‹ Le radeau de la méduseChapitre 21 sur 32 · LA COLONNE VENDOME U · texte numérisé non relu

LA COLONNE VENDOME U

les vieux uniformes de la salle des maréchaux ou du Cirque-Olympique, à ensemencer les graines d'épinards les jachères du juste-milieu, un fait parallèle se produisait à deux reprises, traité d'abord comme l'équipée sans conséquence d'un avanturier sans valeur, sans parti, sans raison et sans argent. Le

véritable héritier, ou soi-disant tel, de cette lourde succession escamotée par un gouvernement pacifique, réclama, le pistolet au poing et l'aigle au chapeau, contre cette usurpation des prestiges de la guerre par les douceurs delà paix. Il s'était dit qu'en définitive, puisque ce prestige avait encore tant de puissance, puisque la redingote grise et le chapeau légendaire faisaient encore battre tant de cœurs, il serait bien niais, lui, Bonaparte, lui, neveu du grand homme, d'en laisser le bénéfice à d'autres. Ce calcul ne lui réussit pas d'abord; mais la suite, hélas I a prouvé qu'il n'avait que trop bien raisonné. Nous voici en février, 1848, et le mensonge bonapartiste va prendre une troisième forme en passant le Rubicon républicain. Ici, nous nous rapprochons de l'énoque présente, et je puis parler de visu et de

tiS LEî mak«X&V DBT'Li} MBBVSK

€nMhiiGaBi»ïaàkmai à Psois^ pendant tonte oette année toiinileMe^'.o'eittàHUittplacfraiix'pisiiiiàras loges pour voir jnsqofoùi: peat aUeir*la bétiss h» laaine, ihmBKfùt'fioiladseaiMtalir^dèBi le mois:de nm& er d*s«ii^ qm CÊÈtmiémhMoa^x toutes panî^ sienne; bitlé^moL non d^iniffpiiéteBdne liberté dent nul ne se scMiciait^ étsk^piu» démooratiiiae que lilifé* rale^ et tout airasl nspoléenienneiqiie'démoorartiqas; quelque eliose e^miat^VttTiiiekaiditùmnBi'dnpRyé'^ dutrotloir, substituerai la charteides pariemeotiâ^ res et des esprits^ cnltbés. J'ignom ce- que pensent aujoupdfhuMes oancieif;es> le» mHOPDbHnds.deFtsdiiB^ les figurants de tbéiboev les .petits houtiquisEs, trahie et froissés dans leurs : deux. plna. chèces affeetiiMi% le café, au lait du maftinietjft PeHl Journal du soir ; mais, ce que je puis attester; o'«st qu'ils étaient dàa lors tout disposés* à immoler la.seeond&.répubUqtte> sur les autel» d'uni second. empire, oii.fumait.enoore la poudre,defr.mélodramBsdeM» Ferdinand Laloue. Cette malheureuse république était innocente comme Tenfant qui vient de: naLtre;. elle avait à sa tête d'autres hommes, d'autres noms que les

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Glafe-Bizoin, les Fourrichoa, les R>5ehefort et lès Gèmbetta; elle n'avait &it.d!aui9e mal que de ftâra peur; n'importe I <m la sentait si peu viable, que la elasse à demi*boiitgeiii0ej^.à dsmi*plébéieiiney type de la population pairiMBnei cherebaitarUeurs son idéal et se passionnait poussa ftnieste^him^rei Lorsque l'Empire^ iaepte dans sa»^ cmoeesriOBS libéraUi* commun allait Tétre dans son enU^rise guerrière^ permit de tout dire pou» pvéparer à tout Mre, le coupt d'État du 2 dëoembrefiit représenté oomiM un' crime ' abominalile^iety.oirÉBs,. ce; n'eslp«s moiiqui plaiderai letcireonstanoes atténuantes*. Mats œ. crima préexistait, de longue date, à son. propre aceQmplissement«.Il ne fut que l'appliiation^. à latfoia.pnétoiienne. et/ révolutionnaire^ du men*songe que l'on accréditait, depuis tn>nte*ssx ans, dana la bourgeoisie ek daas) leipenpfe ;. la paote visible^ coupable du césansmesotide la démocratie; la preuve, inévitable et. ftitale, maia péremptoire^ que la Bjépublique est impossible' en* France». Gs; n'est pa& en octobre 18 B 1 ,a{Mràs leapremièrosii ba«» tion& de Satory et les pramièises indisorétions dut

Constitutionnel; c'est en mars 1848, après les premières émeutes, que M. Thiers aurait pu dire : i L'Empire est fait i » Nous l'avions vu faire, jour p>ar jour, dans la dissolution de tout ce qui peut réconcilier l'autorité et la liberté, dans la prépondérance de tout ce qui peut faire de la populace l'instrument de la force brutale. Dès cette époque, les politiques, les lettrés, les hommes de talent et d'esprit, qui avaient abusé de la légende impériale pour battre en brèche la royauté bienfaisante et séculaire, furent punis par où ils avaient péché. Ceux qui venaient de les renverser ne devaient pas tarder à être enveloppés dans la même expiation. Le mensonge, le désastreux mensonge, continué de 1814 à 1851, devait faire autant de victimes qu'il avait eu de complices.

