Cf. Boileau
Tout reconnut ses lois...
(Art poétique, I, 139.)
et, tant que nos poètes restèrent fidèles à cette conception, ils n'éprouvèrent pas le besoin de varier leurs rythmes.
Lyrique et non plus oratoire, le romantisme multiplie d'abord les formes de strophe. Il en invente1, il en emprunte surtout à la Pléiade : ainsi chaque état de l'âme peut dès lors s'exprimer par un rythme approprié.
Souvent les romantiques emploient dans la même pièce des strophes différentes. Et rien là qui fût nouveau ; mais ce genre de poèmes dénote chez eux un sens du rythme qu'on ne trouve ni chez les Jean- Baptiste Rousseau ni chez les Malherbe. Il faudrait en analyser ici quelques-uns. Les Djinns, qu'on prend toujours pour exemple, sont un exercice de pure virtuosité. Victor Hugo a voulu, par des mètres de plus en plus longs, puis de plus en plus courts, y rendre l'impression d'un bruit qui croit peu à peu dans les huit premières strophes et peu à peu décroît dans les sept dernières. C'est donc un procédé tout mécanique; et d'ailleurs le nombre des vers et la combinaison des rimes y restent invariables. En étudiant de préférence, si cette étude ne demandait un trop long détail, des pièces telles que Soleils couchants*, A la colonne3, Napoléon II1*, on verrait avec quel sentiment de l'harmonie rythmique le poète accorde les diverses strophes à ses inspirations successives.
D'ordinaire les romantiques, comme les clas-
1. Notamment la strophe de douze vers où les huit derniers forment deux groupes de trois rimes féminines suivis chacun d'une rime masculine.