‹ Le recensement canadien de 1891 [microforme]Chapitre 10 sur 19 · DEUXIÈME GROUPE FRANÇAIS (AU CENTRE) DISTRICT DE HASTINGS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GROUPE FRANÇAIS (AU CENTRE) DISTRICT DE HASTINGS

Ce sont les Canadiens trafiquants de fourrures qui ont créé dans cette région les premiers postes autour desquels les Anglais se groupèrent plus tard. Les missionnaires, qui venaient visiter ces postes, attirèrent aussi l'immigration irlandaise catholique, et c'est de là que vient le nombre relativement considérable des catholiques de

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celte régiou qui s'appelait alors le Middle Land. Une grande partie des Français primitifs est tou ours restée attachée à ses traditions et même à sa langue ; ils ont «té soutenus dans leurs sentiments, et accrus dans leur nombre par un courant d'immigration canadienne, qui s'y maintient toujours, bien que Johnson prétende le contraire; car on v trouve encore aujourd'hui 2.559 natifs de la province de Québec.

Ce groupe se ramifie sur six comtés : Hastings, Peterborough, Northumberland, Lennoxz, Addington et Prince-Édouard. En 1851. ces six comtés contenaient déjà 122.450 habitants, dont 22 3:0 catholiques, sur lesquels 2.663 étaient Canadiens français. En 1871, sur 31.162 catholiques on comptait 6.677 Canadiens dont 4.670 natifs de la province de Quélex, detail qui nous montre la constante continuité de l'immigration. En 18S!. nous avons constaté dans cette contrée 31.592 catholiques, et 7.490 Canadiens, parmi lesquels 2.879 natifs de Québec. Mais, eu 1-91, nous ne trouvons plus que 3.478 Canadiens en compte. sur 30.801 catholiques; nous reconnaissons facilement ici la main néfaste des recenseurs de cette époque.

Bien que nos malheureux compatriotes aient été depuis K) ans victimes de beaucoup de tracasseries mesquines; bien qu'ils aient été exposés à chaque recensement à beaucoup de déperditions injustes : ils s'accroissuent à vue d'œil; nous les avions trouvés 2.663 en 1851. nous les avions laissés 7.490 en 1881, ils auraient dû dérasser 100%) àämes en 1891 : comment et pourquoi ont-ils subi au contraire œt énorme déchet de 180 0/0 sur l'effectif qu'ils auraient dù nous présenter ?

Comme ils n'ont éprouvé ui fléau, ni catastrophe, ni émigration extraordinaire. c phénomène serait inexplicable, si nous ne cherchions pas à savoir œ que sont devenus les catholiques français disparus.

Pendant que ces derniers progressaient rapidement. les catholiques anglais de la contrée suivaient une marche inverse : de 29.900 en 1861, ils avaient graduellement décliné jusqu'a 24.108 en 1884 ; leur natalité en effet était médiocre, et l'immigration irlandaise s’amoindrissait de jour en jour. Les choses en étaient à ce poiit lorsque le recensement de 1891. qui enkevait aux Français plus de la moitié de leur coatingent, attribua tout à coup aux catholiques anglais un accroissement inattendu et inju:st&-ble de 14 0/0. Tels sont les merveilleux effets,

d'un recensement bien manœuvré ! On avait versé au compte des Anglais, ce que l’on avait enlevé au compte des Canadiens français.

Cette histoire ressemble beaucoup à celle des Canadiens de Leeds, de Lanark, etc., etc. ; nous l'avons décrite dans le 1‘ groupe ; elle se retrouve fréquemment dans l'Ontario. Partout où ces Canadiens sont isolés, inconnus, et dépourvus de prêtres français, ils ont rencontré la même malveillance locale, les mêmes subterfuges, les mêmes difficultés pour leur inscription comme Français. Cependant ils avaient profité de la tolérance précaire, mais légale, qui leur était laissée, et malgré tous les mécomptes, ils avaient silencieusement grandi de 1851 à 1891, lorsque ces dispersés ont été frappés tous à la fois d’une énorme diminution, Nos Canadiens du Middle-land sont donc réduits sur le papier au chiffre minime de 3.478; c'est un coup de force doublé de ruse ! Mais cela correspond-il à la réalité ? Aucunement! On a créé des illusions qui flattent quelques politiciens, mais ces étiquettes ne changent ni les hommes ni les choses, et il reste toujours en cette contrée, 8.500 Canadiens qui progressent chaque année par leurs naissances, et par l'immigration qui leur vient de Québec.

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