‹ Le réalisme du romantismeChapitre 29 sur 211 · Dans le passage précédemment cité · texte numérisé non relu

Dans le passage précédemment cité

lorsqu'ils entreprirent de réformer le théâtre, justifièrent plus d'une fois leurs innovations en citant les irrégularités de Don Juan ou ce mot fameux que prononce Dorante dans la Critique de VÉcole des femmes : « La grande règle de toutes les règles est de plaire1 ». Pourtant Molière, quelque indépendance dont il fasse profession, suit de son mieux la discipline classique. Un sujet tel que celui de Don Juan ne pouvait se traiter selon les règles ordinaires. Et, s'il choisit ce sujet, c'est qu'il le voyait, sur d'autres scènes, attirer la foule par le fantastique de certains épisodes, par la variété et la vivacité de l'action, par l'éclat des décors. Au surplus la pièce, écrite en vue du gros public, ne comptait guère dans son œuvre2. Toutes les comédies qu'il écrivit pour les « honnêtes gens » observent les formes traditionnelles. Quant au mot de Dorante, ne le prenons pas dans le sens où nos critiques veulent l'entendre : les honnêtes gens, pour lesquels Molière composa la plupart de ses pièces, exigeaient l'observation des règles; on ne leur plaisait qu'en les suivant. Et lorsque Dorante, qui paraît d'abord y attacher si peu d'importance, s'entend accuser de défendre une mauvaise comédie, il soutient que VÉcole des femmes ne pèche contre aucune des règles en vigueur. « Nous n'avons point, dit-il, de pièce plus régulière. » Au fond, l'auteur de Don Juan était d'accord avec Boileau sur la « pratique » du théâtre3.

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