Maintenant, la mort de Baudin, son monument, le guet-apens nocturne, l'arrestation des généraux en chemise, la liberté étouffée dans le sang du peuple, simple épilogue d'un drame tout fait; mise en scène à l'usage des moutons ou des hyènes de Panurge; colères rétrospectives qui avaient attendu

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dix-huit ans. Le jour où la démagogie parisienne, menée en laisse par un vieux comédien et un vieux vaudevilliste, se préférant à la liberté véritable^ se moquant de la légalité, précipita dans de nouvelles aventures la France qui n'en voulait pas<; elle couronna le César de contrebande, qui ne l'a pas payée d'ingratitude. Après avoir été, pendant près de vingt ans, son chargé d*afifaires, il Ta faite, le 4 septembre, sa légataire universelle.

Soyons justes pour tout le monde, même pour Fauteur dotant de calamités. Si les députés républicains, enfermés à Mazas, avaient reproché à Louis Bonaparte d'avoir tué la République, il était en droit de leur répondre ce que Yergniaud disait à Barnave au sujet de la royauté : € Vous nous aviez donné un cadavre; nous nous sommes bornés à l'enterrer. »

Mais cette fois, le cycle était parcouru, la coupe était pleine. Le mensonge napoléonien, dans ses rapports avec la liberté, avec la dignité, avec le repos, avec Phonneur delà France, avait rendu, en fait de déceptions et de malheurs, tout ce qu'il pouvait rendre. Pour que la démonstration fût sans

réplique et sans^ppel; Bieu-a permie qpsiriqM'eliofle d'inouï, de prodigieux, d'incre^afcie, on^phénomàne 4e -sauvagerie emagfe, t[ui fâaee ie «pomt dftnMe è rextrémtté'tBOatPfltire du fpomi de^départ. La démagogie, tour ai tour aifiée^dupe, toéritière, omn» plice du césorûise, ae sépare de lui comrne'se séparent des bandits* qui' &e peuvent 'plus s'entendre^eur le partage et l'emploi de leur butin; «veccosps, insultes et blessures. Ce que la civilisaUen/mème la plus hostile au' militarisme bonaparUste^ n'aurait pas osé faire, la 'Commune Ta fait sans hésiter, avec approbation et privilège de ses hommes id'Ëlat net de ses journalistes, avec un inexprimable mélange de furie et de logique, de qui avait été si amèie* ment reproché à la Restauration, — que dis-je! à quelques ultras désavoués par elle, — une coorde attachée à la^statue du gnmd Aomiiie,*nms fait :eujourd'hui Teftet d'un compliment de bonne -année, en comparaison de cet Acte de vandalîÉaie qui eût effrayé Genséric et Attila.

3>é8acmuslatioy»i]lé:ii'aiplasa9ea à démèLBrrmceQ wtte ^odieuse fictâao ^ .libérilkanfi bomyitntnte, «f6c «cej&iséraUe ânftôine de conquête et de. gloire, qui a servi de prétexte à tant de sarcasmes meurtmrs^ à tant de. perfides ^atlacpies. La 'Gooquètel fi'est un Bonaparte qui s'est .enecMre. une £ais changé ide la changer en démemhx£iBent.La.gloiAel.c'«6t l'héritier de NapoléMaïqui.Ka traduite enignâminie. iLa liberté I c'est la firaction la plus .avancée -* oh ! 'iràs-avancée,^et JuAmetrès^uisie! — du jpActi ré- ¥âlationnaire> :qui vient de déclarer ia lu^pture an «profanant ces parvis mctés.^ .en .renversant cette colonne qui parlait à l'Europe cntiàre de nos rui- .neuses et stériles victoires. .L'iionneur national ! le patriotisme ! jqous aommes^bieniorcés de les chercher ailleurs, (du moment qxielesohâfS'de.la Commune ont accompli leur œuvre de destruction ^t de honte sous l'œil des Prussiens^ dont les canons avaient fourni leur tribut à cette refonte triom- .phale; du moment que les Parisiens, jadis si suscep- Jlibles et si .fi^s^ aujourd'hui hébétés, ahuris, Serves, blasés, gangrenés^ stupides, .assistent à

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Topération comme à une pièce nouvelle, et se dédommagent de la fermeture des théâtres par les émouvantes péripéties du cabestan et du moulinet.

