‹ Le réalisme du romantismeChapitre 116 sur 211 · Pensées d'août, A M. Villemain · texte numérisé non relu

Pensées d'août, A M. Villemain

psychologue qu'un philosophe , et , suivant sa propre expression, qu1 « une sorte de moraliste épique1 ».

Cependant les réalistes qui, dans la seconde moitié du xixc siècle, feront ce qu'on appelle de la poésie psychologique, relèvent sans nul doute du romantisme; ils se rattachent à Sainte-Beuve ou à Victor Hugo.

Observant la nature de près, Sainte-Beuve fut un observateur non moins attentif de l'âme humaine, et c'est par là aussi qu'il définissait son originalité propre2. Il exprima avec une fine exactitude ce que l'âme peut receler de plus secret et de plus subtil. Pourquoi ses personnages, les Marèze, les Monsieur Jean, les Doudun, ont-ils des figures peu vivantes? Il se borne à noter les divers états de leur moi. L'élan lui manque, et le souffle, et l'essor; mais il porte dans la poésie toutes les qualités de précision, de délicatesse et de tact grâce auxquelles il renouvellera la critique : ses meilleures pièces sont des études, ou, comme il le dit, des élégies d'analyse; et, si le nom de psychologue peut convenir à un poète, aucun autre ne le mérite mieux que lui.

Dans Victor Hugo les Orientales nous montrent le peintre du monde extérieur, et ses recueils d'après l'exil nous montreront l'hiérophante et le

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