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Le Roman expérimental, article sur le Réalisme, p

2. Gustave Flaubert, par É. Faguet (Collection des Grands Écrivains français), p. 143.

3. Quand il en est à la promenade à cheval, il a « la gorge serrée ». « Tantôt, dit-il, au moment où j'écrivais le mot attaque de nerfs, j'étais si emporté, je gueulais si fort, et sentais si profondément ce que ma petite femme éprouvait, que j'ai eu peur moi-même d'en avoir une » (Corresp., t. II, p. 358). Lorsque Mme Bovary s'empoisonne, le goût de l'arsenic le « fait vomir ». ■< J'étais si bien empoisonné moi-même que je me suis donné deux indigestions coup sur coup » (Ibid., t. III, p. 349). — Au surplus, Flaubert n'est pas aussi impassible qu'il l'aurait voulu. « Je me suis toujours défendu de rien mettre de moi dans mes œuvres, dit-il; pourtant j'en ai mis beaucoup » (Corresp,, 1. 1, p. 128). Et encore : « Mes personnages m'affectent,

de certain romantisme, c'est un peu comme l'auteur de Don Quichotte raillait celles de la chevalerie.

Il n'était pas plus réaliste au point de vue esthétique qu'au point de vue moral. Le beau, le beau formel, le beau plastique, voilà son objet suprême. « Ah ! disait-il, je les aurai connues, les affres du style1. » Et d'autres écrivains les connurent aussi; mais Flaubert ne s'attache pas seulement à la justesse et à la netteté, à la concision et à la vigueur, à l'éclat, au nombre. Pour lui, ce n'est point encore suffisant. Il veut une phrase « rythmée comme le vers, avec des ondulations, des renflements de violoncelle », avec « des aigrettes de feu2 ». Selon Flaubert, le chef-d'œuvre absolu serait un livre sans sujet, « un livre sur rien, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style3. » « Je me souviens, raconte-t-il, d'avoir eu des battements de cœur, d'avoir ressenti un plaisir violent en contemplant un mur de l'Acropole, un mur tout nu... Eh bien, je me demande si un livre, indépendamment de ce qu'il dit, ne peut pas produire le même effet. Dans la précision des assemblages, la rareté des éléments, le poli de la surface, l'harmonie de l'ensemble, n'y a-t-il pas une vertu intrinsèque, une espèce de force divine?4 » Il écrit à George Sand : « Je regarde comme très secondaire le détail technique, le rensei-

rae poursuivent, ou plutôt c'est moi qui suis en eux » (Ibid., t. III, p. 349). Quelques efforts qu'il fasse pour cacher son émotion, nous la sentons parfois, ou du moins nous pouvons la deviner.

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