‹ Le Radiodiagnostic des Affections du FoieChapitre 10 sur 14 · Sur 7o volts · texte numérisé non relu

Sur 7o volts

Pour des rayons 6-7 B. issus d’un tube traversé par 1 milliampère el demi, la différence de potentiel aux bornes du primaire du transformateur serait comprise entre 45 et 55 volts et l'intensité dans ce même circuit entre 3 et 8 ampères.

Mais tous ces chiffres, je ne saurais trop le redire, n’ont absolument rien de constant sur tous les postes d’un type déterminé.

Mesures de sécurité. — Deux dangers sont également à redouter dans un laboratoire de radiologie : les ampoules s’alimentent avec un courant de haute tension : danger de décharges! Les ampoules émettent des rayons X : ces rayons, sans inconvénients pour un malade incidemment examiné, exposent le radiologiste à des lésions très graves, qui ne devraient plus se produire aujourd'hui.

On se met à l'abri du courant électrique en usant de conducteurs à grand isolement et mieux encore en se tenant à distance suffisante du circuit à haute tension. D'ailleurs, la distance à laquelle les étincelles ne sont plus à redouter est mesurée par l'écartement des pointes du spintermètre.

Le spintermètre à pointes est donc un instrument de sécurité, une sorte de parafoudre; à ce Utre encore, il mérite de figurer dans une installation.

RADIOSCOPIE 53

Mais les champs magnétiques sont intenses, ils donnent naissance à des courants de Foucault sur les parties métalliques du châssis porte-ampoule. Ces courants induits méritent rarement d’être pris en considération. Un moyen très simple de les rendre inoffensifs consiste à mettre à la terre les parties induites. On attache le châssis porteampoule avec un fil métallique relié à la tuyauterie d'une canalisation de gaz ou d’eau.

Comme on travaille dans l'obscurité, une bonne mesure de prudence consiste à interposer une barrière entre le malade et l’ampoule, afin que le sujet ne risque pas d'entrer en contact avec les rhéophores.

Il est moins facile de se mettre à l'abri du rayonnement. Trois organes : /a main, l'œil, le testicule, appellent des précautions spéciales. L’œil et la main se trouvent, par nécessité, sur la trajectoire des radiations. Le testicule est d’une si grande sensibilité qu'il peut être impressionné par des rayons secondaires. Un tablier de plomb ou de caoutchouc baryté protège suffisamment les organes génitaux. Quant à l'œil, les amétropes muniront leur lorgnon de verres en flint lourd absorbant la presque totalité du rayonnement. Les emmétropes pourront porter des verres plans de même substance, il y a même intérêt à recourir à cette deuxième solution, qu’on soit ou non emmétrope puisque aucune raison cosmétique de mise au laboratoire ne limite le diamètre des verres :

on est d'autant imieux protégé que les verres sont plus grands.

La main est de tous les organes le plus difficile à mettre à l'abri du rayonnement. Le principal progrès réalisé dans cet ordre d'idées est l’invention de commandes à distance ou de commandes automatiques pour chauffer les osmo-régulateurs. Mais il y a encore beaucoup à faire. C’est en radioscopie surtout que la main passe dans le champ des radiations : elle dirige et palpe le malade, cherche les diaphragmes, indique les images. Les gants ont de graves défauts: le plus sérieux est la trop faible opacité ; le plus gênant est le défaut de souplesse.

Aucune de ces critiques, cependant, n’autorise à les rejeter.

L'idéal serait de limiter rigoureusement l’incidence des rayons X au malade et à la partie de l'écran à illuminer. |

Actuellement, pour la radioscopie l’ampoule doit être enfermée dans une boîte opaque aux rayons X. Cette boîte, percée d’une fenêtre dans la partie opposée à l’anticathode circonscrit t’émission de l'énergie radiante.

C’est à Belot (12) que revient l'honneur d’avoir fait construire les premiers de ces appareils. Maintenant les différents constructeurs livrent de bons modèles de localisateurs. Les localisateurs à la fois opaques aux rayons lumineux et aux rayons X sont ici les plus précieux, puisqu'ils assurent l'obscurité du laboratoire.

RADIOSCOPIE 55

Enfin l'écran au platino-cyanure de baryum sera doublé d’un verre opaque aux rayons de Rüntgen. De la sorte les images lumineuses arrivent jusqu’à l'observateur, tandis que les dangereux rayons sont détruits après impression du récepteur.

Aussi pour se mettre à l'abri pendant les radioscopies, plus n’est besoin de se tenir, comme certains l'avaient fait, en côté de la source radiogène et d'examiner l’image de l’écran dans un miroir. On peut sans aucun risque toucher les images, prendre des calques, mesurer des ombres pathologiques, étudier de près les fins détails, palper en même temps le foie, le percuter, le repérer sur la peau.

Situation de l'ampoule, de l'écran, du malade. — Localisateurs d'incidence et diaphragme, orthodiagraphie. — Jusqu'à saturation, la luminosité d’un écran au platino-cyanure de baryum croît avec l'intensité du rayonnement. Dans les conditions de l’exploration radiologique, la saturation n'est jamais atteinte. Il en résulte qu’il y a lieu de faire tomber sur le récepteur une quantité d’excitant aussi grande que possible. Or, toutes choses égales d’ailleurs, l'intensité du rayonnement est en raison inverse du carré de la distance. Cette loi implique la nécessité de rapprocher l’ampoule et l'écran, soit, pour fixer un chiffre approximatif, de les mettre à bo centimètres l’un de l’autre.

Les ombres radioscopiques sont soumises aux lois des projections coniques. Il en résulte des

déformations, dont l’une est inévitable : la projection des organes fournit une image agrandie.

Il n’y a pas à songer à reculer suffisamment ia source radiogène pour réduire cette déformation. Je viens de montrer, au contraire, l’importance qu'il y a d’avoisiner l’ampoule et l'écran ; en outre, le recul rendrait difficiles les manœuvres d’élévation et d’abaissement du tube de Rôntgen. En pratique, il est inutile de voir les organes avec leurs dimensions réelles, le déplacement facile de l’ampoule permet de faire des mesures quand même. Nous verrons comment.

