‹ Le réalisme du romantismeChapitre 22 sur 211 · Art poétique, chant II, v · texte numérisé non relu

Art poétique, chant II, v

l'eu1 ». L'ode pindaresque emprunte son éclat, sa grandeur, sa vérité fervente, aux traditions et aux symboles nationaux, aux légendes héroïques dont elle est la solennelle commémoration. Boileau, n'en retenant que ce qu'elle a d'extérieur, la caractérise par des épithètes convenues, et croit trouver le secret du lyrisme dans la simulation d'un beau désordre2.

Une fois, il se mit en tête d'imiter Pindare; il composa, sur la prise de Namur, une ode « à la manière de ce grand poète 3 » :

ou bien

Quelle docte et sainte ivresse Aujourd'hui me fait la loi ?

Est-ce Apollon et Neptune Qui, sur ces rocs sourcilleux, Ont, compagnons de fortune, Bâti ces murs orgueilleux ?

ou encore :

Déployez toutes vos rages, Princes, vents, peuple, frimas; Ramassez tous vos courages, Rassemblez tous vos soldats.

Sans doute, l'ode sur la prise de Namur est « pleine de mouvements et de transports4 ». Mais ces transports et ces mouvements, dont se glorifie Boileau, dénotent une rhétorique de convention. Il peut bien exalter son audace « jusqu'à parler de la plume blanche que le roi porte ordinairement à son chapeau 3 » : sous cette exaltation de commande,

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