Cf. les deux préfaces de la pièce
chez Porus « une grandeur d'âme qui nous fût plus étrangère l », qui signalât mieux un prince des Indes.
Ce que Saint-Évremond disait de Racine, il le disait aussi des historiens. Nos historiens, déclaret-il, « ignorent les distinctions particulières qui marquent diversement les qualités selon les esprits où elles se rencontrent ». Et encore : « Nous n'avons qu'un même courage pour tous les gens de valeur, une même ambition pour tous les ambitieux, une même probité pour tous les gens de bien; l'éloge que nous faisons d'un homme de grand mérite pourrait convenir à tous les grands personnages de notre temps2 ». Quelque genre dont il s'agisse, la littérature de xvne siècle représente les figures les plus dissemblables par leurs traits communs.
Saint-Évremond conclut sa dissertation sur Y Alexandre de Racine en remarquant que « notre nation ramène tout à elle ». On ne saurait mieux exprimer ce qu'il a tort sans doute d'appeler « un défaut », ce qui est du moins un caractère essentiel de la littérature classique. Ajoutons seulement que, si les écrivains du xvn° siècle ramènent tout à eux, leur type idéal consiste dans « l'honnête homme ». Or l'honnête homme efface son individualité propre. Et, bien classique sans doute, ce type, par là même n'offre rien de « singulier ». Les personnages que les Corneille et les Racine empruntent à l'histoire de la Grèce ou de Rome ne sont ni Romains ni Grecs; mais, sauf des détails purement extérieurs, ils