‹ Le réalisme du romantismeChapitre 49 sur 211 · Cf. chapitres m et iv · texte numérisé non relu

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soit les nécessités du travail artistique, les novateurs veulent l'exprimer complètement.

En premier lieu, cette nature extérieure dont les classiques ne disaient presque rien, nous la trouvons chez eux partout : elle est le thème essentiel de leur lyrisme; et, quand ils développent d'autres thèmes, l'amour, la mort, le sentiment religieux, ils y mêlent encore la nature, ils l'associent à leurs joies, à leurs tristesses, à leurs rêves, à leurs plus intimes émotions. Mais ce n'est pas seulement la poésie lyrique qui s'en inspire : elle remplit Jocelyn; elle pénètre de toute part la Légende des siècles, où maintes pièces, telles que le Satyre et le Régiment du baron Madruce, lui donnent le premier rôle1. Sur la scène elle-même, les romantiques nous peignent l'homme « enveloppé » par la « création ». « Nul, dit Victor Hugo, ne se dérobe... au ciel bleu, aux arbres verts, à la nuit sombre, au bruit du vent ». Et, caractérisant l'œuvre du « poète complet » : « On entendrait, ajoute-t-il, les oiseaux chanter dans ses tragédies2 ». Tandis que les classiques éloignent d'eux la nature, elle est la source la plus féconde où puise le lyrisme des romantiques, et leur drame comme leur épopée la donne pour cadre à la vie.

N'exprimant que l'humanité morale, le classicisme n'en exprime aussi qu'une portion, et, dans

1. « L'auteur, en racontant le genre humain, ne l'isole pas de son entourage terrestre. Il mêle parfois à l'homme, il heurte à lame humaine, afin de lui faire rendre son véritable son, ces êtres différents de l'homme que nous nommons bêtes, choses, nature morte, et qui remplissent on ne sait quelles fonctions fatales dans l'équilibre vertigineux de la création » (Préface de la Légende des siècles.)

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