‹ Le réalisme du romantismeChapitre 125 sur 211 · Cf. la préface des Méditations · texte numérisé non relu

Cf. la préface des Méditations

avec Sainte-Beuve, lui demandait un jour comment Lamartine pouvait être à la fois « si élevé » et « si populaire ». « M. de Lamartine, répondit-il, part toujours d'un sentiment commun... Il est un cygne s'enlevant du milieu de la foule qui Ta vu et aimé pendant qu'il marchait et nageait à côté d'elle; elle le suit jusque dans le ciel où il plane comme l'un des siens, ayant seulement de plus le don du chant et des ailes '. » Lorsque parurent les Méditations, Cuvier les comparait à des chants mélodieux qu'un promeneur entend dans la solitude et qui lui renvoient un écho de ses impressions les plus secrètes, les plus profondes. Et l'on en dirait autant des recueils postérieurs; on le dirait encore mieux des Harmonies, car « les particularités individuelles » y ont encore moins de place2 et le poète ne fait qu'y traduire les émotions de toutes les âmes religieuses en célébrant la nature et en louant le Créateur.

Quant à Victor Hugo, convenons qu'il évolua du « subjectif » vers Y « objectif ». Mais son subjectivisme n'a rien qui l'excepte de la foule des hommes, et c'est durant la première partie de sa carrière qu'il leur ressemble davantage. D'ailleurs, lisons les critiques dont le jugement lui fut le plus sévère. M. Jules Lemaître et Brunetière s'accordent à le taxer de banalité. L'un réduit son œuvre en apophthegmes tels que ceux-ci : « Soyons bons. — Évitons même les petites fautes. — Dieu est grand. — La nature est mystérieuse. — L'âme est immortelle, etc. 8. » L'autre assure qu' « un des traits à la fois de son caractère et de son génie poétique »

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