L'AGONIE DE L'ARMÉE DU RHIN
La mobilité du caractère français n'a été que trop bien secondée, depuis dix mois, par l'espèce de surenchère que les malheurs du lendemain ont sans cesse ajoutée aux malheurs de la veille. C'est ainsi que l'assassinat des otages et les incendies de Paris nous ont fait perdre de vue les vraies causes, j'allais dire les vrais coupables de l'insurrection communiste. Le second siège, soutenu par la Commune contre l'armée de Versailles ou plutôt contre la France et la civilisation tout entière, a été entremêlé de détails si atroces, d'épisodes si navrants, que les Prussiens ont cessé de servir d'objectif à nos rancunes et à nos haines. Peu s'en faut qu'en
lëè Comparant aux mecircriea^ et aux incëttdiàito, on ne les rdgafdë côntms'tes pta^ honnêtes g^â db ïtkmde et les efanetnâr l«f pliM ifitolteâi^i6 <lt(l' éè puissent imkgîneTé
Bn déèottrrant^ aprà9'<mi(>, à^cftiel point on tlotià «vâlt trompés pendant le prèitrier siège, et qtit9 faorHUé alliage gfttait déjft c^stlë défense A^of^u^; fievs atons senti se refroiAr à la fois notre dotit^lo'dreifse sympattiie poctr les «ssi^s et notre atfiiiinfttiiN9< pdtti^ leur cbef: Il nc^s était infpo^ifylè de ne pas le plaiàdre â^'iMÂt eil à se méfier d'un^ pà!M»ée^si garniswm plus eûeoré que de Tat^illërie alleniande; màÊis eoimaent nepéKlè'blâfftiei' d*atdil^ flégii^ des odcasions (;^i s^offlfaiettt d'etles-niéfittelà, et d*»Feir fatiUi derant Ic^tliiséntble» qui cactefaM lemrs inftmtG» desseins sous^un thk^è de pAiAth Ûsmef Qoër de^ c«)«mité9 ii^ mm e\xî4\ pas épar^ gnées, sTiF eM proHfté^ aj^i^ te* M octobre, déS aVfliAs^s qm làl denfindénf le flèfgrànt délit, Yvif^ gefice àU'péii), Fintët^f de li déféftiâe, rimnïeniité ma^otité^s éle<^ai^ pari^iénls, d impuièsàftftèf et d découragée atsq ttféls^fii»* ta^df
49t LB BADBAV DB tk VtfDITtB
Les émotions de ce siège, exagérées par l'idée fixe que nous gardions encore de l'omnipotence parisienne dans le dénoûment de la guerret^ effaçaient presque de notre souvenir, dès les premiers jours de la nouvelle année, cette capitulation de Metz qui nous avait d'abord paru marquer Tex- ^réme limite de nos désastres, et qui n'était qu^une étape dans cette voie fatale, un anneau de cette chaîne écrasante, une gorgée de cette coupe d'amertume. Qu'est-ce que la perte de Metz auprès de la ruine de Paris et de la France ?
Pourtant une discussion récente de l'Assemblée nationale, un discours du général Ghangarnier et quelques phrases de M. Thiers, plus explicites encore dans le sens apologétique, ont ramené un moment l'attention sur un événement que nous n'hésitons pas à considérer comme le plus funeste de tous ceux qui nous ont accablés avant le 18 mars; car la capitulation de Metz et la conduite équivoque du maréchal Bazaine ont eu pour effet, nonseulement de nous faire perdre une forteresse sans rivale et une admirable position stratégique, mais
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de fournir un prétexte à la dictature révolutionnaire pour crier à la trahison, au lieu de reconnaître sa propre ineptie. Elle eu profita pour remplacer partout l'élément militaire par Télément civile légaliser Tindiscipline, faire d'un malheur public un sujet de récriminations venimeuses, en étendre le contre-coup dans les grandes villes et jusque dans Paris, et préparer par im enchaînement logique toute une série de catastrophes nouvelles qui ne s'arrêtent pas même aux fusillades de la place Vendôme et aux barricades de la rue de Rivoli.
Où est la vérité vraie, en ce qui . concerne ce lugubre épisode? Faut-il la chercher dans le rap<port de M. de Yalcour, décoré un peu trop tôt par M. Gambetta pour être pris au pied de la lettre, ou dans la brochure du père Marchai, républicain trop PROGRESSIF pour ne pas être un peu suspect ?