Le malade est intercalé entre l’anticathode et le récepteur, sur lequel il s'appuie. Le contact immédiat de l’un et de l’autre conserve aux images le plus de netteté possible et de rapports avec la réalité qu'elles représentent.

Une autre condition de netteté, c’est de lutter contre les rayons parasites.

Les particules matérielles frappées par les rayons de Rüntgen diffusent dans tous les sens des rayons secondaires beaucoup moins pénétrants que ceux dont ils dérivent, mais dont le degré de pénétration augmente avec celui des rayons primaires. En conséquence, issus de l’anticathode, les rayons X, à l'intersection de la paroi ampullaire, vont donner naissance à des rayons secondaires peu pénétrants. La paroi sur laquelle se forment ces derniers les enrichit encore à l'aide d’autres rayons formés aux -dépens de particules cathodiques aberrantes.

RADIOSCOPIE 97

Aünsi, au flux anticathodique s'ajoute une émission pariétale nuisible à la netteté des images.

Là ne se borne pas encore l'origine des rayons parasites : les rayons secondaires proviennent de l'intimité des organes explorés.

Il vient naturellement à l'esprit de placer aussi près que possible de l’ampoule un diaphragme dont le rôle est multiple : il arrête toute la partie des rayons pariétaux émis en dehors de son ouverture ; 1l limite l'aire irradiée et par suite les rayons secondaires formés dans l'intimité de l'organisme.

Rien n’est frappant comme de constater l’augmentation de netteté prise par une portion d'image au fur et à mesure qu'on rétrécit l'ouverture du diaphragme.

Les diaphragmes employés sont ou du système à iris ou simplement des feuilles de cristal limitant une ouverture rectangulaire. Il serait à désirer qu'on fabriquât des diaphragmes en substance non conductrice de l'électricité, car les courants de Foucault ou les risques d’une mise à la terre laissent toujours craindre des étincelles sur la paroi du tube de Rüntgen. Il faut éloigner un peu le diaphragme de l'ampoule. De ce chef le diaphragme perd de l'efficacité en ce qui concerne l’absorption des rayons pariétaux.

Une grande image, une vue d'ensemble, est donc privée de fins détails. De la nécessité de diaphragmer et de varier les incidences se déduit rigoureusement celle de déplacer le malade ou l’ampoule

au cours de l'examen du foie comme de toute investigation radioscopique.

Assurément, il est plus facile d'élever ou d’abusser l’ampoule que le malade.

Les différents systèmes de châssis porte-ampoule réalisent des mouvements d’élévation et d’abaissement dans un plan vertical. Ils y joignent la translation horizontale dans le plan vertical précédemment mentionné.

L'opérateur tient en main la commande du diaphragme, c'est avec elle qu’il imprime les mouvements nécessaires aux différents éclairements.

Si l'écran est bien vertical, il existe une ligne horizontale partie du foyer anticathodique et perpendiculaire à cet écran. Cette ligne représente la trajectoire d’un rayon fort intéressant : le rayon d'incidence normale à l'écran.

Grâce au déplacement de l’ampoule, si l'on fait passer le rayon d'incidence normale successivement par tous les points périphériques d'un foyer d'ombre, qu'on note sur l'écran chacun des petits foyers lumineux tour à tour apparus, on obtient la projection du foyer d'ombre en vraie grandeur et non déformée.

C’est ainsi que nous pratiquons « l'orthodiagraphie » du foie ou simplement d’une partie anormalement développée sur la glande hépatique.

Ce procédé est bien supérieur à tous les calculs géométriques. Certains radiologistes, en compliquant l’orthodiagraphie, ont multiplié les causes

RADIOSCOPIE 09

d'erreur. Et puis, en clinique, rien n’est suggestif comme lacontemplation, «l'inspection » d'un malade ou de l’image de ce malade ».

Aucune construction de géométrie dans l’espace même matérialisé n'excite autant d'impressions dans l'esprit du clinicien.

Comment trouver le rayon d'incidence normal ?

Nous savons que le rayon d'incidence normale est horizontal quand l’écran est vertical. L'écran est donc suspendu par un de ses bords et abandonné à la pesanteur. Il suffit maintenant de déterminer deux points quelconques d'une ligne normale à l’écran et d'amener sur cette ligne le foyer anticathodique.

Cette opération exige un indicateur d’incidence. Celui de Béclère (6) est formé de deux cadres rectangulaires, égaux, portant chacun une croisée de fils métalliques. Les deux cadres, rigoureusement parallèles, sont à une vingtaine de centimètres l’un de l’autre. Les angles sont réunis par des traverses rigides perpendiculaires. L’indicateur d’incidence est placé de façon que les cadres soient parallèles au plan de l'écran. A cet effet, 1l est fixé sur le pied porte-ampoule au contact du diaphragme, le centre des croisées métalliques correspondant avec le centre du diaphragme.

On met en activité la source radiogène et on la déplace à l’aide de vis de rappel jusqu'à ce que l’image des deux croisées se superpose exactement sur l'écran. On retire l’indicatéur d'incidence, le

centre du diaphragme coïncide avec le rayon normal.

Les conditions générales d’un examen radioscopique connues, je vais présenter quelques-uns des châssis porte-ampoule qui peuvent servir à l’exploration du foie.

Dans la grande majorité des cas, l’examen radioscopique se pratique, le malade debout, l’écran est vertical, l'ampoule se déplace dans un plan parallèle à l'écran. Entre l’ampoule et l'écran, le médecin introduit le malade.

Afin d'éviter une position désagréable, il est avantageux d’élever le sujet sur un tabouret ou sur une simple chaise dont le dossier offre un point d'appui, sans gêner l'exploration. Quand on redoute pour un malade la fatigue de la station debout, on le fait asseoir sur un siège de hauteur réglable, pouvant s'adapter à toutes les tailles et capable de pivoter autour de son axe. Un tabouret à vis, du genre des tabourets de piano, muni d'un siège en forme de selle de bicyclette, est particulièrement recommandé, parce qu’il permet l’extension presque complète des cuisses sur le bassin et laisse ainsi aux incursions du diaphragme toute leur amplitude. Suivant que l’examen se fait de face, de profil ou dans une position intermédiaire, la main gantée du médecin oriente le sujet, qui n’a pour rôle que d’obéir docilement.

