‹ Le réalisme du romantismeChapitre 159 sur 211 · Iphigénie, acte I, scène i · texte numérisé non relu

Iphigénie, acte I, scène i

Le théâtre tragique refuse tout accès à ces choses réelles et concrètes dont le drame entier s'imprègne et se colore.

L'homme lui-même, ainsi détaché du monde sensible, il nous en montre l'âme seule. Les personnages de la tragédie ne connaissent aucun besoin, aucune souffrance du corps : leur existence est purement morale. Si parfois le poète les marque de quelque trait extérieur, c'est en recourant aux artifices du langage, aux mots nobles, à la périphrase *. Le moindre détail susceptible d'évoquer la réalité matérielle altérerait tout de suite la tragédie dans son essence et démentirait la convention fondamentale qu'elle implique. Ici encore les romantiques rappellent le théâtre à la nature. De ce monde fictif où les Corneille et les Racine transportaient leurs personnages, ils nous ramènent sur la terre. Ils représentent de véritables hommes, en chair et en os; ils les déterminent, les caractérisent et les font vivre par la notation de ces traits physiques auxquels répugnait l'idéalisme de la tragédie.

Quant à la peinture des âmes, tandis que la tragédie montrait de préférence leur fond universellement humain, le drame veut diversifier la vérité universelle en y ajoutant la vérité historique. Et de là ce que les novateurs appellent couleur locale.

La couleur locale du théâtre romantique manque souvent d'exactitude relativement aux faits matériels ou même aux sentiments. Dans les pièces de Victor Hugo, l'on signale plus d'une erreur : dans Buy

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