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gager à fond, de dévoiler trop clairement ce qu’il désirait, avant d’avoir, de part et d'autre, pris toutes ses précautions.
Il hocha la tête :
— Va, va, tu peux te moquer; c’est pourtant ton vieil homme d’oncle qui fera ton bonheur. Tu ne seras pas à plaindre, certes non, si tu veux m'écouter, suivre mes conseils, et si tout s’amène à bien, comme il est à espérer. Tu pourrais même faire plus d’un jaloux, m'est avis !.. Nous verrons, nous verrons.
Le jeune homme, sans paraître vouloir conprendre sur quel terrain son interlocuteur essayait de l’amener, fit, évasivement :
— Je pense bien que vous ne voulez pas mon malheur, et vous m'avez toujours trop | constamment prouvé votre tendresse pour que je ne vous écoute pas, comme le meilleur, le plus sûr des amis, comme un véritable père.
Mais nous aurons le temps de causer de tous vos projets, je ne suis pas près de repartir : c'est un long congé que celui que je prends, cette fois!
— Bien vrai?
— Deux mois au moins, peut-être trois.
— Ah! mon cher enfant, si tu pouvais me rester pour toujours !.…
Et, laissant ainsi deviner son secretespoir, celui qu'il ne cessait de caresser au fond de son cœur, Kerbiriou enveloppait d’une étreinte plus tenace les robustes épaules de son neveu, comme
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pour mieux le retenir, l’attacher au pays, en une supplication pressante de tout son être, qui le transfigurait, donnait à ses traits une détente inaccoutumée, une expression féminine d'infinie tendresse.
Certes, sesparoissiens n'auraient pas reconnu, en ce moment, la physionomie toujours bienveillante, mais plutôt abrupte et rude, de leur curé. Celui dont ils avaient l'habitude, c'était le vrai recteur breton, dans toute son âpreté primitive, n'ayant ni l’élégance physique de l'abbé des grandes villes, ni son langage policé, ni son vernis mondain, ni son cerveau littéraire, presque sceptique sur bien des choses.
Là, il se révélait tout autre, ayant un cœur d'une faiblesse de mère, amolli par la passion familiale, une affection qui lui faisait considérer comme un fils cet enfant de la sœur adorée, éternellement regrettée. Aussi eût-il voulu épargner à Denis Le Marrec toute peiue, tout ennui, écarter de son chemin les moindres difficultés de la vie, et, encore aujourd’hui, même après les années écoulées, même après une longue accoutumance qui aurait dû le cuirasser, ilavait la plus grande peine du monde à se faire à sa transformation de plus en plus accentuée, à voir en lui l’homme robuste et vaillant qu'il était, malgré son jeune âge, l’homme de lutte habitué aux terribles et incessants combats de la mer.
En le regardant, en le comparant par la pensée au frêle et maladif vicaire, que la plus légère
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