Thomas Corneille la remania et la mit en vers
3. On sait à quel point Racine respectait les règles. Comme Molière cependant et presque dans les mêmes termes, il déclarait que « la principale règle est de plaire (et de toucher) ». (Préface de Bérénice.) Rien là d'étonnant : pour plaire et
LE ROMANTISME OPPOSE AU CLASSICISME. 3b
» Parmi les écrivains du xvn* siècle, un seul peutêtre, Saint-Évremond, osa attaquer ces règles. Il les juge inefficaces : « On n'a jamais vu tant de règles, remarque-t-il, pour faire de belles tragédies, et on en fait si peu qu'on est obligé de représenter toutes les vieilles ' ». Il les juge d'autre part mal appropriées à une littérature moderne. « La Poétique d'Aristote, remarque-t-il encore, est un excellent ouvrage; cependant il n'y a rien d'assez parfait pour régler toutes les nations et tous les siècles2. » Mais Saint-Évremond, « libertin » par ses idées morales et religieuses, ne l'est pas moins par ses opinions littéraires; et, rendant justice à son ingéniosité, à sa délicatesse, les vrais classiques le considèrent comme un esprit paradoxal.
Tous les théoriciens du classicisme — et Boileau le premier, même s'il concédait quelque liberté au génie que « l'art » opprime, — justifièrent et prescrivirent la discipline consacrée. Tel était le tempérament du siècle. On estimait une œuvre d'autant plus belle qu'elle observe mieux les règles. Boileau ne le dit pas en propres termes; mais pourquoi aurait-il écrit un Art poétique, s'il n'avait cru à leur efficacité?
On ne distinguait même pas le talent du savoir. « J'ai vu, déclare Huet, les lettres décliner et tomber enfin dans une décadence presque entière, car je ne connais presque personne aujourd'hui que l'on puisse appeler véritablement savant. » Objectera-t-on que Huet retarde, qu'il représente un âge
pour toucher, on devait, ainsi que lui-même l'entend, se conformer à la poétique d'Aristote et d'Horace.