Carnet d'un Parisien pur-sang.— « Mardi, 16 mai 1871. — Divertissement de la jounée : chute de la colonne Vendôme. » — En note : a Encore plus curieux qu'une /Tremt^r^ de Dumas fils, i»

Oui> la table est rase, la place est nette. Éprise du néant dont elle a fait son dieu, son élément et son but^ la démagogie, gorgée de vin et de crime^ n'a voulu laisser à personne le soin d'achever son travail d'anéantissement qui en prépare un autre, diamétralement contraire. Dorénavant, plus une seule de ces images importunes dont l'ombre jalouse s'étendait sur les premiers soleils de la Restauration. La monarchie de saint Louis et de Philippe-Auguste, de Henri IV et de Louis XIV, n'aura pas à s'inquiéter de savoir si les boulevards et les rues qu'elle traverse évoquent à ses dépens les victoires de la Révolution, du Consulat et de * l'Empire. Ces boulevards et ces rues — dernier mot

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de la Révolution — se seront appelés Mégy, Assi, Miot,Pyat, Raoul Rigault, lourde, Paschal Grousset, Billioray, Eudes ; ils se seront nommés boulevards ou rues du 31 octobre, du 18 mars, de la Commune, du Comité de Salut public, de l'Athéisme, du Pillage^ de l'Assassinat. Au lieu d'avoir à se défendre contre des réminiscences dangereuses et des simulacres de gloire, la royauté n'aura plus qu'à laver des taches de sang et à balayer des tas de boue.

Si mai 1871.

SOMMATIONS HESPECTURUSES

à L ▲8SJIV«Z.ÉB4U1»0N^I.K

^Messîeors les Députés,

Il y a bientôt quatre mois, quand vous avez demandé ou accepté nos suffrages, vous ne pouviez vous dissimuler que la situation était grave. Dans votre pensée comme dans la nôtre, vos attributions devaient grandir à mesure que les événements exigeraient plus d'énergie, de résolution et d'initiative. Une guerre impossible à continuer, une paix écrasante à conclure, Paris à sauver de l'anarchie et de la faim, le fléau de l'occupation étrangère à conjurer au moyen de patriotiques sacrifices,

l'iUBdreà rétablir en Fmuee, la ireligion à poroiéger contre d'incessants outsages, Ja prépondérance à d^aoer dans les villes où une minorité détestable •s'était adjugé la dictature, TefiOrayant progrès de la dissolution morale à aorsêter dans les masses populaires, la ipropagiuide commmiifite à isomiiattie, les ioi^es démag<^ques à i«^in»afir, ie soandaie jde eertaines impunités k faire ^cesser, *Ie ^snamidaie xuon Jiuiîindre de fortunes prélevées isur le pain idt réqui^ment >de aes troupes à ichAtier «vecédatt, .on jmnense travail de réparation à dédier aux bonnètes ^gens ; quelle mission grandiose ^et xer- :riMef>quelllonrd fardeau pour des épaules parlejtneiitaiiBs Imais aussi, malgré notre Inamliation et notre deuil, quel èroimeur^n eas de succès 1

MainlttQant) voyons 1

Par un singulier ^hasard, ntras conq^tons 4aiis 4ios^ rangs ruBtiqnes «un «s-nenbre ^e fex-sooiélé des exHS^ns <de terttres^ie l'ex-Paris. 11 nous a p8n4é du p9Doédé 4bwri «Ifun nooimé Eugène Sorièe, dans des pîèees qui -«eurent ^aSis beaucoup de •veg>ae. Nous allons le^eopier.

Supposons, comme lui, uu capitaine de vaisseau ou un contre-amiral — le grade n'y fait rien — quittant Paris le 16 septembre 1870^ pour aller s'embarquer au Havre et entreprendre un voyage de long cours. Il dit adieu à la France dans des circonstances bien douloureuses. Pourtant, rien n'est encore désespéré. La troisième république, de date toute récente, a promis de réparer les fautes du second empire et de nous dédommager des désastres accumulés par son ineptie. Le plus éloquent des membres du nouveau gouvernement a prononcé ces paroles qui immortalisent un homme sll les justifie, et le tuent s*il les dément : € Pas une pierre de nos forteresses ; pas un pouce de notre territoire f » Les Prussiens s'avancent vers Paris; mais la ville héroïque, la cité modèle, la capitale par excellence, est si admirablement préparée à la défense, si fraternellement unie par le danger commun, que Tissue n'est pas douteuse. * Guillaume et Bismark vont trouver là le ch&timent de leur orgueil et de leur excès. En province, l'élan est magnifique, depuis que, délivré de l'odieux

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joug de TEmpire, on commence à y goûter les douceurs de Tère républicaine ; de toutes parts se forment des armées de secours, animées des plus beaux feux de 179â, et qui, en un moment donné, se joignant à la gigantesque garnison de Paris, doivent faire un tel hachis de Prussiens, qu'il n'en restera pas un pour repasser la frontière.

Encore une fois, ce ne sont pas là des certitudes, mais des espérances; espérances accréditées et ravivées chaque matin par les organes du gou<*

vemement, qui s'est dit provisoire pour n'effaroucher personne. U est bien entendu qu'en répétant ces promesses, en y mettant même ce grain d'exagération et d'emphase familier aux avocats, ce gouvernement s'engage, ou à réaliser de point en point son programme, ou à succomber au premier mécompte.

