‹ Le réalisme du romantismeChapitre 184 sur 211 · Pensées, t. 111 des Portraits littéraires, p. 545 et · texte numérisé non relu

Pensées, t. 111 des Portraits littéraires, p. 545 et

clure ainsi : « Le physiologiste, avant tout curieux, venait à la traverse du littérateur, qui veut le goût avant tout. Le dirai-je? je suis comme Sieyès J ». En 1836, dans un article sur Nisard, il ne craint pas d'assimiler le critique à un disséqueur. « M. Nisard, écrit-il, se rappellera que nous sommes plutôt pour la littérature réelle et particulière que pour la littérature monumentale... La critique d'un écrivain sous notre plume risque de devenir une légère dissection anatomique ~. » Anatomie ou physiologie, Sainte-Beuve, dès sa première manière, admit dans la critique tout ce qu'elle peut emprunter avec profit aux sciences naturelles.

On affirme cependant que sa méthode n'a rien de vraiment scientifique. On va même plus loin. « Tout l'effort de la critique au xixe siècle », déclaret-on, fut « de se constituer en science, et c'est précisément contre cet effort que Sainte-Beuve réagit3 ». Fallacieuse affirmation, qui repose sur une équivoque.

Sainte-Beuve signalait déjà en 1828 4 les « trois influences » dont, vingt-cinq ans après, on devait faire tant de bruit. Quanta la « faculté maîtresse », il l'indique dans Port-Royal sous le nom de faculté primordiale et la définit comme « une diversité originelle qui désigne chaque individu marquant et qui est l'âme de chaque physionomie ». Le premier il exposa la méthode réaliste de la critique, le premier il l'appliqua lui-même autant qu'elle est appli-

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