Châssis de Béclère. — C’est un cadre rectangulaire, vertical, monté sur des pattes à roulettes. La

RADIOSCOPIE 61

partie supérieure est munie de potences auxquelles on suspend l’écran fluorescent. Ce dernier, équilibré par des contrepoids, monte et descend à volonté. Dans le châssis coulisse verticalement un deuxième petit châssis, sur lequel glisse à son tour un chariot balladeur. L'ensemble est suspendu comme l'écran pour s'élever ou s'abaisser à volonté et rester en équilibre dans la position voulue.

L'ampoule est fixée en arrière du chariot balladeur. Devant elle, un diaphragme, mû par une manette à portée de la main, règle l'admission des rayons sur le sujet en observation. Dernièrement, Béclère (8) a présenté à la Société de radiologie médicale un diaphragme amélioré, avec lequel on peut utiliser un pinceau de rayons, limité par une ouverture rectangulaire ; le grand côté du rectangle est horizontal. Ajoutons, pour être complet, que le petit châssis tourne autour d’un axe horizontal et prend toutes les positions intermédiaires à la verticale et à l'horizontale.

Avec le châssis de Béclère et une table d’opération quelconque, on fait les examens sur le sujet couché, l’ampoule sous la table. La seule condition de rigueur, c’est que le plan de la table soit transparent et homogène.

Pied de Drault. — Drault, en construisant cet appareil, s'est proposé de satisfaire à toutes les exigences de la radiologie médicale.

L'ampoule est mise à l'extrémité d’un bras qui porte en même temps diaphragme et localisateur.

Un montant vertical, carré, est fixé dans unelourde base roulant sur quatre galets directeurs. Un petit chariot court sur ce montant. Il est suspendu à l'extrémité d’une poulie avec contrepoids dans l’intérieur même du montant. Le bras porte-ampoule glisse dans le chariot ci-dessus décrit. Il en résulte que l’ampoule, le localisateur et le diaphragme se déplacent solidairement dans un plan vertical. Comme avec le châssis de Béclère, l’ampoule se met sous une table, après rotation autour du bras porteur.

A une des dernières séances de la Société de radiologie médicale, Belot a présenté un appareil similaire construit par la maison Gaiffe.

Table de Béclère. — Pour faciliter les opérations dans le décubitus dorsal, il a été imaginé un certain nombre de tables. Au-dessous du malade se trouvent placés : ampoule, diaphragme et localisateur formant un tout qui glisse sur un double système de chariots balladeurs. Les mieux montées sont celles de Belot, d'Haret ou de Béclère. Sans perdre aucun avantage appréciable, la table de Béclère est la plus simple de toutes.

$ 2. — Radiographie.

Avec une ampoule réglable, un châssis porteampoule du modèle de ceux queje viens de décrire et un lit d'opération, on peut toujours faire de

la radiographie. C’est ainsi qu'ont été obtenues les premières images du foie. Grâce aux progrès réalisés, on fait beaucoup mieux; d’ailleurs la distension gazeuse de l'estomac oblige à recourir à la radiographie rapide.

C'est une loi aussi ancienne que la radiographie : l'organe exploré doit être immobilisé pendant la pose. La radiographie rapide en apnée supprimé l'influence nuisible des mouvements respiratoires.

Mais, même en négligeant la locomotion respiratoire, la distension gazeuse de l’estomac n'est pas prolongée sans inconvénients. Elle produirait, en effet, des déplacements brusques du foie dus au rejet par la bouche d’une quantité plus ou moins grande d’acide carbonique. Des déplacements plus lents, mais également nuisibles, provenant de l’absorption gazeuse par la muqueuse gastrique ou du passage des gaz par le pylore, achèveraient d’estomper la netteté du contour gastro-hépatique. Je vais donc décriré sommairement le matériel et la technique de la radiographie rapide.

En fait de radiographie rapide, je n'ai en vue qu'une radiographie abdominale obtenue en moins de 25 secondes, temps pendant lequel un sujet peut généralement suspendre la respiration. La radiographie instantanée, qui nécessite des appareils extrêmement puissants et fort coûteux, est un luxe dont on se passe icisans désavantage.

Ainsi entendue, la radiographie rapide peut se faire sur la plupart des bons postes anciens.

(er

Pour impressionner une plaque, deux facteurs entrent en ligne de compte : l'intensité du rayonnement et le radicchroïsme.

Il est évident qu'avec une quantité de radiations «n » fois plus grande par unité de temps, la durée d'irradiation devient « n » fois plus courte.

La radiographie rapide exige des sources radiogènes puissantes.

D'après les meilleurs auteurs, la qualité du rayonnement concourt plus encore que l'intensité à abréger la pose. C’est d’abord un fait expérimental que la plupart des ampoules molles ont un mauvais rendement. Le rendement optimum pour une ampoule donnée correspond à un état de vide déterminé. Beaucoup de tubes de Rüntgen sont dans les meilleures conditions d'émission quand ils fournissent du 6, 7, 8 B. De plus, avec une ampoule molle, une grande partie de l'énergie radiante est détruite dans l’organisme. Il s'effectue une filtration au sein des viscères, les rayons les moins pénétrants n'arrivent qu'en proportion infime sur le récepteur. Avec une ampoule dure, le coefficient de filtration diminue.

Mais les contrastes expriment la grandeur du coefficient de filtration ; les images obtenues avec du 8, 9, 10 B. sont plates, et c’est précisément un des défaut de la radiographie rapide, obtenue avec des rayons très pénétrants, de fournir des clichés pauvres en demi-teintes. Cet inconvénient se compense par une très grande richesse de détails.

