‹ Le Réalisme MétaphysiqueChapitre 3 sur 11 · LES FORMES SENSIBLES · texte numérisé non relu

LES FORMES SENSIBLES

le monde est pénétré de pensée, parce qu’il est luimême une pensée qui se développe parallèlement à la nôtre, de même origine et de même loi. Quant à la troisième hypothèse, que la pensée est une résultante conforme aux lois générales de la matière; cette idée même de loi et d’uniformité régulière est une notion psychique qui contredit l’hypothèse et la ramène aux précédentes. À moins de tout confondre, l'harmonie ne sort pas du désordre, ni la finalité du hasard. L'essentiel est de voir comment le monde se comporle en face de l'esprit, et quelles sont ses lois.

Pour constater cet accord, de la pensée et des choses, deux procédés sont possibles : ou bien étudier les phénomènes donnés et remonter par induction à leurs lois générales, qui seraient peut-être les lois générales de la pensée; ou, au contraire, tirer des lois de la pensée tous les corollaires qu’elles contiennent, et qui seraient en même temps les lois particulières du monde. En fait, ces deux procédés ne s’isolent guère, et l’esprit mêle dans des mesures diverses, appelant à son aide, pour la découverte difficile de la vérité, toutes les ressources du calcul et de l'expérience, les deux méthodes à priori et à postériori. En droit, ces deux méthodes doivent réussir, si le monde et l'esprit sont vraiment un tout bien lié, et si les choses symbolisent avec les pensées. Cependant, comme il y a des degrés dans la nature, il y a un domaine plus rapproché de l’esprit et de ses lois générales et immuables : c’est celui des mathématiques ; et un autre, où la complexité des causes secondes produit une plus grande variabilité d'effets, plus difficiles à réduire aux divisions simples de l'esprit : c’est le domaine physique.

Ces distinctions sont fondées en droit. La pensée, à mesure qu'elle se réalise dans les choses et s’y

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