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Première préface de Britannicus

2. Cf. Stendhal : « La tragédie racinienne ne peut jamais prendre que les trente-six dernières heures d'une action : donc jamais de développement de passion. 11 est intéressant, il est beau de voir Othello, si amoureux au premier acte, tuer sa femme au cinquième. Si ce changement a lieu en trente-six heures, il est absurde, et je méprise Othello » (Racine et Shakespeare).

deviendra par la suite, les traits dominants de son caractère sont « la gaieté, l'insouciance, l'esprit d'aventure et de plaisir * » ; une fois empereur, nous voyons se marquer chez lui la fermeté, la hauteur et la prudence relevée d'audace où l'on reconnaît Charles-Quint.

A l'égard de l'action, elle consistait chez les classiques en ce qu'Alfred de Vigny appelle « le tableau resserré de la catastrophe d'une intrigue ~ ». Pour observer les unités, le poète devait opprimer et mutiler la nature. Des unités, comme le remarque encore Vigny, procède « cette parcimonie de scènes et de développements, ces faux retardements, et, puis, tout à coup, cette hâte d'en finir, mêlée à cette crainte que Ton sent partout de manquer d'étoffe3 ». Œuvre spécieuse et savante, la tragédie ne veut point imiter la nature, l'imiter du moins avec autant d'exactitude que le permettent les nécessités théâtrales. Elle la simplifie, la rectifie et l'unifie selon des règles purement logiques. S'élevant, dans la préface de Cromwell, contre les « routiniers » qui allèguent la vraisemblance en faveur de ces règles, Victor Hugo montre que « le réel les tue ». Sans porter atteinte à l'unité dramatique, le romantisme se libère des unités afin de rendre le théâtre plus réel.

Les classiques, d'autre part, mettent en récit tout ce qui ferait impression sur les sens. « Nous ne voyons, dit Victor Hugo, que les coudes de l'action;

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