Le digne général Ghangamier, ce type de l'honneur militaire, nVt-il pas dû céder à deux sentiments également honorables : le désir de relever d^une déchéance irréparable un homme qui n'avait pu devenir son supérieur que par la grâce des
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coups tKÉtat, des prétoriens et da césarisme ; — et la légitime eûVie de rélifâlifiliter l'armée du fthiù en la personne de ^jés'gëné^âOlT M. Thiers, bôiiime politique par pis aller, mais homme de guerre par TOfcatioiï, û'a-t-îl pas cru rfevoîr prendre parti pour Ba^aine, aftti de réagir — trop tard — contre l'etploitation scélérate de la prétetidue trahison des chefs militaires par les meneurs de la démagogie ? Ed pareil cas, oti le sait, le vrai se rencontre presque toujours entre les deux extrêmes. Un heureux hasard vient de me niettre entre les mains un véritable chef-d'œuVre de modération, d'honnêteté et de franchise patHotîqùe. C'est le journal manuscrit d'un oflScier du 3** corpà de l*artnée du Rhin. Ce manuscrit, qui n'est pas destiné à la publicité, a pour titre, V Agonie de tannée âa Jthin, et pour épigraphe ce vers :
SsBoriafe aiiquit nmtrii e» ostUnu uUar i
Hëlâs r totijoiirs héfasf lés tféfigeuH (îè l^ariè, notamment le fkngéuf VétkTpi; ôhV retardé de cent ^s peiiUité la ¥eiijJtonWtiàt&Wialë.
Ce» pages foot le^ plashgmnd honneur au savunt M vaHaeépid» offidercpû^les a écrites^; Je vais essaryer d'^ donner une idée sdannaire^et la conclusioil que j'en tirerai me ramàneraà rê&neinble de vérité! qvtejè m'efforce de déCéndite, depuis^ le commencenient de c0Cte gtteorre; •
Udutear, après avdir (Hvisé «cm travail tes qîMlfe parties : GoncentratioB et mmttlm à la frontière^ -^ Retraite sous Mets, -^' Batailles sur la* Moselle) -« ^-Bioeus et capitulation, •^-t^ésuBl^e à' grands traits les causes de nos défaites^ Il n'en 'dissimule aucune; màis^ contrairement au ré^isiléifé dèmocraUque du ph'â Marchai, il affirme, et 'je le croîs, que nulle part les ofSciers n'ont donnél'exèHlpIe^ de ces excès {^astrommiques elbachiques; qui, d'après l'élraUge auteur da Drame de Mkftxk, aiB^alent'Â phissanlment contribué à la démoraltsatieitfderaniiés. H ajoute^ ei î6 le croîs encore, queç» midgrd teo» les diœoU vants qui rendaient la^viefoiré impossible^ -^ vices derorganimtion mililaîve^ pcétoriailisnie, {Mmiers ferments »d'îndts€ipKné> déveloîppenent eoLcessîf du 4Mif€Ti el d(i bien^tré^ défaiil d'etftbousiasme,
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brusque passage du pied de paix au pied de guerre, -^ Tarmée du Rhin n^ea conservait pas moins le dépôt des vieilles traditions qui avaient élevé si haut la gloire de nos armes.
c Malgré tout, nous dit-il, quand la marche en avant commença, Tarmée se regarda défiler, et eut confiance. Toute la France militaire n'était-elle pas là, pleine d'une ardeur croissante, avec ses individualités brillantes et reconnues, avec son prestige encore intact? L'armement était excellent, et le fantassin appréciait de plus en plus son chassepot. La cavalerie était belle, ardente et bien montée, quoiqu'un peu inquiète peut^tre du rôle inconnu qui allait lui échoir. »
II eût suflB d'une victoire pour déguiser toutes ces plaies de détail, lesquelles^ irritées par la défaite, amenèrent la destruction de tout le corps. Malheureusement, cette victoire, toujours espérée, souvent annoncée, n'arriva jamais.
