‹ Le réalisme du romantismeChapitre 16 sur 211 · Prêché en · texte numérisé non relu

Prêché en

rible spectacle! Gorgon gisant sur un lit de charbons ardents, fondant de tous les côtés par la force du feu et nourrissant de ses entrailles une flamme pâle qui le dévorait '.

Ainsi Bossuet, dans ses premiers sermons, ne craint pas de peindre la réalité la plus crue. Mais qu'est-ce qui va arriver? L'influence classique, quand il aura quitté Metz, fera bientôt prévaloir sur son réalisme inné le souci du style noble, les scrupules d'une « politesse » que révolteraient de pareils tableaux. Parcourons, en suivant l'orde chronologique, le recueil de ses sermons postérieurs : nous verrons tomber peu à peu, non seulement les vieux mots, selon la remarque d'un de ses biographes2, mais aussi les traits réalistes. Lorsqu'on lit ses sermons de Paris après avoir lu ceux de Metz, « on éprouve, dit Sainte-Beuve, comme le passage d'un climat à un autre3». S'il choquera toujours les puristes contemporains par ses familiarités et ses audaces, s'il exprimera jusqu'à la fin « les glorieuses bassesses du Christianisme », il se garde bien désormais de peindre la réalité avec cette vigoureuse couleur et cet âpre relief'.

Brunetière cite encore des vers de Boileau. Ceuxci, dans la description du « Repas ridicule » :

1. Ce Panégyrique fut prononcé en 164!). Dans une version antérieure, Bossuet montrait Gorgon « ne cessant de louer Jésus-Christ au milieu de ces exhalaisons infectes qui sortaient de la graisse de son corps rôti ».

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