‹ Le Râle de Déplissement Alvéolaire: Dans la PneumonieChapitre 8 sur 26 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Pneumonie lobaire de la base droite

Simon C...., 32 ans, corroyeur, célibataire.

Rien à noter dans les antécédents héréditaires, si ce n’est une sœur morte de tuberculose pulmonaire.

Personnellement, a eu une pleurésie droite à 20 ans, plusicurs attaques de rhumatisme subaigu depuis 20 ans. À contracté la SYphilis à 29 ans.

Le 23 Mars au soir, il est pris de frissons violents, suivis d’un point de côté à la face postérieure de l’hémithorax droit, toux, quelques crachats teintés de sang.

La toux et la dyspnée vont en s’accentuant, et le malade se décide à entrer à l’Hôtel-Dieu le 28, au VIr* jour.

L'examen des poumons révèle à droite de la matité, depuis l’épine de l’omoplate jusqu'à la base. Les vibrations sont augmentées, souffle tubaire peu intense. Räles fins dans toute la hauteur de la matité.

Le 29. - Défervescence.

Le 50. - Le malade présente dans la moitié inférieure du poumon droit, mêlés à des râles sous-crépitants, et au début de l'inspiration au maximum de la respiration soufllante, des râles très fins, superficiels. Ils apparaissent plus superficiels, plus fins et plus secs au milieu des râles sous-crépitants de retour. Ceux-ci sont en moins grande abondance. Les ràles fins sont inspiratoires. [ls disparaissent par moment en certains points, pour reparaître après la toux et dans les grandes inspirations.

Ces bruits fins ne sont pas toujours très distincts les uns des autres, ils sont comme chevauchés, donnant l'impression d'une continuilé dans le bruit, d'un souflle grinçant, d’un grincement. Plus on se dirige vers la base, moins ces ràles fins sont purs. A la base même, ils sont difficilement distingués des ràles sous-crépilants qui y prédominent.

Leur confluence et le bruit qui en résulte est tel qu'il s'entend dans loule la zdne hépalisée, et peut-êlre au-delà, comme un souffle grinçant propagé.

31 Mars. - Bon état général. - Expectoration abondante et rouillée. Les crachats examinés au laboratoire de bactériologie de la l'aculté contiennent des chaïînettes de streptocoques et d'assez nombreux pneumocoques. va

Expiralion soufflante loujours aussi intense, râles de déplissement alvéolaire. À la base et latéralement, ràles qui semblent sous-crépitants. Ce n’est que plus haut qu'il y a de vrais bruits de dépiissement.

1e Avril. - Vibrations toujours exagérées. La submalité et les autres signes persistent Bronchophonie. Les räles de déplissement semblent diminuer, et dans certains points n'apparaissent qu'après la toux. En ces points la respiration est seulement soufflante à l'inspiration.

> Avril. - La respiralion est plus soufflante Les râles de déplissement, qui avaient paru diminuer, semblent au contraire maintenant plus intenses.

3 Avril. - Les râles de déplissement ne s'entendent actuellement qu'après la toux, et disparaissent graduellement. La toux est en

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méme lemps grinçante. À la base, on a toujours le souffle, mais assez allénué.

5 Avril. - Persistance dans les respiralions ordinaires, à la base, de râles sous-crépitants très nets. « Le bruit de grincement de déplissement » existe seulement après la toux.

6 Avril. - Mèmes phénomènes : râles de déplissement après râles sous-crépilants dans les grandes inspiralions.

7 Avril. - Le malin, les râles sous-crépitants ont à peu près complètement disparu.

A la respiralion normale, on ne distingue plus aucun bruit pulmonaire anormal. Ce n’est plus que dans les grandes inspirations, et surtout dans celles qui suivent la toux, que le bruit de déplissement, de grincement apparait dans loute sa nelleté.

Persistance de la matité de la base, moins nelle pourtant. Persistance de Faugmentalion des vibrations.

8 Avril, - Mêmes caractères du ràle de déplissement. Aucun bruit anormal dans la respiration de moyenne amplitude. Les ràles n’apparaissent que dans les grandes inspiralions, et après la toux.

9 Avril. - Les ràles de déplissement persistent après la loux seulement.

8 Avril. - Léger déplissement, difficilement perceptible.

or Avril. - Les ràles de déplissement ont complètement disparu.

22 Avril. - Le malade part guéri.

GEAR RERERRENT

Diagnostic et Séméiologie

Le räle de déplissement alvéolaire demande à être minulieusement recherché. Lorsque, quelques jours après la défervescence, on trouve une crépilation fine en un point où siégeait (et où siège encore le souffle) cette crépitation ne présente pas de bien grandes difficultés diagnostiques.

Le râle crépitant vrai, celui du début de la pneumonie, est, de tous, celui qui offre avec lui le plus d'analogie.

Ce diagnostic présente un intérêt primordial puisque, suivant qu'il s'agira de Fun ou l'autre räle, le diagnostic de la période de la maladie sera différent. Dans un cas, il s'agira d'une pneumonie à la phase d'engouement: dans l'autre, l'hépatisalion aura fait place à la résolution. Sans doute, il est bien exceptionnel que les phénomènes du début aient passé inaperçus, et au lieu que le diagnostic du râäle serve à faire celui de la maladie, en général ce sera l'inverse qui se produira ; néanmoins Îles formes

frustes ne sont pas si rares pour que le diagnostic des

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