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Correspondance, t. II, p

LE ROMANTISME DANS LA SECONDE MOITIE DU XIXe S. 283

de saint Antoine, conçue dès Tannée 1845, devant un tableau de Breughel ' ; là, il « n'avait qu'à aller », ou, mieux encore, qu'à « s'en donner2 ». Mais, écrivant bientôt après Madame Bovary, il était « comme un homme qui jouerait du piano avec des balles de plomb sur chaque phalange3 ». Et, tandis qu'il se contraignait par système d'exprimer, dans Madame Bovary, les vulgarités de la vie ambiante, il imaginait déjà une œuvre superbe et fastueuse, un livre à fresques splendides, à « grandes histoires peintes du haut en bas4; » ce fut Salammbô. Plus tard, écrivant Bouvard et Pécuchet, il interrompit sa tâche, laissa de côté ses deux« bonshommes », dont la platitude lui soulevait le cœur, et, pour récompense d'un ingrat et fastidieux travail, « s'offrit » la Légende de saint Julien. « Ce qui m'est naturel, dit-il, c'est... l'extraordinaire, le fantastique, la hurlade métaphysique, mythologique 5. » Dans les derniers temps de sa vie, il préparait un roman de mœurs contemporaines0. Mais ce roman, nous diton, « ne mordait guère sur son esprit7 ». Un autre projet le passionnait; il rêvait de faire sur la bataille des Thermopyles je ne sais quel poème d'une simplicité grandiose, d'une gravité austère à la fois et fervente.

Gustave Flaubert se sentait comme dépaysé parmi les « bourgeois » de son siècle; il eût voulu vivre dans l'ancienne Grèce ou dans la Rome impé-

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