Ibid., ibid., v
Il parle d'une impétuosité qui s'accorde fort bien avec le caractère des héros tragiques ou épiques, qui ne peut en aucun cas le déparer.
Et ce n'est pas seulement le laid que les classiques proscrivent, c'est aussi tout ce qui leur semble plus ou moins trivial.
Saint-Amand, l'auteur du Moïse sauvé, montrait, en racontant le passage de la Mer rouge, un enfant
qui va, saute, revient,
Et, joyeux, à sa mère offre un caillou qu'il tient.
« N'imitez pas ce fou », dit Boileau dans son Art poétique l ; et, dans une de ses Réflexions sur Longin, après avoir cité les mêmes vers : « De trop s'arrêter aux petites choses, aux circonstances basses, cela, déclare-t-il, gâte tout 2. » Rien n'est plus juste en soi. Mais souvent les classiques, dont il se fait ici l'interprète, taxent de bas ce que nous qualifions de simple. Dans l'églogue elle-même, le poète atteint, selon Boileau, la perfection du genre, quand son art, toujours préoccupé de noblesse,
Rend dignes d'un consul la campagne et les bois 3.
Et que veut-il dire par ce vers? Sans doute il le prend chez Virgile; seulement, on peut bien croire qu'il ne l'entend pas de la même façon. Pour lui, rendre la campagne digne d'un consul, c'est la nettoyer et la symétriser, c'est en bannir, à moins de les déguiser par l'expression4, les détails de réalité véritablement rustiques, ces détails pris sur le