‹ Le réalisme du romantismeChapitre 59 sur 211 · Discours préliminaire de l'Encyclopédie · texte numérisé non relu

Discours préliminaire de l'Encyclopédie

cette façon; ils ne la concevaient pas en philosophes, mais en artistes; ils lui demandaient d'exprimer non la raison commune de l'humanité, mais le moi, ses sensations et ses émotions.

Pourtant leur chef protesta maintes fois que le romantisme ne voulait rien changer aux règles grammaticales. « Plus on dédaigne la rhétorique, écrit Victor Hugo dans la quatrième préface des Odes et Ballades, plus on doit respecter la syntaxe. On ne doit détrôner Aristote que pour faire régner Vaugelas. » L'année suivante, dans la préface de Cromwell, il renouvelle cette déclaration en termes analogues, et, longtemps après, dans une pièce des Contemplations, il répète encore :

Guerre à la rhétorique et paix à la syntaxe * !

Certains romantiques auraient désiré s'affranchir de la grammaire. Lamartine notamment prétendait, suivant l'auteur de Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, qu'elle n'obligeât point les poètes. « La grammaire, disait-il, écrase la poésie; parlons comme la parole nous vient sur les lèvres. » En affirmant au contraire qu'il entendait la respecter, Victor Hugo se prémunissait tout d'abord contre les attaques des classiques qui accusaient les novateurs de n'observer aucune règle. Et ce respect, du reste, était sincère; nul, parmi les romantiques, ne se soucia davantage de la correction. Mais il distinguait, nous l'avons vu2, entre deux sortes de correction très différentes : d'une part, celle du pseudo-classicisme, convenue et plate; de l'autre,

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