Ce résumé, d'une justesse et d'une netteté remar* quables, nous conduit au dérisoire succès du 2 août, à Sarrebrûck. c Jusque-là, dit excellemment l'é*
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crivain, on n'avait compris que peu de chose i la marche des événements; à dater de ce moment, on n'y comprit plus rien du tout. Qu'allaiton faire, et où était Tennemi ? L'empereur , qui était censé commander l'armée, ne le savait pas lui-même, c ... Ce combat insignifiant avait dévoilé la force
de résistance et la ténacité de l'ennemi. Il fut célébré par ime dépêche officielle du plus mauvais effet. Chacun haussa les épaules à propos des vieux grognards qui pleuraient en admirant la bravoure de l'héritier présomptif. 11 n'est pas bon, quand on va au-devant de la mort, d'avoir à se moquer de ceux qui vous conduisent; il n'est pas sage de faire rire ceux qu'on y conduit... »
Rapprochez de ce passage si vrai ces lignes non moins vraies de George Sand^ extraites de ce Journal d'un Voyageur ^ que j'ai déjà cité, que je citerai encore :
c Avec des ambitions ou des fantaisies de guerre» le dernier règne était si bien englué dans les douceurs de la vie, qu'il avait laissé /Mmmlr l'armée.
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n n'aiFait plus d'armée, il nd s'en doutait pasi'Le jour où^ au milieu des généraux et dés troap<6s de sa façon, Napoléon HI vit son erreur, il foi pris de décours^gètâent^ et ce ne fût pas le- souverain, ce fut rhomme qui abdiqua; »
Je glisse rapidement sur le second et le troidiènie chapitre, qui tiennent de moins près à' notre s^jet, et où M. X... raconté avec une éknotion de spectirteur-acteui^ les alternatives d'espérances déçu6s> de contres-ordres ineoLpHcaUeS) de victoires incomplè»tes ou stériles, aboutissant au blocus^ C'est ici que nous pouvons le mieux suivre^ son manuscrit à la main, le système de mensonges quasi*offlciels dont nous fûmes dupes pendant six semaines, et qui a été pour beaucoup dans ies défaillances finales; car di^ esprits vifs, légers et vaniteux comme les nôtres, une fois détroitopés du succès factice auquel on a Toulu leb flaire croire, ne s'arrêtent plus dans leulr réaction contre le faux enthousiasme dont ils ojdit fait imprudemment FaVance. Chacun de leur» mécomptes ajdute à leur' Itissitude ou à lé^r^ colère, et il' en résulte une décoh>posHi0n morale ^ui les rend
l'AOONIB Dr h ARHlStr DV R«IN tSîd
^aiemcttit incapables de ramenefr la fortune et de piorter di^ement l'adversité.
Vous n'avez pas oublié,— au temps où le traître, le lâche Bazaine était TépiqUe BaKiâne^ Bazaine le légendaire,— ces masses énormes d'approvisionnements de toute espèce^ accumulées à Metz par une heureuse erreur du ministère de la guerre, au détriment des autres places fortes et des autres points stratégiques. On avait de quoi nourrir, un an et plus, hommes, chevaux^ population et garnison. Si on ne servait pas chaque niatin aux soldats un festin à trois services^ c'était uniquement pour ne pas les amollir, et, si on évitait de gorger les chevaux de foin et d'avoine, c'est que l'excès de nourriture eût risqué de les iiendre fourbus. Ce grenier d'abondaiiee deniv Infàiniblementdevenif' le tombeau des Prussiens, On les usait, on les émiettait jour par jour, tant et si bien que le dénoûment était facile, à prévoir. Les assiégés prendraient d'assaut les assiégeants, et Metz se fe-^ rait apporter les^ clefs de Berlin sur un plat d'or. En regard de ces noces de Gamache^ préparées
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par le maréchal Le Bceiif et cuisinées par les journaux à sensation avec approbation et privilège de S. M. Gambetta, placez les lignes suivantes qui ouvrent cette partie du récit de l'auteur anonyme :
c L'approvisionnement en denrées de toute sorte avait été totalement négligé... Dès le 22 août, la quotité des diverses rations avait été diminuée... Les distributions régulières de fourrage se faisaient si mal, ou, pour mieux dire, si peu, que les corps avaient pris le parti d'aller fourrager pour leur compte dans les fermes voisines...
» Nous nous bornerons à signaler ce fait que, dans les premiers jours du blocus, il fut distribué du BLÉ BN GERBES pour la nourriturc des chevaux; dilapidation dont gémirent les soldats eux-mêmes.
» Les choses restèrent en Tétat jusqu'au 8 septembre, jour oik commença la distribution de la viande de cheval. Ainsi, après vingt jours de blocus, la viande fraîche manquait!... N'était-il pas cruel de penser que, pour ne pas mourir de faim, il faudrait dévorer tous les chevaux de l'armée, c'est-à-
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dire détruire nous-mêmes uû des éléments indispensables de notre force ?