Même avec un sujet corpulent, il suffit, en règle générale d’exciter le tube de Rüntgen avec un courant de 10 milliampères. Point n’est besoin de faire remarquer la nécessité d'employer des milliampèremètres capables de mesurer les courants mis en œuvre. Le mieux à conseiller est d’avoir un milliampèremètre avec shunt. En service moyen, le shuntest hors circuit, il ne sert que pour la mesure des fortes intensités, en radiographie rapide. |

Transformateurs électriques. — Les anciens meubles Gaiffe-d'Arsonval, dans lesquels on augmente le nombre des plaques des condensateurs, sans changer le transformateur à circuit magnétique fermé, arrivent à fournir ces intensités.

Certaines bonnes bobines d'il y a quelques années offrent les mêmes avantages sur courant continu, à condition que l’induit n’ait pas été bobiné avec du fil trop fin et qu’on les munisse du Wenhelt ou d’interrupteurs modernes à jet de mercure et à dialectrique gazeux, par exemple.

Mieux encore est d’avoir un matériel parfaitement adapté à l'émission des fortes intensités en haute tension.

Sur COURANT CONTINU, actuellement, deux constantes caractérisent les bobines intensives :

1° L'inducteur à faible self-induction ;

> L'induit bobiné en grosifil (160 à 300 millièmes de millimètre de diamètre).

D'ailleurs, les constructeurs livrent ces bobines avec selt-induction variable, la grande self s’em-

BÉCLÈRE. - 5

ploie en radiothérapie, en radioscopie, en radiographie lente, la petite en radiographie rapide.

Sur COURANT ALTERNATIF les recherches semblent avoir été beaucoup plus pénibles; certaines solutions proposées sont si peu pratiques qu'elles ne méritent même pas d’être citées.

Les plus intéressantes utilisent des bobines extérieurement semblables à celles employées sur courant continu et des interrupteurs à turbine entrainées par un moteur synchrone.

L'amélioration est due à l’utilisation d’une rupture sur chaque phase. Afin d’avoir une onde induite d'ouverture de sens constant, l’inducteur se divise en deux parties d’enroulement inverse. Chacune reçoit exclusivement les alternances de même signe.

A la Société de radiologie médicale, il a été présenté un matériel de ce genre, l’un construit chez Drault, l’autre chez Gaifte.

Voiciles résultats obtenus avec chacun d'eux:

« Au dernier plot du rhéostat (dit Béclère en parlant du matériel Drault) et quand l’ampoule très résistante donne des rayons très pénétrants, du degré n° 7 à l’échelle radiochromométrique de Benoist, je me suis assuré que l'intensité du courant secondaire alteint facilement 12 milliampères. Cette intensité peut, d’ailleurs, être rendue deux fois, trois fois et même quatre fois plus grande au fur et à mesure que l’ampoule moins résistante donne des rayons moins pénétrants.

«Une bobine plus puissante permettrait, bien

entendu, d'obtenir, avec des rayons n°7, une intensité plus grande que 12 milliampères. »

Au sujet du poste de Gaiffe, Belot donne les indications suivantes :

« Sur alternatif, avec 110 volts au primaire et 10 à 13 ampères moyens (sur chaque phase) on a pu obtenir :

26 milliampères dans un tube de 7 cm. 5 d'étincellé équivalente 17 — Æ 9 em. 5 = ae 15 — - 12 cm.» = Æ

« Mes essais ont particulièrement porté sur le courant alternalif. |

« Voici mes constantes: secteur alternatif, 110 volts, 42 périodes, monophasé, tube Gundelach, donnant des rayons n°7 à 8 B., de 11 à 12 centimètres d'’étincelle équivalente. Deux soupapes Villard en tension dans le circuit...

« En prenant au primaire le maximum permis par le tableau, l’ampèremètre continu marquait 12 à 13. ampères moyens sur chaque phase. Au secondaire, avec le tube de Gundelach à ailettes donnant des rayons 7 à 8 on lisait 16 à 17 miliampères. »

Ampoules. — Les tubes dont j'ai donné la description à propos de la radioscopie ne supportent pas les intensités utilisées en radiographie rapide. L’anticathode atteint le point de fusion, elle est percée par le bombardement cathodique. Le refroidissement par l'eau dans les systèmes à réservoir ne met pas à l'abri de cet accident.

Le seul moyen propre à empêcher la perforation

de l'anticathode est de la souder à l’extrémité d’une forte masse métallique conductrice de la chaleur: Le miroir anticathodique est fait de platine ou d'irridium. La cathode est elle-même renforcée car elle s’échauffe et risque de se fendiller.

Il faut maintenant dissiper le plus vite possible la chaleur développée au point de convergence des rayons cathodiques. Les ampoules Gundelach à ailettes sont les mieux imaginées à ce point de vue. L'anticathode est à l'extrémité d’un tube métallique bon conducteur de la chaleur. Une grosse tige de platine traverse la paroi de verre et entre én contact intérieurement avec le support de l’anticathode, extérieurement avec un radiateur à ailettes. |

Ce qui différencie les ampoules intensives, c'est la construction et la position de l’anticathode, le système de refroidissement et le procédé de régénéralion. |

Les ampoules Gundelach (type Dauer-Patent) ont l’anticathode formée par une masse de fer volumineuse continuée jusqu'à la paroi par un cylindre métallique assez gros et noirci. La perte de cha-. leur se fait par rayonnement.

Le régulateur de vide est un petit condensateur formé par un cylindre de verre garni sur ses faces interne et externe d’une couche d’un corps chimique riche en gaz. Ce cylindre est dans un tube annexe raccordé avec l’ampoule : un fil se rend à la couche interne, un autre à l’externe.

Pour diminuer le vide, on joint les fils du régu-

lateur à l’anode et à la cathode de l’ampoule ; le courant passe sur le régénérateur même lorsque l’ampoule trop dure ne se laisse plus traverser. La disposition en condensateurs permet d'utiliser la totalité du gaz inclus dans la matière active.

Heinz Bauer (Berlin) a fait une ampoule à anticathode massive en cuivre. Grâce à certains détails de construction, ce modèle ne tend qu’à durcir sous l'influence des fortes intensités. Le refroidissement est obtenu par la circulation de l'air atmosphérique dans le support de l’anticathode.

