de Metternicb, p«iis frappé, à vingt et un ans, de langueur, d'agonie et de mort, ils se crurent les exécuteurs testamentaires de rile d'Elbe et de Sainte-Hélène, au bénéfice de la charte constitutionnelle. Récolter sans péril un re>gain de cette héroïque épopée, accrocher tant bien que mal ïétoile des braves à Pbabit noir du profesr^
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seur ou de Tavocat, amuser les imaginations inquiètes sans troubler le repos des positifs et des sages, ridée semblait excellente; la combinaison ne pouvait que tourner au profit d'une monarchie par à peu près^ qui, se sentant trop récente pour s'appuyer sur le passé, trop faible pour être maîtresse du présent, espérait gagner du temps en demandant à la légende ce que lui refusait l'histoire. Cette combinaison aboutit^ dix ans plus tard, au retour en France des cendres de Napoléon. Ce second mensonge eut là son expression suprême, déjà voisine du châtiment.
Tandis que la branche cadette, absolument étrangère aux souvenirs de l'Empire, et dont le chef, s'il avait eu le génie des grandes choses au lieu de n'avoir que l'esprit des petites, eût franchement répudié toute cette défroque, contraire à l'idée, à l'origine, à l'intérêt de son règne, — tandis que la branche cadette s'évertuait à rajeunir le dogme napoléonien, à y ramener les multitudes, à en faire tour à tour l'émotion et l'amusement des masses populaires, à en repaître nos regards, à épousseter