‹ Le réalisme du romantismeChapitre 25 sur 211 · Ibid., ibid., v · texte numérisé non relu

Ibid., ibid., v

On allègue que les noms d'Ulysse, d'Hélène ou d'Oreste lui étaient chers comme « évoquant tout un long- cortège de souvenirs1 ». Mais quelle raison fait-il valoir?

D'un seul nom quelquefois le son dur et bizarre Rend un poème entier ou burlesque ou barbare2.

Disons, si l'on veut, que Boileau ne trouve poétique aucune épopée dont les personnages ne soient empruntés à l'antiquité grecque ou romaine.

De même enfin pour la poésie pastorale. Il raille les idylles de Ronsard; quoiqu'elles peignent, sous des noms villageois, de grands seigneurs et de grandes clames, il ne leur pardonne pas de changer

Lycidas en Pierrot et Philis en Toinon3.

On ne peut, selon lui, faire de bonnes idylles sans imiter Virgile et Théocrite. Or Théocrite, artiste très raffiné et le familier des rois, avait eu du moins sous les yeux, dans les campagnes syracusaines, des chevriers et des bouviers tels que ceux dont il retrace la figure ; et il sut concilier avec les exigences de l'art la rusticité du genre bucolique. Quant à Virgile, si admirables que soient ses églogues par la grâce et l'élégance de la diction, par un vif sentiment de la poésie champêtre, il y met souvent en scène des bergers conventionnels. Et cependant Boileau, qui ne voit pas que les idylles de Théocrite doivent leur beauté à l'imitation directe de la nature, recommande aussi bien celles de Virgile, sans en voir les côtés factices. Mais que

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