La Central Rühre de Ia maison Binger (Berlin) a créé une ampoule dont l’anticathode est en forme de demi-sphère. Lorsque l’onde inverse traverse le

tube, les rayons cathodiques normaux à la surface

d'émission risquent moins de détériorer l'appareil. La dissipation de la chaleur se fait par un radiateur à lames plissées.

Rosenthal (maison Polyphos, Munich) a fabriqué une série d’ampoules dites intensives, elles donnent des images remarquablement nettes. Leur durée est un peu trop limitée par suite de la faible réserve gazeuse contenue dans le réservoir annexe.

Mentionnons encore les tubes bicathodiques de Koch Sterzel, ingénieusement imaginés pour parer

- aux dangers du courant inverse.

Enfin les ampoules françaises de Drissler, malheureusement dépourvues, elles. aussi, de losmorégulateur. Cependant, le dernier modèle du professeur Bergonié paraît donner complète satisfaction.

Précautions à prendre et réglage des tubes à grande puissance. — Ici, plus encore qu’en radioscopie, on ne saurait trop prendre de précautions pour se mettre à l'abri des décharges et du flux de Rôüntgen.

Les rhéophores à grand isolement sont de rigueur. On les suspend dans l’espace. On ne les laisse en contact qu'avec des matériaux d'une rénitivité de plusieurs mégamégohms (ébonite, paraffine, verre).

Ilest particulièrement important de les tenir à distance des tubes radiogènes, aux électrodes desquels, seuls, ils doivent toucher.

Cette mesure évite les effets de condensation et les décharges capables de fusiller les ampoules.

Il est sage d’être seul à manipuler les conducteurs et le poste électrique.

La partie la plus délicate est assurément le réglage de la source radiogène.

Suivant les états de service, une ampoule intensive se comporte de façon différente.

A de rares exceptions près, un tube neuf ne supporte pas les fortes intensités sans mollir instantatanément. Cela tient à ce que le vide a été fait imparfaitement tant pour le gaz libre que pour le gaz inclus dans le métal.

Le praticien peu expérimenté en radiographie rapide étudiera donc les ampoules neuves avec beaucoup de doigté. Il les mûrira en leur faisant

supporter pendant plusieurs heures un régime

RADIOGRA PHIE 7

croissant de 1/2, 1, 2, 3, 4 milliampères. Augmentant ainsi l’intensité très progressivement, on se rend compte du régime maximum possible, sans mollissement.

Une ampoule stable à 10 ou 15 milliampères est prête pour l'usage. En fin de carrière, les ampoules sans osmo-régulateur sont devenues trop dures. Elles ne se régénèrent plus. Considérons le cas d'une bonne ampoule arrivée à maturité.

La durée de service décroit très vite au fur et à mesure que le courant excitant est plus intense. En tout cas, 1l y a toujours danger de mollissement subit, si la paroi ou les électrodes emmagasinent une certaine quantité de gaz latent. Cet incident fâcheux est particulièrement évitable : on ne se sert qu’exceptionnellementdu dispositifde régénération, mais à chaque fois que l’atmosphère intérieure du tube est trop raréfiée, on donne un sérieux coup de torchon, principalement près des électrodes.

Rien plus que le courant inverse n’est préjudiciable aux tubes à vide. On ne recommande pas assez de multiplier les soupapes genre Villard.

Sur meuble de Gaiffe, outre les deux soupapes en dérivation, il est avantageux d’intercaler un de ces appareils en série avec le tube de Crookes.

Sur bobine, deux soupapes en série valent mieux qu’une, leur résistance au courant direct est négligeable.

Les ampoules à osmo-régulateur se mettent bien au point. Avec les autres, il n’en est pas toujours

de même. Voyons en tout cas la technique du réglage:

La radiographie rapide ne permet guère de faire varier pendant la pose la qualité de l'émission d'énergie radiante. C’est avant l'opération que le tube est amené au degré de vide désirable. Pour cela, point n’est besoin d’utiliser de fortes intensités, 1 à 2 milliampères suffisent. A l’aide du radio-. chromomètre ou des mesures électriques on opère comme je l’ai indiqué à propos de la radioscopie.

Pendant la pose, le pouvoir pénétrant du rayonnement diffère de ce qu’il était au moment du réglage : en supposant constante la pression entre les électrodes, ce qui est rare, l’excitation plus intense change le radiochroïsme.

Cependant, la qualité des rayons d’un tube donné reste à peu près la même à partir d’une certaine intensité. À mesure que le tube durcit, les courbes des variations du pouvoir pénétrant, en fonction de l'intensité, tendent à s’infléchir et à devenir parallèles à l'axe des abscisses où sont portées les intensités. D'après certains auteurs, une ampoule est bien réglée quand elle émet des rayons 4 à 6 B. avec un excitant de 1 milliampère.

En supposant que le pouvoir pénétrant reste invariable malgré la quantité d’énergie radiante produite, pendant la pose on ne retrouverait pas la longueur d’étincelle équivalente du réglage. La distance explosive augmente en fonction de l'intensité.

Ce n'est qu'à partir d'un certain moment qu’elle tend à une limite.

Un opérateur méthodique, désireux de connaître les conditions dans lesquelles il travaille, étudie d'une manière approfondie les constantes d’une ampoule.

Une série d'images du radiochromomètre prises en intensif dans des conditions de voltage et d'intensité (au primaire et au secondaire) soigneusement notées fournit des bases d'appréciation.

En utilisant, conjointement avec le radiomètre sensible, par exemple celui de Kienbüch, ou le fluoromètre de Guilleminot, on aura un barême pour calculer, à chaque pose, la quantité et la qualité du rayonnement.

Bien entendu, avant chaque mesure quantitative et qualitative en marche intensive, on se rend compte de la façon dont l'ampoule se comporte sur un courant de 1 milliampère. Ces notions sont consignées sur une table divisée en deux colonnes. Les constantes de fonctionnement sont relatées à gauche en basse intensité, à droite en intensif.

Avant toute opération, le tableau sert à prévoir, d’après le réglage sur 1 milliampère, quelle sera l'émission en forte charge.

