‹ Le réalisme du romantismeChapitre 186 sur 211 · Nouveaux lundis, t. III, p · texte numérisé non relu

Nouveaux lundis, t. III, p

tains liens, certains rapports, il les indique avec toutes les précautions où l'oblige le respect môme de la science. Son réalisme consiste justement à ne contraindre l'esprit critique dans l'armature d'aucun système, à ne pas outrepasser les faits, à mesurer enfin ses ambitions sur les moyens dont la science dispose.

On veut que la critique, après Sainte-Beuve, soit devenue plus réaliste; cette opinion générale doit s'expliquer sans doute par l'apparat scientifique que ses successeurs ont complaisamment étalé.

L'école naturaliste moderne ne reconnut point Sainte-Beuve pour le maître de la critique. Emile Zola entre autres le met fort au-dessous de Taine. Convenant que Sainte-Beuve a eu raison d' « analyser les écrivains les uns après les autres, tête par tête », qu'il s'acquittait là « d'une besogne excellente » et qu'on doit « commencer » ainsi, Zola le blâme de « ne jamais conclure », de « fuir la synthèse » et de ne pas dégager « la loi qui régit l'évolution littéraire des sociétés1 ». C'est le blâmer de s'interdire les assertions prématurées et spécieuses, de suivre la méthode naturaliste. Et nous nous demanderions comment le théoricien du naturalisme peut lui adresser un tel reproche, si nous ne savions à quel point l'imagination de Zola prédominait sur ses velléités d' « homme de science ». Il a beau invoquer Claude Bernard. Celui-ci déclare qu' « on entasserait les documents pendant des

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