Cf. même page
112 LE REALISME DU ROMANTJSME.
Mon arc, mon javelot, mon char, tout m'importune; Je ne me souviens plus des leçons de Neptune ', etc.
Victor Hugo, paraîl-il, ne voyait là qu1 « une vide et pompeuse rhétorique ». « Quoi de plus affecté, lui fait-on dire, que ce grand nigaud importuné par son char? » Mais, citant les vers de Pradon :
Depuis que je vous vois, je n'aime plus la chasse, Et. si j'y vais, ce n'est que pour penser à vous,
il les jugeait, nous assure-t-on, « humains et vrais, pleins de grâce et de sensibilité2 ». Devons-nous croire que Victor Hugo ait jamais émis une semblable appréciation? Pure boutade en tout cas, et trop pieusement recueillie. Les vers de Pradon seraient plats n'importe où; et comment les supporter dans la bouche d'un personnage tragique?
Allons même plus loin. Beaucoup des mots et des locutions blâmés chez Corneille par Voltaire dérogent en effet à la dignité de la tragédie. Parmi ceux que nous indiquons plus haut3, tels sont après ce lâche tour ou piqué jusques au vif. Et en voici quelques autres, tirés de Polyeucte 4 :
Que tu discernes mal le cœur d'avec la mine !
Je sais des gens de cour quelle est la politique, J'en connais mieux que lui la plus fine pratique.
C'est en vain qu'il tempête.
Et, s'il avait affaire à quelque maladroit,
Le piège est bien tendu, sans doute il le perdrait.
Nous avons beau être fort éloignés des préjugés classiques; ces façons de parler nous paraissent