Mon ofScier de marine n*est pas un politique ; il n'a pas beaucoup de mémoire; il ne se souvient que de quelques-uns des noms mis en i*elief par la balsamique révolution du 4 septembre : Ernest

Picard, Jules FaviVfi, Juks .Eerry, .Jutes jSimoD;; j>Iii&de César, maisJieAttttiiiip^ Jidesl

Le V4)ilà f^artl; la«(ûlàMiu^A><Mii4iU*in«id6^ii»M& tûui &mii mâme les vppgfis (d^xptooBÉifliii Jouh- Uine. Il .neviaoi, 11 dâbanfoe an ilauve, ^Ib 37 aaai 1 8 .7 1 , ^sans A^noir bbim ;fen«taM ntae /nfliwrifte; aussitôt il 4âmaBdeiau jueaniîâr (passaïU^Q^^ contre :

»'Qui est nôtre ministre des affaires étrangères?

— "M. Jules Pavre...

— Boni Et tiDtre minii^re deTintérieur?

-—M, Bmest Picard.

— Très-bien I Et notre nfinistre de llnstruction poUique ?

— M. Jutes Simon.

— Excellent!.,. Etie prëfet de Paris?

— M. Jutes ï%rry.

— Exquis t Je n'ai plus besoin de tous demander si nous somm^slfi^joursen R^lpublîque?

— Toujours.

Mon capitaine de vaissaaa^^ASoadre Sccîfce).fâ6 frotte patrioijquemont tes msim^ *et s'<éânte. :

-— T^iyourstâxi J^publiquBl I>aNC,Jaïl^^liqu£ a tenu sas pjrome&ies^^ et trépaaré, au dedans st au daltors,, ie imal ({ue aous avait fait TËmpice. iules Favse toujours >«u gûnaclel .JIonc;, .nous .n'ayons jperdu ni une j^kârr&td£ nos forlerease^, Jti un pouce de nûtre>tarcitoi9e. MM. Picard, Simon, Eerry, toniûurs<au^oux^ir.I Donc, irien^n'a manqué à notre .rdvanche>.ou .du moins à jootre^délivrance. Plus un seul en&emi sur le ^sol finançais. Le si4ge de Paris se .terminant {>ar Ja retraite et peut-être par ia débâcle de l'armée prussienne.... îLes itarljûens, plus héroïques que ^mais,. replacés. à ia tète de la civilisation «moderne^. La paix obtenue «u imposiée k des conditions .excellentes... Le pays régénéré... reprise des ,affaii3es^.« ia République jxous xestituant 4tûut 4^. gue,le césarisnte nous avait fait perdre... Allons, il n'y «a juasii dire»..« montons au Capitole, et vive Ja Républijque.l

— Hélas I b:élas.l lui4icait le j[)aasant^ ,.que jdous sommes loin de x;o]}:^e I^Quaud >vous êtes jxacti, il n'y avait que huit départeoi^nis .ewatûâu.» trois mçik plus tard, il yrea a^^it .trente-^bux.... ie liers

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de la France est en ruines... Le reste, subissant le contre-coup de la guerre et de la défaite, travaillé par Vlntematiomk^ gangrené de démagogie, n'a plus de quoi suffire à ses propre besoins. La défense de Paris n'a servi qu'à prolonger l'agonie des provinces, à aggraver les conditions de la paix... L'héroïsme de nos troupes improvisées, paralysées par une dictature insensée, des fournitures dérisoires, des chefs absurdes, glacées de froid, mourant de faim, n'a pu aboutir qu'à de nouveaux désastres... Paris a capitulé in extremis^ sans avoir été secouru, après avoir mangé du cheval, de Tâne, des chats, des rats et des chiens. Ce n'est pas un pouce de notre territoire, une pierre de nos forteresses, que nous abandonnons à l'ennemi : ce sont deux de nos plus belles provinces^ et une trentaine de nos place fortes... L'orgueil et la rapacité germaniques triomphent sur toute la ligne. .. Après cinq milliards follement dépensés^ nous payons notre rançon cinq autres milliards.

— Assez 1 assez i C'est un cauchemar!

— Ah! capitaine, je ne vous ai pas tout dit..

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La suite est ce qu'il y a de plus horrible... Figurezvous que H. Jules Favre a eu, malgré tout son esprit, la sottise de stipuler avec M. de Bismark, riant sous cape, que les armes et Fartillerie seraient laissées aux gardes nationaux, nourris et payés pendant le siège sans autre charge que de boire et de jouer au bézigue^ sous prétexte de garder les remparts... Ces gens-là, encore tout chauds de l'émeute du 31 octobre, endoctrinés par les journaux de Rochefort, de Pyat et de Delescluze, tour à tour renforcés par des repris de justice, par les assassins et les voleurs auxquels ils ont ouvert les portes des prisons, par les garibaldiens de tout pays et de toute provenance, à qui les préfets gambettistes se sont empressés de délivrer des passe-ports pour Paris, ces gens-là sont devenus les maîtres de la capitale du monde civilisé...

