Ibid., ibid., scène v
Quoi, Seigneur? le sultan reverra son visage J? Elle veut, Acomat, que je l'épouse. — Hé bien 2!
Voltaire nous apprend que, de son temps, on tenait ces vers pour « communs ». Lui-même n'y trouve point à redire, mais il les compare à des fils de laiton qui joignent des diamants et des perles3. Et, depuis, les délicatesses du goût se raffinèrent toujours davantage; on taxait la simplicité de bassesse et le naturel de platitude.
Il y eut cependant quelques novateurs. Tout en respectant les règles, Voltaire rendit l'action plus libre, plus vive, plus rapide, et rechercha la couleur historique dans la représentation des mœurs ou même des caractères. Après lui, d'autres poètes essayèrent, à son exemple, de rajeunir et de diversifier le genre tragique ; mais ils ne devaient qu'en prolonger la vieillesse languissante.
Ducis, admirateur de Shakespeare, fait successivement jouer Hamlet, Roméo et Juliette, le Roi Lear, Macbeth, Othello : ces tragédies ne sont que de pâles adaptations; il y édulcore le poète anglais afin de raccommoder au goût pseudo-classique. « Outre les irrégularités sauvages dont le drame abonde, dit-il àHamlet, le spectre, les comédiens de campagne et le combat au fleuret m'ont semblé des ressorts absolument inadmissibles »; et le voilà donc « obligé en quelque façon de créer une pièce nouvelle4 ». Il déclare s'être attaché, dans son Mac-