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Une seconde, il lui a fallu s'arrêter, comprimant à deux mains sa poitrine, où tout le sang de ses artères s'était porté; il ne peut ni parler, ni poursuivre sa route. Il la contemple, éperdu de joie; elle ne l’a pas encore aperçu.
Toute seule, au bord le plus extrême de la falaise, elle regarde du côté de l'Atlantique,
Toute seule au bord le plus extrème de la falaise.
immobile, ses cheveux, arrachés de sa coiffe, tnvolés autour d'elle, flottant sur ses épaules en blonde auréole de lumière, et parait ainsi quelque surnaturelle figure de la lande, quelqu'une de ces fées que la croyance fait errer dans ces lieux déserts.
En la voyant, Le Marrec a eu un instant cette Pensée; une foule de souvenirs d'enfance lui 'emontent brusquement au cerveau, ramenant
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les contes oubliés, les légendes autrefois sues, et entendues, les légendes acceptées.
Il murmure de nouveau, pour s’arracher au frisson des superstitions, dont l'aile de ténbres effleure son front :
— C'est Faïk!..
Mais il se souvient en même temps qu’elle est la fille du Reboutou, et il ne lui déplaît pa: de l'aimer, par cela même qu'elle n’est pas une fille ordinaire, qu’une sorte d’inconnu pèse sur elle, l'enveloppe.
Ce n'est pas seulement avec son cœur d'homme qu'il aime, c’est aussi avec son äme de Breton, son âme éprise de tout ce qui es Mystère, Énigme, Surnaturel ; il l'aime comme il aime la brume natale; elle est pour lui Bretagne, la mélancolie exquise du pays d'origine,
Voilà que, s’approchant d’elle à l’improviste, tandis que la jeune fille, insensible à ce qui st passe autour d'elle, semble chercher là-bas, al loin, dans l'infini de l'Océan, quelque chose que seuls ses yeux lumineux peuvent voir, Î l'entoure aux épaules de ses mains tendues.
Souriante, sans effroi, paraissant encore sous l'ivresse du rêve continué, elle retourne ver lui la tête.
Il balbutie, ses yeux dans les claires prunelles profondes :
— C'est moi, c'est moi!
Comme elle le regarde toujours, il s'écrie: