‹ Le Râle de Déplissement Alvéolaire: Dans la PneumonieChapitre 10 sur 26 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Pathogénie

La Palhogénie du ràle de déplissement est fort obscure. Il ne saurait en être autrement, puisque aucun malade ayant présenté ce signe, n'a succombé. Les conditions nécessaires à sa production ne sont donc pas démontrées et la pathogénie que nous essaierons d'esquisser, ne saurait avoir d’autre valeur que celle d’une hypothèse.

De prime abord, le caractère superficiel de ce ràle pourrait éveiller l'idée d'une origine superficielle ellemême, c'est-à-dire pleurale. Il n'en est rien pourtant. Et d'abord, l'observation clinique irait à l'encontre d'une semblable origine. S'il est vrai que toute pneumonie s'accompagne de légions pleurales, il ne faut pas oublier que celte pleurite revêt une intensité extrêmement variable. Or, dans les cas où des froltements ont apparu au cours d'une pneumonie, dans les cas, par conséquent, où les lésions de la plèvre ont élé assez intenses pour se manifester par des signes cliniques, nous avons presque lou-

jours vainement cherché les râles de déplissement, Faut-

il en conclure que l'épaississement des parois de la plèvre (nous ne parlons pas des cas où un épanchement vient encore compliquer les choses) empêchait le bruit pathologique d'arriver à l'oreille? C'est ce que nous ignorons. Mais, en tout cas, il est bien certain que la plèvre ne saurait être le lieu où se produit le râle et l'on ne conçoit guère par quel mécanisme il pourrait s'y produire.

Ce n'est évidemment pas non plus au niveau des pelites bronches qu'il faut chercher son origine. Car alors il ne serail pas inspiraloire, du moins uniquement inspiraloire. Ce serait un ràle sous-crépilant, également marqué aux deux temps de l'acte respiratoire.

C'est donc dans l'alvéole pulmonaire qu'il se produit. Mais comment, par quel mécanisme ? Barth et Roger, après Laënnec, admettent que le râle crépilant de la pneumonie est dù à l'éclatement de bulles d'air dans les alvéoles remplis d'exsudat. Comme le fait justement remarquer Grancher, une bulle d'air ne saurait éclater dans un alvéole rempli par l'exsudat pneumonique.

En réalité, l'explication nous paraît autre, du moins pour. celte sorte de râle crépitant qui nous occupe. Quand se résoud la pneumonie, l’exsudat fibrineux se liquéfie, se ramollit. Les parois de l'alvéole sont alors agglutinées par cet exsudatvisqueux. Quand se produit une inspiration, l'air inspiré sépare, décolle ces parois; c'est à ce décollement, à ce déplissement alvéolaire que le. râle de déplissement doil son origine. On comprend fort bien alors pourquoi les grandes inspirations et les secousses de toux sont souvent nécessaires à sa production et l'on comprend aussi pourquoi ce râle n'est jamais entendu

qu'à l'inspiration et à la fin de l'inspiration.

Il nous reste à expliquer l'absence de ce signe. Nous avons estimé, avec M. Chappet, aux deux tiers des pneumonies, le nombre des cas où ce phénomène existait.

Pourquoi, dans cerlaines pneumonies, le râle n'existet-il pas ou ne saurail-il être perçu ? Peut-être faut-il rapprocher ce fait de celui que nous signalions plus haut, à savoir que les frottements pleuraux et les râles ne coexistaient à peu près jamais, et de cet autre fait que les malades de nos observations élaient atteints le plus souvent de pneumonies bénignes.

Et alors, on pourrait supposer que l'intensité des manifestations pleurales est en rapport avec l'intensité de la pneumonie, une pneumonie grave s'accompagnant de lésions accentuées de la plèvre Il faudrait voir, en outre, une relation entre les lésions de la séreuse pulmonaire et le râle de déplissement. Et celui-ci n'existerail pas ou, du moins, ne serail pas perçu dans les cas où Ia plèvre serail atteinte avec quelque intensité.

Même dans les cas où l’on n’a pas noté de frottements pleuraux, le râle de déplissement ne pourrait se produire, par un phénomène pour ainsi dire mécanique, lorsque des exsudats épais el consistants lapissent la plèvre viscérale.

Nous n'insisterons pas sur celle idée, qui n’est qu'une hypothèse à laquelle il ne faut pas attacher plus d'im-

portance qu'elle n’en comporte.

RTE ROUE

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