Cf. le même ouvrage
tique, sont aussi, à des titres divers, les premiers maîtres de nos historiens modernes.
La Littérature, parue en 1800, annonce déjà une phase nouvelle dans l'évolution du genre historique. Sans doute l'histoire littéraire en fait l'objet propre. Mais Mme de Staël ne la considère pas uniquement au point de vue de l'art ; elle envisage la littérature comme élément de la civilisation générale, comme produit de la « raison », et « analyse les causes morales et politiques qui la modifient ». Expliquer soit « l'influence de la religion, des mœurs et des lois sur la littérature », soit « l'influence de la littérature sur la religion, les mœurs et les lois1 », tel est le but qu'elle se propose. L'intérêt principal de son ouvrage consiste donc à marquer les différences essentielles que détermine entre les peuples la diversité du régime politique, social et religieux. Ainsi c'est, dans le vrai sens du mot, un ouvrage historique; et d'ailleurs elle y mérite excellemment le nom d'historien par cette faculté de distinguer qu'implique la définition du romantisme2.
Deux ans après, Chateaubriand publiait le livre auquel remonte l'ère nouvelle. Classique comme artiste, de lui cependant dérivent en grande partie les sentiments ou même les idées dont s'inspirera la jeune génération. Et, s'il renouvela tous les genres, aucun ne lui doit plus que l'histoire : n'est- ce pas