‹ Le radeau de la méduseChapitre 7 sur 32 · UN NOUVEL ALLIÉ · texte numérisé non relu

UN NOUVEL ALLIÉ

ces, il accumule, par lambeaux, tout ce qui pouvait ennoblir le malheur et consoler de la défaite»

Elle lui servait de texte et de mot d'ordre contre les Prussiens; il en fait leur auxiliaire et leur complice.

En la précipitant à ses extrêmes, en lui arrachant avec furie tout le mal qu'elle peut produire^ il force les plus indifférents et les plus sceptiques de chercher leur refuge à l'extrémité contraire, dans le rétablissement du principe monarchique, dans sa personnification la plus haute, la plus pure, la moins discutable, la plus complète.

le reviendrai, dans une prochaine causerie, sur ce point essentiel, sur cette question de vie et de mort, importante hier, nécessaire aujourd'hui urgente demain.

En dehors de tout esprit de parti, de ce sentimentalistne royaliste qu'on nous a souvent reproché, j'espère prouver que cette solution, réclamée par ÀiS^ intérêts les plus positifs, synonyme du to ie ô»* )Sb to k, résultante inévitable des catastrophes f)ui se pressent, facile à déduire avec une rigueur

-se LE RÀDBÀU 0B hX MÉDUSE

toute mathématique, écrite d'avance en chiffres sur notre livre de doit et avoir, est la saule qui puisse nous sauver^ si le salut est encore possible.

Vous ne me croiriez pas si je vous disais que <ieorge Sand a pu écrire tr^ote pages sans une échappée de paysage et de prose descriptive : c il fait un temps délicieux; j'ai écrit la fenêtre ouverte. Les bourgeons commençât à se montrer ; le perceneige sort du gazon ses jolies clochettes blanches rayées de vert. Les moutons sont dans le pré du jardin; ce serait une douce et heureuse journée, s'il y avait encore de ces journées-là; mais le parti Gambetta nous en promet eiiQore de bien noires... >

Ce contraste des douceurs de la nature et de la méchanceté des tiommes n'est jamais plus saisissant que pendant les crises révolutionnaires. Nous le retrouvons au commencement de ce siècle, parmi les prosateurs et les poètes, et il ne serait pas impossible que cette corde mélancolique , chère à Chateaubriand, à Gœthe, à Lamartine^ vibrât de

Page 1