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CHAPITRE II

De toutes les glandes, le foie est celle qui se prête le mieux au radiodiagnostic, à cause de son volume considérable et de sa situation à la limite du thorax et de l'abdomen.

C'est un organe volumineux et dense, dont le poids atteint et dépasse 1.500 grammes.

Il est plus lourd que l’eau.

Les analomistes le comparent à un ovoide sectionné suivant un plan oblique de droite à gauche et de bas en haut. De l'extrémité droite à l’extrémité gauche le diamètre transversal est en moyenne de 28 centimètres, le diamètre antéro-postérieur est de 17 centimètres. à

Verticalement, la plus grande épaisseur oscille autour de 8 centimètres, sauf chez la femme dont le corset augmente généralement le diamètre vertical du foie, au détriment du diamètre antéro-postérieur.

On décrit aujourd’hui la configuration extérieure du foie avec une grande richesse de détails. On lui reconnaît, outre la face supériéure convexe et la face inférieure à peine excavée, une face postérieure. Cette dernière, triangulaire, épouse les accidents du diaphragme et de la paroi abdominale postérieure.

Les régions de la surface extérieure du foie sont très inégalement accessibles, sur le vivant, aux divers modes d'exploration physique.

A ce point de vue, la face inférieure a toujours été la moins favorisée.

Quant à la face supérieure, elle se compose de deux portions distinctes, l’une périphérique et l’autre centrale.

Tandis que la portion périphérique, en contact avec la paroi thoracique et avec la paroi abdominale, est accessible totalement à la percussion et partiellement à la palpation, la portion centrale échappait, avant la découverte de Rôntgen, à toute exploration.

Cependant cette portion centrale de la face supérieure dufoie, étroitement coiffée par le diaphragme, fait à l'intérieur du thorax une saillie en forme de dôme ou de coupole, dont l’image très sombre se profile, pendant l’examen radioscopique, sur la zone brillante du champ pulmonaire avoisinant. Le contour en arc de cercle est mobile avec les mouvements respiratoires. Radiologiquement le diaphragme est inséparable du foie normal, leur ombre est une : l'ombre phréno-hépatique.

Des bords, un seul nous intéresse: le bord antérieur mince, net, généralement palpable, il affleure le rebord du plastron sterno-costal, sauf à partir de l'union de la neuvième et de la dixième côtes, d’où il se porte obliquement en haut et à gauche. Chemin faisant, il recouvre la partie supérieure de la face gastrique antérieure. Notons en passant la proximité du bord antérieur du foie et de l'écran radioscopique : la seule épaisseur de la paroi abdominale, relativement mince ici, les sépare l'un de l'autre.

Les lésions du bord antérieur du foie se présentent au radiodiagnostic dans de meilleures conditions que celles du bord postéro-inférieur.

Car, en arrière, la colonne vertébrale, flanquée des piliers du diaphragme, des gros vaisseaux, de la masse sacro-lombaire, le pannicule adipeux relativement riche détruisent et transforment sans élection une notable fraction de l'énergie radiante. Tous les organes de nutritionet d’excrétion convergent vers la face postéro-inférieure. Les uns se rendent au hile, où épiploon. gastro-hépatique, canaux biliaires se rencontrent d’une facon absolument confondue sur les images. Ce pédicule hépatique ne se différencie même pas de ses rapports. Les veines sus-hépatiques, issues de la face postérieure, aboutissent rapidement à la veine cave inférieure.

A la face postérieure rien n'individualise pour nous ces veines sus-hépatiques pas plus que les

insertions du diaphragme, l'extrémité splénique, l’æsophage qui se creuse une échancrure en plein tissu hépatique, l'aorte, et plus à droite la veine cave inférieure. |

La face inférieure du foie se fond avec l’image des organes abdominaux. Le rein droit, la capsule surrénale, le duodénum, les gros vaisseaux juxtavertébraux empâtent la région sous-hépatique d’une masse indistincte et sans contraste où seul l'angle colique s'individualise bien de temps en temps.

Il n’en est pas tout à fait de même à gauche: la clarté du cul-de-sac gastrique rompt la monotonie. Sur la ligne médiane, le tableau s'enrichit encore un peu de l’esquisse vertébrale floue et faiblement tracée, qui vient, elle aussi, gêner l'exploration des viscères.

Les voies biliaires, appliquées pendant la plus grande partie de leur trajet à la face inférieure du foie, se noyent dans l'empâtement ci-dessus décrit.

Mais tous ces organes normalement indécelables, au moins sans artifices très spéciaux, doivent à certaines lésions d’acquérir une visibilité particulièrement intéressante. Les choses changent du tout au tout à la coupole diaphragmatique.

Viscère abdominal, le foie vu sur l'écran radioscopique apparaît, partiellement au moins, comme un hôte de la cage thoracique. La face péritonéale du diaphragme moule sa convexité, et, doublé des plèvres qui s’insinuent entre ses insertions et la

paroi, le diaphragme sépare le foie du poumon droit.

Vers la ligne médiane le péricarde et le médiastin postérieur remplacent le poumon et la plèvre.

À tout prendre, une différence de densité fort nettement tranchée sépare les organes abdominaux du poumon qui surmonte le foie et, l'image de Rôntgen si dissemblable chez le vivant à la coupole diaphragmatique droite et à la face inférieure du foie n'est pas autre chose que le témoin de cette inégale densité.

Ces notions acquises, je puis aborder la description même de l’image du foie chez l'individu normal etsain.

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