Élégies, II, xvm
De ce meuble vulgaire, en mille endroits percé, Dont se sert la matrone en son zèle empressé, Lorsqu'aux bords onctueux de l'argile écumante Frémit le suc des chairs en sa mousse bouillante '.
Tout aussi ridicules sont maintes périphrases où, même sur la scène, se donne carrière l'adresse des poêles pseudo-classiques. Voici de quelle façon Belloy nous fait savoir par Eustache de Saint- Pierre que les bourgeois de Calais ont mangé jusqu'à leurs derniers chiens :
Le plus vil aliment, rebut de la misère,
Mais aux derniers abois ressource horrible et chère,
De la fidélité respectable soutien,
Manque à l'or prodigué du riche citoyen 2.
En disant : « Je veux que, tous les dimanches, le paysan puisse mettre la poule au pot », Henri IV exprimait un généreux sentiment d'une façon bien triviale ; Legouvé lui prête ces quatre vers :
Je veux enfin qu'au jour marqué pour le repos, L'hûte laborieux des modestes hameaux Sur sa table moins humble ait, par ma bienfaisance, Quelques-uns de ces mets réservés à l'aisance3.
Et comment Melpomène souffrirait-elle un autre langage? La poule l'eût scandalisée et le pot l'eût fait reculer d'horreur.
On peut sans doute railler les susceptibilités du pseudo-classicisme; mais sachons bien que, s'il renchérissait sur les écrivains du xvir siècle, il suivait cependant leur exemple. Les procédés de