— - Quelle honte I Mais j'espère bien que la répression ne s'est pas fait attendre?..,

— Ils ont régné soixante-trois jours^ séparant de nouveau Paris du reste de la France... que dis-je I le séparant si peu, que tous les républicains de nos

pcavjjices ont ^pu iaîiBi6t.'ie9:pfiinear ^s vœuxfMittr leurs frères ettasoîs da k iGomnmoa... .£ar icint^e nom qu*îl&avaie]4^ii|^latttà laf(M8.{ieMrir&p|^ les glorieux eAuveiû>&4âi93 »Bii|Mur .avoir )raîr.iie réclamer .des .iranfifaiaes taonMfttiinales tdoat ils se sûuciaieut i^mnie du iGasaad Turc».. Tant il 7 .a qu'ils ont trôné daax^grands mois, secvèteBieBt an- £Ouragés,par las d^utéfr^de Paris, &aternisaait«Mc les PrussiâiSi, joiwltfpUant les décrets, parodiant les grands bi^aimas (de .la Terreur, exerçant: une tjraunie qui .aurait fait paraître débonnams . Qa- Ijgula et Nércdoo eiopcifionBant wec des meaiaaes de mort rarchevâgue ^^et Télite du clei^ .piltaut les maisons partinulièves, démoiksant lesjmonttjnents, détruisant .les iœiwres d'arl, profanant 'les églises, niant at Uasphénant Dieu A^vX aiisemUe, s*appropriant les deriUjeesxtébnstde la fortnae publique, commettant ides afites de ^xmugam 4els que vous n'avez rien vu de camparahle efaez jes plus sauvages peiiplades que vous.ayez vésitéas...

— Je le crois .bien U* «H<»3»Uei horrible t.. ..^ maintenant 2o.

SOMMATIONS EBSBSCT.USUaBS 46$

— Maintenant, Paris est en feu. L'incendie allumé par ces monstres exerce .ses ravages sur des centaines de points diffëcentsu Les Tuileries, l'hôtel de ville, le palais de Justice, sont en cendres... Le Luxembourg, le Salais-rRoyal, le ministère ^des finances, presque tous les hôtels, du quai d -Orsay, sont entamés ou dégradés par les flammes*. • Du Louvre, on n'aura probablement sauvé que la colonnade... Le pétrole, entassé d'avance par ces .incendiaires, alimente, attise jet grossit sans cesse Ja fournaise démagogique. Les maisons, enduites de cette matière dévorante, se livrent d'elles-ménifis à un embrasement que toutes Jes eaux de la Seine et toutes les ponipes de ce moade ne suffiraient pas à éteindre...

. . . ' ^m ' proxîmus ardet Ucalegon...

La ville de H. «Hausamann n!a plus rien qui la dislingue de ces dlés^niaudiles sur les^elles 4ola* tait la colore diviae. Un launenae nvage de fumée, âaturé d'odeurs cadavériques, plane au^desaiis de

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ses édifices et de ses dômes, comme un linceul tissé par les Furies et prêt à l'envelopper tout entière... Et ce qu'il y a de plus affreux, c'est qu'à l'heure où je vous parle, on apprend que ces démons, se voyant perdus, ont massacré les prisonniers que^ dans leur vocabulaire de scélératesse et d'audace, ils appelaient des otages. ••

— Vous dites vrai, ceci dépasse tout; mais alors vous vous êtes moqué de moi, quand vous m'avez dit que les hommes qui n'avaient su ni faire aucun bien^ ni empêcher aucun mal, étaient encore au pouvoir ?

— Nullement, et en voici la preuve.

Et le passant présente à l'officier de marine un journal du 27 mai.

— Mille bâbords (vieux style) ! vous aviez bien raison I J'ai vu, dans mes voyages, les Apaches, dont la suprême jouissance est de mettre dans leur potage la chevelure de leurs ennemis; les Osages, qui ont pour divinité un singe habillé en maître de danse de 1770; les Muscogulges, qui avalent une couverture de laine comme vous croquez des pra-

lines; les Miscolonges^ qui, pour manger une noix de coco, mettent le feu à une forêt de vingt kilomètres ; les Bargites, qui forcent leurs prisonniers à danser trois heures de suite sur des charbons ardents; les Goraves, qui se servent de serpents à sonnettes pour appeler leurs domestiques; j'ai failli être dévoré par les derniers anthropophages... Les Parisiens rendent des points à ces tribus de sauvages; et cependant il me semble moins extraordinaire de voir le rebut de toute les nations, des échappés de la prison et du bagne, des fruits secs du journalisme et du barreau, des vagabonds, des affamés, des déclassés, des bandits, des suppôts de mauvais Keux et de iapù francs, piller les maisons^ détruire les monuments et assassiner les prêtres, que de retrouver au pouvoir, après cette incroyable série de calamités, d*ignominies, de fautes et de crimes, les mêmes hommes que j'y avais laissés au temps des promesses et des espérances I...

