Cf. Brunetière, Études critiques, t. VI, p
quelques vers d'une de ses épîlres. Même si ces vers avaient le sens qu'on leur prête, le reste de son œuvre suffirait, ce semble, à les démentir. Il écrit dans Y Art poétique :
Des siècles, des pays, éludiez les mœurs ;
Les climats font souvent les diverses humeurs1;
en conclurons-nous qu'il répudie par là le principe capital du classicisme, qu'il conseille de peindre l'homme de tel pays et de tel siècle, non l'homme de tous les siècles et de tous les pays? Mais citons les vers sur lesquels on s'appuie pour faire de Boileau un théoricien du naturalisme :
... La nature est vraie et d'abord on la sent.
C'est elle seule en tout qu'on admire et qu'on aime....
Chacun pris en son air est agréable en soi2.
Brunetière déclare que jamais les naturalistes modernes n'ont formulé leur doctrine d'une façon plus nette et plus absolue; suivant Boileau comme suivant eux, « le problème, dit-il, est de trouver l'air de chacun et de le rendre par des moyens qui lui conviennent et qui, autant que possible, ne conviennent qu'à lui3 ». Or Boileau, dans ces vers, ne dit rien de pareil, rien même qui concerne l'art. Belisons seulement le passage antérieur et nous verrons qu'il parle de la vie civile :
Vois-tu cet importun que tout le monde évite,
Cet homme à toujours fuir, qui jamais ne nous quitte?
Il n'est pas sans esprit; mais, né triste et pesant,
Il veut être folâtre, évaporé, plaisant;
Il s'est fait de sa joie une loi nécessaire,
Et ne déplaît enfin que pour vouloir trop plaire.