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Art poétique, chant III, v. 52 et suiv

prendre modèle, avaient parfois mêlé des scènes de comédie au poème tragique; il cite celle du Phrygien dans Oresle, et, dans Hélène, celle de Ménélas avec la portière du palais *. Les classiques, eux, séparaient rigoureusement les deux genres. Boileau déclare que la comédie exclut de « tragiques douleurs »2; et du reste il ne paraît pas permettre, comme Horace, qu'elle hausse parfois le ton. A Tégard de la tragédie, il croit inutile de lui interdire le comique, tant un pareil mélange semblait alors quelque chose de monstrueux. La tragi-comédie elle-même demeure toujours grave : ce qui la distingue de la tragédie proprement dite, c'est que ses sujets sont fictifs et que son dénouement peut être heureux; aussi bien, quand parut Racine, aucune tragi-comédie nouvelle n'avait été représentée depuis plus de vingt ans. Le classicisme n'admet ni le moindre élément tragique dans une comédie, ni surtout le moindre élément comique dans une tragédie 3. Or, en isolant les deux éléments l'un de l'autre, il sacrifiait encore la réalité au noble idéal selon lequel se concevait la tragédie. Et la nouvelle école, en les unissant, fit pré-

1. 11 aurait pu en citer bien d'autres, non seulement d'Euripide, mais aussi d'Eschyle et de Sophocle : d'Eschyle, celle où l'Océan propose à Prométhée d'intervenir auprès de Jupiter (Prométhée enchaîné), celle où la nourrice d'Oreste, rappelant quels soins elle a pris de son nourrisson, indique les détails les plus humbles et les plus vulgaires (les Choéphores); de Sophocle, celles où paraissent le garde, dans Antigone, et, dans Œdipe roi, le messager.

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