‹ Le réalisme du romantismeChapitre 5 sur 211 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Sans cloute Zola, fondateur d'une école nouvelle, ne se croyait pas tenu de rendre justice à l'école antérieure. Mais la plupart de nos critiques contemporains, s'ils usent d'autres termes, portent sur le romantisme un jugement analogue. M. Emile Faguet, quand il s'avise de le définir, le définit par l'horreur de la réalité l ; et Ferdinand Brunetière, lui refusant toute aptitude à rendre exactement la vie ou la nature, en fait un mélange de grotesque et de précieux 2.

Reconnaissons que le romantisme, après deux siècles d'une discipline rationaliste, restaura l'imagination et le sentiment. Or le sentiment et l'imagination, c'est le moi ; et comment le moi n'altérerait-il pas la nature? Poètes, les romantiques n'expriment, dit-on, que des émotions purement individuelles; romanciers ou dramatistes, ils se peignent sous les noms de leurs personnages; historiens, ils substituent à une exacte analyse l'intuition et la divination; critiques, ils apprécient les œuvres selon leur goût particulier. Essentiellement subjective, la littérature romantique passe pour incapable de reproduire le réel.

Mais, si le subjectivisme est sans conteste un trait capital de la littérature romantique, s'ensuit-il qu'on puisse la définir par ce seul trait? On ne définit pas un objet quelconque en se contentant d'énoncer telle ou telle des qualités qui le caractérisent, fût-ce la plus distinctive. Une bonne définition convient à tout le défini; elle est « adéquate ». Or, il y a autre chose dans le romantisme qu'une

1. Gustave Flaubert (Collection des Grands Écrivains français), p. 28.

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