Cette façon de faire, aussi peu empirique que possible, ne met pas à l’abri des surprises.

Si l’'ampoule se montrait pendant la radiographie autre qu'on ne l'avait prévue, la lecture des galvanomètres renseignerait encore sur l'émission.

La pose serait, en conséquence, prolongée ou abré-

gée.

Ci-joint quelques barêmes :

1° Sur ancien meuble de Gaiffe ;

2°: Sur nouveau meuble de Gaiffe intensif (bobine Rochefort-Gaiffe et condensateurs ;

3 Sur bobine intensive de Drault (courant con-

tinu).

Meuble intensif pour courant alternatif comprenant une bobine Rochefort-Gaiffe et des condensateurs avec dispositif pour moyen ou grand

débit.

Les mesures sont faites après connexions pour grand débit, la quantité d’énergie radiante n’a pas

été mesurée.

1° Ampoules Polyphos (Rosenthal) (anticathode en platine). Courant sinusoïdal (secteur 110 volts,

42 périodes).

Pour 1 m. A.

Intensité au primaire 8- 10 A.

Différence de potentiel aux bornes du transformateur, 45 volts.

Étincelle équivalente, 3 à 4 centimètres (spintermètre à pointes mousses).

Degré radiochromométrique, 4 B.

Intensif.

Intensité au primaire, 28 AU

Différence de potentiel aux bornes du transformateur, 100 à 105 volts.

Étincelle équivalente, 10 centimètres.

Intensité au secondaire, 4 à 5 m. A.

Degré radiochromométrique, 5-6 B.

Pour 1 m. A.

Intensité au primaire, 10 A (environ).

Différence de potentiel aux bornes du transformateur, 48-50 volts.

Étincelle équivalente, 3 centimètres.

Degré radiochromométrique, ÿ B.

Intensité au primaire, 10 A.

Différence de potentiel aux bornes du transformateur, 55 volts.

Étincelle équivalente, 7 centimètres.

Degré radiochromométrique, 6 B.°

Intensité au primaire, 9 A.

Différence de potentiel aux bornes du transformateur, 60 à 65 volts.

Étincelle équivalente, 10 à 12 centimètres.

Degré radiochromométrique, 7-8 B.

Intensif.

Intensité au primaire, 27 A.

Diflérence de potentiel, 103 à 106 volts.

Étincelle équivalente, 12 à 43 centimètres.

Intensité au secondaire, 3 à 4 m. A.

Degré radiochromométrique, 6 B (fort).

Intensif.

Intensité au primaire, 26- 27 A.

. Différence de potentielaux bornes du transformateur, 103 à 107 volts.

Étincelle équivalente, 14 centimètres.

Intensité au secondaire, 2 à 3 ri. A.

Degré radiochromométri-

que, 6-7 B.

Intensif.

Intensité au primaire, 25 A.

Différence de potentiel aux bornes du transformateur, 105 à 107 volts.

Étincelle équivalente, 16 centimètres.

Intensité au 4 à 2 m. A.

Degré radiochromométrique, 8 B.

secondaire,

> Avec ampoule Gundelach à arlettes.

Pour 1 m. A.

Intensité au primaire, 10 à 18 A.

Différence de potentielaux bornes du transformateur, 40 volts.

Étincelle équivalente, 4 centimètres.

Degré radiochromométrique, 4 B.

Pour 1 m. À.

Intensité au primaire, 9 à 40 A.

Différence de potentiel aux

bornes .du transformateur,

50 volts.

Étincelle équivalente, 6 à 71 centimètres.

Degré radiochromométrique, > B.

Intensif.

(24° et dernier plot.)

Intensité au primaire, 27 à 28 A.

Différence de potentielaux bornes du transformateur, 100 à 105 volts.

Étincelle équivalente, 10 centimètres.

Intensité au 1 à 8 m A.

Degré radiochromométrique, » à 6 B.

secondaire

Intensif.

Intensité au primaire, 25 A.

Différence de potentielaux bornes du transformateur, 102 à 107 volts.

Étincelle équivalente, 14 à 15 centimètres.

Intensité au secondaire, 4 m. A.

Degré radiochromométrique, 7-8 B.

Plaques. — Afin de les soustraire au voile de Rôntgen, les plaques sensibles ne sont introduites dans le laboratoire qu’au moment même de l'im-

DS

pression.

Un grand nombre de fabricants livrent d’excellentes plaques X. La supériorité des unes et des autres est affaire d'appréciation individuelle. Certains radiologistes, dont le docteur Belot, vantent

les plaques Schleussner, surtout pour la radiographie abdominale. Les plaques intensives de Jougla, formule Mercier, joignent à une grande sensibilité la latitude d’un écart de pose appréciable.

Toutefois, avant d'ouvrir la boîte, on se souviendra que la gélatine est recouverte d’une seule épaisseur de papier noir et d’un papier paraffiné transparent. Sans châssis porte-plaque, le papier paraffiné est détestable : 1l glisse sous le malade, se déchire et se froisse. Le papier noir de son côté est inégalement opaque à la lumière, d’où la recommandation de n’ouvrir la boîte neuve qu’à la lumière rouge, d'éliminer les papiers paraffinés et de recouvrir chaque plaque d’une deuxième enveloppe opaque.

Cela fait, les opérations de la radiographie proprement dite vont commencer. :

Position du malade. — Le foie se radiographie, le sujet couché ou assis. Le sujet couché repose sur un plan résistant et l’ampoule, suivant les cas, prend place au-dessus ou au-dessous de la table d'opération. Il n’y a pas lieu de revenir sur la description du châssis ou des pieds porte-ampoule, pas plus que sur les plaques avec ampoule mobile au-dessous.

Il est parfois très avantageux de recourir à un fauteuil spécial, le pendant du tabouret radioscopique. Le fauteuil offre de multiples avantages.