Nous avons voulu^ messieurs les députés, à l'aide de cette fiction un peu longue, vous faire comprendre quelle est notre stupeur, à nous autres,

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bonnes gens, naïfs condiMîteurs de charrues, qaand nous voyons le statu que politique, la machine et les étiquettes du gouternemont résister à une suite de malheurs et de leçons, dont' la moindre aurait' de quoii tuer deur dynasties^ quatre républiques et cinquante ministères •.. Qu'attendez- vous? Que l'épreuve soit fatte!?'Ah!nQFusià' connaissons, celle-là, et nous la trouvons mau^ise, comme on dit à* rAcadémie. En i8<4<9^ les parlementaires répliquaient* auK impatients : « Attendez! vous êtes trop pressés^ réprouve ^niesl pas^ faltè^ te poire^ n'est pas muret» — Nous prîmes pvtience; il y a décelât vingtrdeux ans... (ta sait ce-que-cette patience nous a coûté... La poire était si bien mûre^ qu^elle s'est laissé choir esAre les avides mains d'une* dictature de contrebande^ qui< n'en^ fut pas^ pour ceia^ plus frugale, etqui^ aporès nous avoir trompés, escamotés, grugés, aveuglés, démoralisés, exploités, ruinés, a fini par nous livrer aux Pi-ussiensh... Mttis enôn^ en 184d,on pouvait encore s'y méprendre. La situation, bien qu^alarmante, n'était pas effiroya* ble. L'ordre rétabli, la parole rendue aux conse^

smiMATfON9* anPEVTUBtrsET 467'

vatefoars, la FranBe intacte; la pair au dehors, les finances ébranlées, mais' pleines de' ressources, la Répcâylique attentive à Ia^N»r Icfstàcties dé sang des joufraées^deguin', liBsidubs^fërméSj la presse démagogfiquB* rentrée dans de' justes* limites, lès impôts amoindris plutôt qu'aggravés;... iP résultait' de cet ensemble que' les illusâon» étaient imprudentes, maisnen pas^ insenséesi Ef cependant le» événements ont prouvé que répreuve était faite, et', pour nouS'éttie*lârifisé dire le contraire, nous avons subi vingt ans de césarisme, prélude d'une- abominable guerre et d'une hideuse' anarehie.

Aujourd'hui, que manque-t-il, à votm avis, pour que l'épreuve- soit complSte? Que vous faut-il de plus? des cadavres?* la France ne sera bientôt plus qu^un cimetière, et Paris qu'une nécropole. Des Prussiens?' ils s'attachent par milliers au pays conquis, commodes vautouxs à leiur proie. Descrime»? on ne les compte plus, et les scâérats de profession sontdépassés par ces hommes exécrables qui déguisent sous des noms sonores la. politique du bagne. Des incendies?' d*un bout de la France à

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l'autre, on croit entendre les crépitations de la flamme, le craquement sinistre des édifices qui s'effondrent dans des tourbillons de fumée. Trouvezvous qu'il n'y ait pas encore assez de maisons pillées, d'églises profanées, de caisses vidées, de sang répandu, de prêtres incarcérés? Vous semble-t-il que les grandes villes de province offrent encore trop de garanties et de barrières contre le désordre, le pillage et l'assassinat ? Vous plaît-il d'attendre que la démagogie marseillaise ait détruit les ports, que les communards de Lyon, de Toulouse et de Saint-Ëtienne aient mis le feu aux cités veuves des citoyens Ghallemel-Lacour, Duportal et Bertholon, que le spectre de la faillite vienne s'asseoir au chevet de tous les négociants, de tous les industriels^ de tous les capitalistes de notre malheureuse patrie? Prenez garde ! quand nous vous paraîtrons assez malheureux pour que Tépreuve vous semble faite, c'est que nous le serons trop pour en profiter; quand vous déclarerez que la coupe est pleine, c'est qu'elle sera brisée I Mais en voilà, messieurs les députés, bien assez

long pour aujourd'hui. On est bavard au village, surtout le dimanche. Nous réserverons donc pour une autre fois la question de personnes et le choix d'une forme de gouvernement. On assure que vous comptez dans vos rangs un certain nombre d'académiciens, à commencer par le chef du pouvoir exécutif et le ministre des affaires étrangères. Nous qui ne savons un peu de français que par notre maitre d'école, nous leur demanderons si, dans le fameux dictionnaire, pROvisomE est synonyme de DÉFINITIF. Vous dcvez aussi ne pas manquer de politiques. A ceux-là nous prendrons la liberté de demander : 1» s'ils croient qu'on puisse fonder une république sans républicains; 2* si les choses n'ont pas, hélas I tourné de façon à rendre impossibles les républicains modérés, et abominables les républicains rouges; 3^ s'ils comptent par hasard sur nous pour former après coup ce parti républicain qui ne peut emprunter un semblant de vie qu'aux hommes monarchiques. En échange, nous vous dirons ceci : Depuis quatre mois, la France offre le

spectacle inouï d'une république ayant librement

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47<r %n RADIAI SB' LA 1IÉTO8»

élu des députés ror^iitrtesou conservateurs^ etigott^ vemée en détail cofmmesr rien' n'était changé a» r^ime du 4 septmiAcre.' Eh* bim^ si en' fose Ami rnines fumantes de^P»is^d«s' périls imminents de^ la France entière, dl»* syraptdmes' de destruction universelle, ces dép<ités^.atr lieu de couper court à* ce désaccord, le lai»irai s'envenimerw ils auront manqué la plust^ie ooca»ion*qiH sesoit' jamak* offerte à dilonnétes^gmsd'faraororleur mandalen sauvant leur pays»

