‹ Le réalisme du romantismeChapitre 6 sur 211 · Études critiques, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Études critiques, t. VIII, p

exaltation du moi. La vérité et la nature, voilà le mot d'ordre adopté dès le début par les romantiques. « Le poète, dit Victor Hugo, ne doit prendre conseil que de la nature et de la vérité1 »; et, en y ajoutant l'inspiration — « une véritable nature », elle aussi, — il fait leur part légitime au tempérament, au génie, au moi des écrivains, il ne dément pas la profession de foi naturaliste dont sa préface n'est d'un bout à l'autre que le développement. Aussi bien ce que dit là Victor Hugo, les premiers initiateurs du romantisme, Jean-Jacques Rousseau, puis Chateaubriand et Mme de Staël l'avaient dit avant lui. Et avec lui le dirent les principaux romantiques ; Alfred de Vigny notamment — citonsle de préférence comme le plus idéaliste d'entre eux — atteste que l'art, selon l'esthétique de la nouvelle école, deviendra « tout semblable à la vie2». Par bien des côtés le romantisme est réaliste. Nous ne parlons pas d'une sorte de romantisme proprement « objectif », qui trouva ses interprètes chez les rédacteurs du Globe, Vitet, Magnin, Rémusat, Dubois (déjà réalistes, et prétendant bien l'être3), nous parlons du romantisme tel qu'on l'entend d'ordinaire; — et nous voudrions montrer comment il transforma la conception de l'art en vertu d'un principe éminemment naturaliste, et renouvela d'après ce principe tous les genres littéraires sans excepter le genre lyrique.

Pour mieux convaincre la littérature romantique

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