Voici longtemps déjà qu’en Allemagne on emploie, pour la radiographie du thorax dans la posi-

tion assise, un fauteuil qui porte le nom des docteurs Holzknecht et Kienbôck, ses inventeurs. Sans entrer dans la description détaillée de ce fauteuil, sa caractéristique est de posséder un dossier, non seulement mobile dans le sens vertical, entre les deux montants qui le portent, mais encore entièrement amovible. La plaque sensible est appliquée contre ce dossier muni au bord inférieur d'une gouttière pour la maintenir en place, et le malade y appuie soit le dos s’il s’y asseoit à la manière habituelle, soit le sternum s’il s’asseoit en sens inverse, entre les deux montants du fauteuil, soit une des aisselles s’il s’asseoit de côté, soit enfin une région de la poitrine, intermédiaire à la précédente, s’il s’asseoit jambe de-ci, jambe de-là, et pour ainsi dire à cheval sur l’un des montants, suivant que le médecin veut radiographier le thorax de dos, de face, de profil ou obliquement.

Dans le même but, depuis bientôt trois ans, Béclère emploie un fauteuil construit sur ses indications à limitation du siège allemand. La forme générale est conservée. Dans le modèle français, le dossier n’a plus seulement pour but de soutenir la plaque et le malade qui s’y appuie, ce dossier se compose de deux parties distinctes : d'une part le dossier proprement dit, formé d'une mince planchette à la fois très solide et très transparente aux rayons de Rüntgen, d'autre part un écran fluorescent de mêmes dimensions que la planchette et appliqué contre celle-ci sur la face opposée à

celle où s'appuie le malade. Cet écran fluorescent Joue le rôle de la glace dépolie des appareils photographiques. Il permet au médecin radiologiste de commencer par l’examen radioscopique et de choisir parmi les images qui se succèdent sur l'écran, tandis qu’il modifie les positions respecüves de l’ampoule et du fauteuil, celle qui lui paraît la plus intéressante. C’est alors seulement qu'il dispose entre la planchette et l’écran la plaque sensible sur laquelle cette image sera fixée. Dans ce but, l'écran, articulé par le bord inférieur avec le bord correspondant de la planchette, peut s’en écarter à volonté.

Tout dernièrement, un modèle léger et pliant vient d’être créé par Béclère pour rendre les mêmes services au domicile du malade.

Grâce au fauteuil de Béclère, ont été obtenues quelques-unes des plus intéressantes radiographies dont je reparlerai.

Dans les circonstances où le fauteuil n’est pas mis à profit dès l’abord, l'examen radioscopique précède la radiographie : c’est lui qui donne le siège de la lésion, donc la position de choix pour l'impression des clichés. Les images en position sagittale sont très difficiles à faire dans le décubitus, certaines lésions commandent formellement la position assise. Un kyste hydatique de la convexité hépatique partiellement évacué dans les bronches s’exprime d’une façon différente suivant que le malade est couché sur une grande plaque ou

radiographié dans le fauteuil. Dans le décubitus, le liquide du kyste s'étale parallèlement au récepteur et projette une ombre uniforme, muette sur la question de l’abondance du liquide par rapport à la quantité de gaz intra-kystique. Au contraire, si le récepteur est vertical, la limite entre le liquide et le gaz se dessine presque aussi nettement que dans un hydropneumothorax examiné à l'écran. On pourrait multiplier les exemples. C’est affaire d’à-propos ou de sens clinique de varier la technique pour la rendre plus féconde.

Règle générale, toutes les lésions de la face diaphragmatique s’étudient au fauteuil. Les lésions de la face inférieure commandent la distension gazeuse de l'estomac, par suite le décubitus dorsal. :

Il n'y aurait pas lieu de compter obtenir un cliché intéressant sur une radiographie sagittale de la face gastro-intestinale. Malgré la transpa- rence gastrique, les projections se confondent et se noient dans un gris uniforme impropre à l’analyse. La face inférieure du foie est oblique de bas en haut et de droite à gauche; à la partie tout inférieure, seulement, une tuméfaction porterait sur l'écran une ombre en relief sur celle de la glande, si l'épaisseur de la région traversée et la grande densité du contenu intestinal n'avaient altéré | el filtré le rayonnement. Ce dernier est dès lors trop pénétrant et trop chargé de rayons parasites pour subir une absorption visible sur un cliché.

La main, dont les os ont à volume égal un pouvoir absorbant plus grand que celui d'un kyste, d'une tumeur ou d'un abcès, se distingue à peine sur un écran au platino-cyanure de baryum quand elle touche le flanc d'un malade épais, examiné dans la position sagittale. La difficulté de distinguer la main relève de la même cause que l'impossibilité de voir le kyste, l'abcès ou la tumeur de la face inférieure du foie examiné de profil.

En résumé, les vues de profil complètent l’exploration de la coupole hépatodiaphragmatique. A la face inférieure, au contraire, les seuls examens frontaux sont utiles.

Position de choix quand il s’agit de la face thoracique du foie. — Le dossier du fauteuil, face au diaphragme, est disposé à 6o centimètres environ de l’anticathode. Par ailleurs : laboratoire aussi sombre que possible en vue de l'adaptation rétinienne, source radiogène montée sur un pied-support ou sur le châssis porte-ampoule, diaphragme grand ouvert,

Le malade prend place dans le fauteuil.

L'écran fluorescent facilite l'étude des différentes perspectives : le praticien fait asseoir le malade alternativement de dos et de face, il oriente le fauteuil, déplace l'ampoule dans tousles sens. Parmi les images successivement apparues, la plus démonstrative est celle à conserver : malade, fauteuil et ampoule sont disposés en conséquence. On ferme le diaphragme juste assez por

BÉCLÈRE. 6

82 TÉCHNIQUE

circonscrire la surface irradiée au plus à la limite de l'écran. On arrête l'émission.

Conserver la mise au point et immobiliser le sujet est avec certains enfants et la plupart des névropathes une nécessité à laquelle il n’est satisfait ni sans patience, ni sans imagination. Le fauteuil, il est vrai, se prête admirablement au choix d'une position facile, compatible avec le relâchement musculaire : les bras se fixent à volonté dans la position la plus favorable, l'obliquité du siège oblige à porter tout au long sur l'écran, enfin l’appui-tête vient cueillir les temporaux pour les emprisonner solidement. Plus encore, au châssis porte-plaque s'adaptent deux boutons latéraux saillants. Une bande de toile entoure les individus moins dociles, se réfléchit sur les boutons et s'attache à des sacs de sable pesamment chargés et abandonnés dans l’espace.