Ce n*est pas à nous; humbles conseillers de village, qu'il appartient de vous faire la leçon. Veuillez pourtant considérer ce qui se passe. Parmi les républicains de la veille^ les hommes du 4 septembre et leurs créatures, les organisateurs de r anarchie provinciale et parisienne qui nous a coûté si cher, les partisans de la guerre à outrance qui furent en réalité les véritables alliés des

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Prusçiens, les garibaldîeas Âoharaés contre le» iîOMvienis^t les églises, lfis<défettieiatS''âe eettemtcoce maxime, que le dogaie nfpuUicam est supâ-ieur au «alut de la France^païaii ilous «cAux-là^ ^ d'autces^ iencore, y a-t-41 un seul luMttfiie de botme foi qui oserdire : c L'incendie de Paris, les scènes de scëlé«» FiaXesse et d'horreur, Tirrépaj^aUe ruine de la capn wtale du monde civilisé, les ormes. abominables des jMmdits de la Commune, oie sont pas seulement l'exagération ^fatale de ce que j'ai voulu, pensé, Cirié, désiré, écrit, levé ou accompli depuis neuf mois ; ils ensont ta eontm^f ion absolue? »

Et, d'autre -part, dans les >rangs de la majorité oonservatrioe qoi vaas'a<nommé8,et dontJes^aii* geisses devraient yous émouvoir^ croyez-^vous qu'il se rencontre un 4^^ électeur qui vous dise t € J'ai sui^orté un an de miaève; j'ai subi ou ««douté Toeoupation allemande; j'ai donné tous mes fils à ia défense «itiMale; je consacre d'avance toutes mes pauvres «éeenomies— et quelque chose de plus -^ aux impôts qui vont être triplés pour payer les frais de la guerre ; j'ai <vu, dans ma ville

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OU dans mon village, le haut du pavé occupé par de mauvais drôle qui n'ont pas cessé d'insulter et de menacer les honnêtes gens; j'ai su, à n'en pouvoir douter, que nos désastres ont été affreusement aggravés par l'arrogance, la présomption^ les folies et les dilapidations républicaines; c'est à peine si, le 8 février, d'odieuses dictatures locales m'ont permi d'exercer mon droit de suffrage; voici deux mois, qu'apprenant d'effroyables nouvelles de Paris, j'ai fait des vœux pour le triomphe du Gouvernement; j'ai des amis, des parents, des compatriotes dans l'armée de Versailles ; chaque matin, nous tremblons, mes voisins et moi, en lisant ces bulletins funèbres qui semblent datés de Ninive^ et qui nous disent combien d'héroïques victimes ont payé de leur sang cette lugubre victoire. Mais, du moins, à présent que la moitié de Paris est brûlée, que la Gonunune est vaincue, nous sommes contents d'apprendre que le premier résultat de cet événement mémorable est de consolider la République, de redoubler les insolentes bravades des journaux rouges^ de permettre à

SOMMATIONS RBSPBGTUBUSES 473

M; Jules Ferry une rentrée triomphale au milieu des décombres de Thôtel de ville, et enfin de réinstaller les citoyens Tirard, Bonvalet^ Mottu, Loiseau-Pinson, Breslay, Clemenceau et Lauth, dans leurs mairies respectives! 1 1 »

Ce simple tableau synoptique en dit plus, messieurs les députés, que les plus beaux raisonnements. Vous avez de meilleurs yeux que les nôtres, puisque nous ne sommes que vos éliecteurs et que vous êtes nos élus« Loin de nous l'idée de confondre les auteurs inconscients du crime avec les criminels de préméditation, de profession et de parti prisl Essayez pourtant de saisir à Fceil nu les différences qui séparent ou qui séparaient^ il y a deux mois, les citoyens Clemenceau et Mottu, par exemple^ des chefs de la Commune ou des incendiaires pétroliens que vous faites arrêter à la frontière ou fusiller sur les barricades! Les nuances sont si imperceptibles, qu'elles défieraient tous les microscopes de l'ingénieur Chevalier. Mais les sieurs Mottu et Clemenceau ne sont pas seuls au monde; ils ont des parrains, des précurseurs, des promoteurs politiques, et

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m hB ftADBAU l>B LA HÉDUSB

c'est ici que iiotts nous trouvoiis bien près àe/t hammes qoi oui conspiré, pendant un quart de sïMè, au p^fit4ela JB-évolution contre le prineîpe d'autorité. Cm Aiommes-là, où sont-ils? Hâas! demandez-nous pI|it(U où ils ne sont pas; nou» les voyons partout, dans le gouvernement, dans les ministères, dans les préfectures, dans les rues ; ils vocifèrent dans les clubs ; ils règlent bruyamment. leur jtoontreÀ Tbofloge de 93; ils n'ont cessé de .plaider les.eiriopiiiMrtAnefis atténuantes en Tbonaeur de ceux qui assassinent l'archevêque et les cuvés de Paàs comme ils assassinaient le 18 mars^ les géo^uxIifMiMe et Clément Thomas. Naguère encore^ la J«r«ie à l'^^il et le mouchoir nnige à la main, il prè^Ment jla vco^oîKaticm, la transaction, ¥ex mnuo, oatse l'émenlalfée de Versailles et les $ûmmmaris iie Paris: que dis^jel il n'en est pas un qui n'ait fiût soccètement ou publiquement des 3Q(BH^ pour Paris icontte Yersailkâ, et qui les jrétjracte aivoivd'lwi d'«ne façon assez formelle pour qu'on puîfssis 09011» .m&ine.à un quart de con-

