‹ Le réalisme du romantismeChapitre 169 sur 211 · Préface de · texte numérisé non relu

Préface de

LES GENRES LITTERAIRES : flISTOIRE, CRITIQUE. 243

« spirituelle », devint aussi plus « matérielle » ; plus spirituelle, parce qu'il étudiait non seulement les institutions, mais encore les idées, les mœurs, « le grand mouvement progressif intérieur de l'âme nationale » ; plus matérielle, parce qu'il tint compte non seulement de la race, mais encore du sol, du climat, des aliments, des circonstances ou conditions physiques et physiologiques. Morceler l'histoire, c'est la fausser. Les diverses parties s'en éclairent l'une l'autre. Celle qu'on isole n'a plus, ainsi détachée de l'ensemble, qu'une vérité factice ou même qu'une unité superficielle; et notamment l'histoire politique ne peut être bien comprise quand on l'abstrait de l'histoire religieuse, philosophique, morale ou littéraire. Pour retrouver la vie, on doit « la suivre en toutes ses voies, toutes ses formes, tous ses éléments », bien mieux, on doit « rétablir le jeu de tout cela, l'action réciproque des forces1 ». Ainsi procède Michelet : et, en montrant à l'œuvre, dans la solidarité de leurs fonctions respectives, les divers agents parle concours desquels la vie se développe et se manifeste, il ressaisit cette réalité organique dont toutes les parties forment un seul corps. Essentiellement réaliste, il conçoit l'histoire de la même façon que les romantiques conçoivent le drame. Selon Victor Hugo, le drame devait peindre toute la vie et tout l'homme, mettre en scène le corps aussi bien que l'âme, allier le « grotesque » et le « sublime », présenter une image complète de la nature ; voilà l'idée générale où se ramène la préface de Cromwell. Encore y avait-il, antérieurement au romantisme, deux genres dramatiques, et la

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