Épltre IV
il ne cite de telles fautes de goût que comme ayant, « dans un homme d'un goût aussi pur, quelque chose de frappant qui les rend d'un utile exemple », et il affirme aussitôt son respect pour ce « grand nom », son estime pour cet « excellent esprit ». Tous les romantiques notoires s'accordent à admirer les chefs-d'œuvre classiques. « Qui a jamais parlé, dit Stendhal, de siffler Voltaire, Racine, Molière, génies immortels dont notre pauvre France n'aura peut-être pas les égaux d'ici à six ou huit siècles? Oui a jamais osé concevoir la folle espérance d'égaler ces grands hommes? » Ce qu'il veut seulement, c'est que les poètes nouveaux se puissent enfin débarrasser de « l'armure gênante portée jadis avec tant de grâce par Racine et Voltaire ' ».
Le romantisme répudia cependant la doctrine classique, il la répudia au nom de la nature. Et voilà le fond même de la question. Nous montrerons d'abord que le classicisme n'a véritablement rien de réaliste, et ensuite que, partout où le romantisme s'y oppose, il s'y oppose en vertu de son réalisme.
Dans un mémorable article sur le Naturalisme au XVIIe siècle 2, Ferdinand Brunetière établit que le classicisme fut une réaction contre les trois écoles précédentes, qui avaient déformé la nature de parti pris, soit en la caricaturant, comme l'école burlesque, soit en l'affinant et en l'enjolivant, comme
1. Racine et Shakespeare, Cinquième lettre d'un romantique à un classique.