Ibid., ibid., v
ses rêves, des objets auxquels volait çà et là son âme légère l. Comme Boileau le dit,
Tout poème est brillant de sa propre beauté2.
La Fontaine avait le tort de ne pas se rendre compte que la beauté de l'apologue doit garder un caractère purement didactique.
Et certes la distinction des genres se fonde, sinon sur la nature, au moins sur la raison humaine. Puisque l'épopée entre autres est un récit, le drame, étant une action, ne saurait admettre tout ce qui convient à l'épopée; et même l'ode et l'idylle, qui sont l'une et l'autre lyriques, conservent chacune sa forme et sa matière spéciales. Seulement, la méthode rationaliste des classiques leur fait méconnaître les affinités en vertu desquelles peuvent communiquer des genres divers. Et voilà donc chaque poète enfermé dans je ne sais quel cadre artificiel; ce n'est plus la nature qu'il a devant soi, c'en est un compartiment étroit et clos.
Ainsi la nature n'apparaît aux classiques que gênée par les règles et les conventions, offusquée par les modèles. Mais d'ailleurs ce mot même de nature qu'ils prennent pour devise, ils y donnent un sens particulier et restreint; leur doctrine retranche de l'art, des « grands genres » tout au moins, une moitié du monde et de la vie.