1 Ces animaux eux-mêmes^ il fallait, avant de les manger, les nourrir ; et comment ? difficile problème à la solution duquel fut employée l'imagination la plus féconde. Le fourrage vert manqua dès le début. Après avoir tondu le peu d'herbe qui restait autour de la place, nos pauvres chevaux dévorèrent toutes les feuilles des vignes, puis celles des peupliers qui bordaient les routes, et celles des chênes des bois voisins; ensuite ils passèrent aux betteraves, puis aux tourteaux de colza. Ils rongèrent les troncs des arbres aussi haut que leurs dents pouvaient atteindre ; ils engloutirent leurs cordes, leurs licoux, leurs couvertures de laine, leurs portemanteaux en drap avec le paquetage intérieur t »
Certes, après avoir lu cette page, et celles où l'auteur énumëre avec un admirable accent de vérité cette suite désastreuse de fautes, de reculades^ de discussions oiseuses, de privations, de souffrances morales et physiques, on est prêt à s'écrier avec le
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général Changamier : c W &ioi, la aûsère, son» toutes ses formes, avaieqt j[)réparé rarmée à ua cmel dénoûmem... et pourtant ce dénoûineat eut sur cette noble amée J'effet foudroyant d'une catastrophe imprévue» »
Hais, si les plans stratégiques de Bazaîne peuvent ôtre seulement accusés dlncobérenoe et d'imprévoyance, void où conunence l'impa^rdonnable; voici ce que les ^ologies les plus complaî*santes ne réussiront pas à &ire amnistier :
Que Bazaiue eAt refusé in petto de reconnaître ^ république du 4 septembre^ c'était dans son droit de chef militaire, et la folie, la criminelle folie d^» hommes qui s'epaparèrent du pouvoir fut de ne pa& comprendre que génémw* officiers et soldais, éloignés du centre, jprl^ ^ dépow^ PV une révolution, désorientés par des nouvelles contradi^toire39
ne ssichaot .plus au naïadfiqni.il^devaieiit çoipmander ou obéir^ allaient perdre dans cette secous^ leurs derniers restes d'enthousiasme et de forœ. Mais ce n'était pas une raison pour ^jout^àtous ces éléments de découragemi&nt et d^.ïn^Iai$^de&
rumeors absurdes et meniongài^s, d^stioées à couvrir une coupable întrigM roù le laar^ehal devait finir ^t psemier ^cbâliment 0i premi^e honte — par '6tre dupe de Bismarfc et smhk le désaveu de r^exH^impératrice. Ëcouton» Taulf i)]r fdvi manuscrit que j'ai sous les yeux :
€ D'après les récits apportés p^ sop négociateur (le général Boyer), r^narehie (a plus coiipplète refait enFrance. Les armes dopnées aux populations, aU' lieu d'être tournevis contre L>nvabisseur, servaient d'instrument de pillage et de dévastation. Des hordes socialistes avaient brûlé le palais de Saînt-Gloud. RoueP) le /Havjce ayaiwt iinplpiré des gfmoiaons allemaados.pQjir échapper à la Jacque-* rie... »
Douloureuse pensée 1 les po^nsQQges inventés en septembre et oelobTe.par la fertile imagination de Ba wne et de son groupe, devaient éti», en avril et en mai, dépassés par .une purtie de la population parisienne! Ces fictions qui ressenoblaient h un mauvais rave, n'étaient qu'w w^^clirQnMfme !••• ^ Fourauivons :
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c Tels sont les mensonges de source prossienne que le commandement propagea dans Tannée hors d'état d*en contrôler l'origine. Le maréchal pourra se laver de bien des reproches ; il parviendra p«itfêtre à établir l'impossibilité de poursuivre les succès de Bomy et de Rezonville, la nécessité de se concentrer sous Metz, les obstacles insurmontables qui ont empêché sa jonction avec Mac-Hahon : jamais il ne pourra se faire pardonner la fourberie employée pour faire accepter par ses troupes un projet d'arrangement dont il était la dupe vulgaire... »
On le voit, même en rayant les détails de cette triste campagne où d^ succès partiels et des prodiges de valeur avortèrent, faute d'avoir donné au général en chef une de ces inspirations qui sauvent les armées et les peuples, reste l'inexcusable imbroglio dont la trame grossière, brodée tant bien que mal par M. de Bismark, n'aurait jamais dû tenter l'esprit délié du maréchal, quelles que fussent d'ail* leurs ses affections politiques. Et cependant, conmie le dénoûment était dès lors inévitable, comme les
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défenseurs de Metz étaient condamnés à la capitulation par la misère et par la faim, ce n'est pas sur Bazaine que doivent retomber les responsabilités les plus graves et les plus légitimes rancunes: c'est d'abord sur les hommes qui avaient si mal préparé l'approvisionnement d'une place forte, réputée imprenable, dont la résistance ou la chute devait avoir sur Fensemble de la guerre une influence décisive ; c'est ensuite et surtout sur le dictateur vaniteux, le déclamateur impuissant qui, pendant toute la durée de son règne néfaste, a trouvé moyen de neutraliser par une exagération ridicule tout le bien qu'auraient pu produire nos velléités de victoire, et d'envenimer, par une inter* prétation irritante, tout le mal qui devait résulter de nos implacables défaites.
