Nouveaux Essais de Littérature contemporaine, p
cialistes en un mot ne se serviraient que du langage technique de leur science ou de leur art, aussi longtemps on leur refuserait cette intelligente curiosité, cet intérêt, cette sympathie générale qui leur sont cependant nécessaires... Il leur conseille d'être hommes avant d'être embryogénistes ou hébraïsants1. » Est-ce là le sens de la règle qu'a prescrite Buffon? Pas le moins du monde. La phrase même dans laquelle il la prescrit ne permet aucune équivoque. « A cette première règle dictée par le génie*, si l'on joint du scrupule sur le choix des expressions, de l'attention à ne nommer les choses que par les termes les plus généraux, le style aura, dit-il, de la noblesse. » Il ne se contente point de prohiber les termes techniques dont un honnête homme peut mal connaître le sens : selon lui, — telle est la signification du précepte qu'il formule, — on doit employer les termes généraux afin de « bien parler », de rendre le style « noble ». Et d'ailleurs, si nous concevions à sa manière la noblesse du style, nous ne pourrions nous empêcher de lui donner pleinement raison.
Or, le précepte de Buffon ainsi entendu n'avait rien de nouveau. Selon Brunetière l'exclusion des termes propres « date au plus loin du milieu du xvme siècle » ; et, honnissant ce siècle des « philosophes », il explique « le dépérissement du style » par « l'appauvrissement de la pensée » et « l'abaissement des caractères3 ». Ce qui est vrai, c'est que,