‹ Le réalisme du romantismeChapitre 13 sur 211 · Études critiques, t. 1", p. 30o et suiv · texte numérisé non relu

Études critiques, t. 1", p. 30o et suiv

l'école précieuse, soit en l'amplifiant et en la magnifiant, comme l'école emphatique. Mais qu'est-ce donc à dire? Si le classicisme n'est ni emphatique, ni précieux, ni burlesque, cela ne suffit point pour qu'on le qualifie de réaliste. Et nous trouverions plus de réalisme, à maints égards, chez tels poètes antérieurs, chez Régnier, par exemple, ou chez certains autres que ne ménage pas l'auteur de YArt poétique, Théophile en particulier et Saint- Amand '.

On peut bien rappeler tel précepte de Boileau :

Que la nature donc soit votre étude unique - ;

ou de Molière : « Lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d'après nature3 » ; ou de La Fontaine :

1. De Théophile, citons au moins ces strophes, empruntées à sa pièce du Matin :

La charrue écorche la plaine ; Le bouvier, qui suit les sillons, Dresse, de voix et d'aiguillons, Le couple de bœufs qui l'entraîne.

Alix apprête son fuseau ; Sa mère, qui lui fait la tâche, Presse le chanvre, qu'elle attache A sa quenouille de roseau...

Le forgeron est au fourneau; Ois comme le charbon s'allume.

Le fer rouge, dessus l'enclume, Étincelle sous le marteau.

Cette chandelle semble morte ; Le jour la fait évanouir.

Le soleil vient nous éblouir; Vois qu'il passe à travers la porte.

Quant à Saint-Amand, sans parler de ses poésies burlesques, dans lesquelles il y a pourtant bien des traits de réalisme, indiquons au moins certains passages du Moïse sauvé et quelques pièces telles que le sonnet intitulé Fumée et Vent.

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