Le premier devoir de M. Gambetta, ne sachant rien ou presque rien de ce qui se passait à Metz^ était de s'abstenir d'emphatiques forfanteries qui ne pouvaient que rendre la d^ption plus corrosive et plus cruelle. Le second, en apprenant cette catastrophe qui devenait dix fois plus funeste si Thon-
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neur de nos généraux «t de notre armée s'englou* tissait avec nos dernières isspérances, était, non pas de dissimuler, mais d'adcMuâr, d'assigner à lacapi* tulation ses viaies causes^ de ne pas ehercber à sob oorgueil un refuge dans la prétendue br^son de œs hommes qui, mémeooupables^ mâfloe infâtieurs à leur tâche, valaient encore cent fois mieux que lui. La capittda^M saiUrak, la trakiêûn de Vinféme Bazaine et de ses compagneais d'armes, servirent si rapidement de s^^ au déchaînement de la démagogie contre tout commandement et toute discipline miHâaire^^u'iMieât dit qu'elle désirait ce nouveau désastre au lieu de le redouter. Ces dédamations furibondes» retentissant par d^éehes dans toute la Franœ, ontfélé le vrai prélude, la véritable préface de rinsurrectionooaimunislB*
Mais, pour viwks dédommager de ma piaae, laissez-moi vous iciter encore ^Geosge Sand.: — « Ge qui est ineompiéheBsibk^, c'est la brusque transition opérée dans ie langage de ceux qui renseignent et veulent diiigor l'opimon publique, et qui, d'un» heure à Tautre, la font passer d'une confiance sai»
boraesrà'un mépris sons apprf. Il y a quelque» jours, des doutes s'étaient répandus; it noua fut enjoint de tes repousser comme des manœuvres ^des ennemis ée la République. Ce matin, la gouvernement en personne voue iè traitkb à Pexéoration de Tuai^ vers... Ea famine ne'se fttit pas tout d'un coup dans une place assiégée. On^a pu la voir venir; bier^ on 1& niait, et, au moment) où< Baaaine ht déclare, on ht nie encore.
V J'ai une peur affi?evfôe^( 6 poëtet 6 prophète I ) qu'il ne se passe, à Paris, quelque chose d'analogue, si Paris est forcé de capituler. Si la disette se fait, on la cachera le plus longtemps possible, et tout à coup il faudra bien avouer. Peut-être alors la population sera-t-elle exaspérée jusqu'à la haine f La colîrre est injuste. J'ai peur que le système du gouvernement de Paris ne soit de cacher à la province ses défaillances, et que celui de la province ne soit de communiquer à Paris ses illusions...
> M. Gambetta a une manière vague et violente de dire les choses qui ne porte pas la persuasion dans les esprits équitables; il est verbeux et obscur^
SOS IB ftÀDKAU DB LÀ MBDUSB
son enthousiasme a Texpression vulgaire ; c'est la rengaine emphatiquedanstoutesa platitude. N'avoir pas de talent, pas de feu, pas d'inspiration en de telles circonstances, c'est bien être au-dessous de son rôle. Est-il oi^anisateur, comme on le dit ? qu'il agisse et qu'il se taise. Et si, pour mettre le comble à nos infortunes^ il était incapable et de nous organiser et de nous éclairer I (oh I oui, oh ! ouil) Avec la reddition de Metz nous voilà sans armée ; avec un dictateur sans génie, nous voilà sans gouvernement... > (3 novembre 1870 ).
En résumé^ le vrai coupable ou le plus coupable de la capitulation de Metz, ce fut M. Gambetta ; et comme M. Gambetta a été le type le mieux réussi^ le symbole vivant de la troisième République, c'est au 4 septembre que doivent être attribués les détail.<^ les plus poignants, les plus désastreuses conséquences de la capitulation de Metz.
Et le 4 septembre règne toujours !t!
3 juiniSTl.