Tout est disposé, sauf la plaque sensible qu'il est temps d'introduire derrière l'écran.

Pendant la pose, le malade va rester en apnée. Sachons qu'il est plus facile de prolonger l'apnée en inspiration. Quelques respirations forcées ou mieux encore des inhalations d’oxygène superoxydent le sang et diminuent consécutivement le bes0in de TéSDITÉRNNS

Il importe de cesser l’irradiation avant tout mouvement thoracique, le malade est donc prié de ne pas reprendre haleine sans avoir, du doigt ou de l'œil, averti de couper le circuit.

La pose terminée, on porte la plaque au cabinet noir, et l'on procède au choix de la meilleure perspective en position sagittale.

Rien de plus à dire en ce qui concerne l'impresson de la deuxième perspective.

Position de choix quand il s’agit de la face inférieure du foie. — À côté de la distension gazeuse de l'estomac quelques précautions rendent service pour diminuer l’opacité abdominale. Le sujet doit être purgé et à jeun. :

Carl Beck (4) recommande en outre de lui faire prendre de l’opium afin de diminuer le péristaltisme. intestinal. L’opium présente encore l'avantage de rendre le malade plus calme et plus tolérant.

Nous avons déjà dit que le décubitus dorsal rend service pour l'examen d’un sujet dont l'estomac est partiellement rempli de chyme ou d’ingesta. Dans cette position, les gaz s'étalent au-dessous de la face antérieure de l'estomac.

La transparence gastrique arrive ainsi à différer de celle du foie.

Ampoule sous la table d'opération, diaphragmes grands ouverts, laboratoire toujours faiblement éclairé, patient étendu dans la position de relâchement et immobilisé par une sangle passant sur l'hypogastre et fixée à des sacs de sable. La tête est appuyée ou même immobilisée comme le bassin.

A l’aide d’un écran fluorescent, l'opérateur repère la face inférieure du foie, règle l’ouverture du dia-

phragme et la position de la source radiogène. Le rayon d'incidence normale doit raser la face inférieure du foie. Cela fait, le malade absorbe successivement la solution de bicarbonate de soude et d'acide tartrique. Le récepteur prend place sur l'abdomen et sur la partie inférieure du thorax. Il est recouvert d’une planche doublée de plomb et fixée, à l’aide d’une large bande aux extrémités de laquelle des poids de 1 ou 2 kilogrammes seulement sont suspendus.

Comme dans le fauteuil, des respirations forcées ou des inhalations d'oxygène préparent l’apnée volontaire pendant laquelle a lieu l'irradiation.

La grande épaisseur de la paroi abdominale postérieure, la situation, la forme du bord antérieur du foie plaident en faveur de l'exploration radiologique, telle qu’elle vient d’être décrite. Celle-ci est de beaucoup préférable à la technique habituelle, c'est-à-dire au décubitus dorsal sur une plaque postérieure avec pénétration ventrale du rayonnement. Complément ou de pis-aller, telles sont cependant les indications de cette position peu favorable.

Temps de pose. — Le temps de pose en radiographie rapide est d'une appréciation délicate. L'habitude est le meilleur guide, surtout avec les tables précédemment conseillées. Aubourg, qui a communiqué ses temps de pose à la Société de radiologie médicale, obtient en 20 secondes une bonne image de l'abdomen. Il se sert d’une ampoule

Gundelach à ailettes, réglée pour du 7 Benoist et traversée par un courant de 7 milliampères.

Développement. — Quelles que soient les précautiôons prises, il est bien rare qu'on puisse se flattér d’avoir une pose normale. En dehors du radiochroïsme, la transparence du malade et la sensibilité des plaques conduisent à des écarts insoupçonrables.

C'est-à-dire qu'un révélateur de composition définie n’est adapté qu'aux clichés dont, par häsard, la pose s’harmonise avec la constitution du bain.

Le danger est d'attaquer le bromure d'argent par un bain poussant au voile ou au contraire d’une énergie insuffisante pour fouiller les parties faiblement irradiées.

“Le révélateur chimique se compose de plusieurs parties : un réducteur : « acide pyrogallique, hydroquinone, métol, pyrocatéchine, etc... »; un conservateur : le sulfite de soude ; un alcali : la soude, potasse où carbonates alcalins ; un retardateur : soude ou bromure de potassium.

Le réducteur s'empare de l'oxygène de l’eau et met l'hydrogène en liberté.

Le sulfite empêche l'oxydation du réducteur par l'air atmosphérique. Mais la décomposition de l’eau ne se produit qu'en milieu alcalin et quand l'hydrogène libéré est en présence de bromure d’argent irradié. ”

L'alcali est accélérateur, les acides (qui détrui-

sent l’alcali) sont relardaleurs ; le bromure de potassium diminue la tension de dissociation du bromure d’argent, le dissout, d’où retarde le développement et affaiblit le cliché. Le réducteur pousse au contraste, l'alcali aux détails, mais au voile. Or, la radiographie rapide à l'aide des rayons très pénétrants tend à fournir des clichés riches en détails mais plats. De là, nécessité des bains pauvres en alcali et dont l’agent réducteur n'ait pas la propriété de pousser au gris, comme le métol employé sans correctif.

Avec certains révélateurs (damidophédel par exemple) l’alcali est inutile, c’est le conservateur : le sulfite de soude qui le remplace.

Quoi qu’il en soit, la prudence conseille de tâter le développement avec un bain pauvre en bromure pour ne pas affaiblir un cliché peut-être sous exposé, pauvre en alcali pour ne pas griser s’il y a surexposition.

L'image apparaît-elle dès les premières secondes, augmenter la proportion de réducteur. En cas contraire, l'accélérateur, l'alcali, ajouté peu à peu et parcimonieusement fouille les grands blancs sous l'œil de l'opérateur, puis le développement se termine dans un bain moins alcalin qui rend de la vigueur à l’ensemble.

Page 1