‹ Le réalisme du romantismeChapitre 124 sur 211 · Cf. p · texte numérisé non relu

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cierges ont-ils forcément quelque chose d'étrange ou d'anomal? Ni Gustave Flaubert ni Guy de Maupassant ne retracent des monstres. Quoique tout soit dans la nature, on ne saurait pourtant qualifier les bizarreries de naturelles. Aussi l'écrivain réaliste n'en fait-il point la matière de son œuvre. Romancier ou auteur de théâtre, il reproduit de préférence la vie ordinaire et l'homme moyen; poète lyrique, il exprime des sentiments où nous reconnaissons les nôtres.

Or, quelle est la nature des sentiments exprimés par les lyriques du romantisme?

Tout au plus en citerait-on deux, Sainte-Beuve et Charles Baudelaire, dont le moi puisse sembler exceptionnel.

« Dire ce que nul n'avait encore dit et ce que nul autre que nous ne pourrait rendre », voilà, déclare Sainte-Beuve « l'objet et la fin de tout écrivain original1. » Et l'on ne saurait nier que ses recueils poétiques ne dénotent une sensibilité particulièrement raffinée et subtile. Mais reportons-nous au temps où parurent Joseph Delorme, les Consolations, les Pensées d'août. Sainte-Beuve n'y fait qu'analyser une forme spéciale de ce qui s'appelait alors le mal du siècle, et beaucoup de ses contemporains y retrouvèrent leur propre moi.

Quant à Baudelaire, est-ce bien un romantique? C'est du moins un romantique de la « décadence », d'une décadence où il se complaît et dont il tire gloire. « Un peu de charlatanisme, disait-il, est permis au génie ». Dans une note des Fleurs du mal, il nous avertit qu'il a dû, « parfait comédien »,

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