‹ Le réalisme du romantismeChapitre 91 sur 211 · Cf. p · texte numérisé non relu

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Ici, faisons d'abord une distinction. Pascal luimême1 ne condamne pas en tout cas la périphrase. « Il y a des cas où il faut appeler Paris Paris et d'autres où il la faut appeler capitale du royaume2. » Aucun écrivain, sous prétexte de réalisme, ne répudie les périphrases qui ajoutent quelque chose à l'idée ou au sentiment. On dira capitale du royaume plutôt que Paris, si l'on envisage Paris comme étant la capitale du royaume. Par exemple : Les ennemis s'avancèrent jusqu'à cinquante lieues de la capitale. Dans ces vers de Britannicus :

Quoi? tandis que Néron s'abandonne au sommeil, Faut-il que vous veniez attendre son réveil 3 ?

s'abandonne au sommeil est une périphrase expressive qui met la tranquillité de Néron en contraste avec l'inquiétude d'Agrippine. Et dans celui-ci :

La mère de César veille seule à sa porte4,

Albine dit la mère de César pour avertir Agrippine qu'elle compromet sa dignité de mère et d'impératrice. La périphrase se définit d'ordinaire comme exprimant par plusieurs mots ce qui pourrait s'exprimer par un seul. Or elle exprime souvent ce que n'exprimerait pas le mot propre; elle équivaut au mot propre précisé ou relevé par un trait caractéristique sur lequel on appelle l'attention. Les ennemis s'avancèrent jusqu'à cinquante lieues de Paris, la capitale du royaume. — Tandis que Néron dort d'un sommeil auquel il s'abandonne. — Agrip-

1. Un classique sans doute, mais mathématicien et janséniste.

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