Serrez de près riaterrogatoire des misérables qui sont enfin tombés 4Hitce vas mai&s, mais dont le succès éphémère déshwore ik tmi jamais Pari& elia France. Tous vousjséjMBdroiikt: « A qui^n avfiz^ vous ? En quoi suis-je plus coupable, moi, famé*lique, vagabond, 4mUaw^ paria de la société, que maître F... ou maître P...^ lesquels, ayant pignon sur rue et soixante mille livres de rente, ontconstamment comploté/avEocgmoi la chute des |^uver« nemenis ? Où finit leur iwrtu ? où commence mon crime? Je refuse de m'arréter là où il leur conviendrait de faire halte; voilà tout. Que suis-je, sinon Tinstrument visible^ Texéeuteur implacable, le dernier mot de lenrs doctrines? N'ont-ils peu appelé, fêté, acclamé Garibaldi ? Qu'ai-je fait, sinon mettre en pratique les .apf^ lujpibaods du héros de ritalie modernexsantre lesévéqueset les prêtres? Je viens de copier de .trèsj^rès, de dépasser peut^ être, lee ^eptenobrisenrs et .tes .terroristes, mes ancêtres. Qui donc les a glorifiés, ces grands jWtùier$ des Carmes et de la Conciergerie, sinon vos amis intimes, vos historiens faw)ris, vos écrivons-

populaires, à qui vous avez fait des succès de vingt éditions ? C'est pourquoi, puisque les Jules Favre, les Picard, les Pérry, sont les plus forts, qu'ils me fassent fusiller sans phrases f Les phrases ont fait leur fortune; elles leur ont rapporté... tout ce qu'elles me coûtent; elles ne leur rapporteront pas

de quoi se faire absoudre par la logique, l'humanité et le bon sens ! ]»

Ils ont raison à leur manière, ces incendiaires et ces assassins. Le flambeau du progrès, le lampion de la liberté, la torche révolutionnaire, le feu couvant sous la cendre, les brandons de discorde, le cratère du volcan, toutes ces métaphores d'Académie se sont résumées dans le pétrole démocratique.

Les hommes du 4 septembre, encore cramponnés au pouvoir, peuvent incarcérer Rochefort; ils ne peuvent pas faire que Rochefort n'ait pas été le précurseur de leur victoire, le collègue de leurs jours de dictature, le collaborateur de leur œuvre fatale de désorganisation et de désordre sous le feu de l'ennemi. Sans les gredins qui

faillirent changer en révolution les obsèques de Victor Noir, sans les Démosthène, les Mirabeau et les Danton de Belleville, le 4 septembre n'était pas possible, ou il eût tourné autrement. Mais à quoi bon discuter Tévidence? Jusqu'au dernier moment, la Ligue de V Union républicaine n'a-t-elle pas plaidé pour les communards^ tenté d'ameuter contre Versailles et l'Assemblée tous les républicains de province, déchaîné contre Farmée toute la presse révolutionnaire? N'eût-il pas suflï d'un revers ou d'une hésitation de nos troupes pour que la flamme communiste gagnât de proche en proche^ incendiât nos grandes villes et fît de la France entière une immense fournaise? Non, non! que ces hommes funestes, qui veulent nous gouverner encore, se reconnaissent, sinon dans leurs actes, au moins dans les conséquences suprêmes de leurs actes. Si la défaite tardive de l'insurrection parisienne devait affermir ou prolonger leur règne, ce serait une immoralité profonde; car celui-là est complice d'un désastre qui n'a su ni le prévoir, ni le prévenir.

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Mais excusez-nott$9 .messieurs les députés; notce sujet nous entraiœ; nous voulions aborder ,}», question par des cAtés moins irritants. £st-il vrai, comme Fassvucent .les mauvaises langues, qu'aju milieu de ces ruines fumantes et de ces cadavres amoncelés, vous songiez encore ou qu'on songe .pour vous à fonder la République ? La première ycondition, pour fonder un gouvernement, est de lui donner ses appuis naturels : des royalistes à une monarcbifu des républicains à une.r.épubliquQ. .Des royalistes... cJH vous en trouveriez, nous oson^ vous en répondre; des royalistes dont le cœur, los sentiments, les idées, (les traditions, en parfaite harmonie avec le principe monarchique, Taide- T^ent à accomplir son œuvre de salut : mais des républicains?^, . .cherchons.

Il -est convenju que les républicains se divisent en deux parties ipégales; les républicains qu'on Jippelle, par habitude, honnêtes et modérés... et

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