Ibid., V
siques, n'emploient qu'une seule forme de strophe dans une même pièce. Mais ils ont le choix entre un plus grand nombre de formes, et ils choisissent celle qui convient au thème général. On peut citer ici des exemples. En voici plusieurs tirés de Victor Hugo.
Dans Vieille chanson du jeune temps, c'est un rythme doux, facile, léger, et qui caresse l'oreille :
Je ne pensais point à Rose; Rose au bois vint avec moi.
Nous parlions de quelque chose, Mais je ne sais plus de quoi ».
Dans Ibo, le rythme est allègre et bondissant :
Que le mal détruise ou bâtisse,
Rampe ou soit roi, Tu sais bien que j'irai, Justice,
J'irai vers toi s.
Dans la pièce intitulée En frappant à une porte, après trois vers de huit syllabes, le dernier, qui n'en a que quatre, donne la sensation de je ne sais quoi d'incomplet, de brisé :
J'ai perdu mon père et ma mère, Mon premier né, bien jeune, hélas!
Et pour moi la nature entière Sonne le glas3.
Dans Booz endormi, la strophe de quatre alexandrins à rimes embrassées exprime une gravité sereine :
Booz ne savait point qu'une femme était là Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle. Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ; Les souffles de la nuit flottaient sur Golgotha4.