‹ Le recensement canadien de 1891 [microforme]Chapitre 9 sur 19 · PREMIER GROUPE DES CANADIENS-FRANÇAIS A L'EST · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE DES CANADIENS-FRANÇAIS A L'EST

Recensements comparés de 1881 et 1591.

Comtés, Catholiques Canadiens-Français Natifs en 4894 RS — 1881 1891 1881 1891 De Québec d'irlande Glengarry . , , . . 11.758 12.464 4.188 b.574 3.042 149 Stormont et Cornwall (+) A NS RE 8.044 10.579 4.189 5.614 2.856 634 Prescott, . . . . ... 16.895 18.53% 14.601 16.250 5.935 405 Russell. . . . . .. 13.255 18.478 9.622 14.101 6.601 1.232 Carleton . . . . . . 6.839 6.852 1.668 2.184 1.891 1.563 Ottawa city. . . . . 15.901 21.189 9.834 12.790 9.170 2.336 Leeds, Grenville et Brockville city . . 11.267 11.402 2.551 1.149 993 4.127 Lanark, . . .. "14 6.096 1.332 850 004 617 2.310 Dundas. . . . . . . 2.473 2.196 1.445 399 920 742 \enfrew . . . . . . 14.246 18.175 5.240 4.167 2.931 2.443

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Les comtés qui forment la 2° section de ce 1‘ groupe demandent à être contrôlés avec beaucoup plus d'attention; nous tenons particulièrement à étudier les comtés de Dundas, Leeds, Grenville, Lanark, ainsi que la cité de Brockville, tous agglomérés en arrière des précédents; nous y trouverons, tout en rectifiant d'importantes erreurs, des enseignements {rès propres à contrôler les rencontres, les mélanges, voire même les discussions, entre ies populations si variées, qui s'établissent dans la Confédération. Nous terminerons enfin par l'étude du vaste comté de Renfrew, situé au Nord de la capitale fédérale.

Comtés de Dundas. — Leeds. — Grenville. — Lanark et cité de Brochville. — Le comté de Dundas occupe entre tous les autres une place à part : il a eu en effet l’heureuse chance pendant 40 ans d’être traité par ses recenseurs, sans parti pris, et avec beaucoup de justice; selon que les familles canadiennes croissaient ou faiblissaient, on l’exposait dans les recensements; c’est ainsi que sans effort, sans secousse, sans racasser les gens, en abandonnant chaque famille aux traditions conservées de son origine, on consignait les résultats vrais, du mouvement de la population.

Dans le reste de tette section : Leeds, Grenville, etc., etc., il s’est trouvé au contraire des esprits chagrins et sectaires, qui dans tous les

recensements s'efforçaient de gêner l'essor de la population canadienne, et d'amoindrir s’il y avait licu la manifestation de ses progrès. Manœuvrant les esprits, interprétant les déclarations et même les fraudant quelquefois, ils y mettaient un acharnement si aveugle, que leurs supercheries se contrariaient souvent d’un recensement à l'autre.

De là des résultats bien différents : en 1851, Dundas ne contenait que 231 Canadiens; dans ces comtés, qui l'entourent, on en comptait 1.167 de fort ancienne date; 30 ans après, les 231 Canadiens étaient devenus 1.445, tandis que dans les comtés voisins, il ne s’en trouvait encore que 3.386. Ils avaient reçu cependant les uns et les autres, (noul'avons vérifié), une quantité d’immigrants français relativement semblable; ces Français avaient les mêmes mœurs, les mêmes traditions, la même natalité, ils auraient donc dû bénéficier d’un même accroissement. Mais aujourd'hui les divergences dans les recensements indiquent non 'pas les variations réelles du mouvement de la population, mais bien plutôt la diversité des points de vue, des procédés et des classifications, mis en œuvre par les recenseurs, aux dépens des recensés. Le dénombrement de 1891, nous en fournit une preuve d'autant plus convaincante qu’elle n’a point été calculée par ses rédacteurs.

A celte époque, le bureau central a poussé les commissions locales vers un amoindrissement systématique de la progression canadienne : Dundas se trouva donc subitement, en 1891, placé sous le même régime d’inexactitude, que nous signalons dans les comtés qui l’entourent. Aussitôt tout y fut changé comme par un coup de théâtre ; nous avons constaté comment les Canadiens français y avaient atteint péniblement, après

. 30 ans d'efforts, le chiffre de 1.445 : ils furent ramenés à 355. et par un mouvement de bascule, les catholiques anglais qui ne recevaient plus d'immigration irlandaise, et qui diminuaient d’année en année, se trouvèrent tout à coup surélevés de 1.033 à 1.841; il est inutile de demander d’où provenait cet accroissement extraordinaire de catholiques Anglais.

Mais les recenseurs ont complété la fourberie par le ridicule, ils ont inscrit dans le même dénombrement, qu’il y avait dans ce comté 295 natifs de la province de Québec; or, s’il n’y existe que 355 Français en tout, que sont devenus les enfants de ces hommes que nous avons trouvés établis et prospérant depuis 40 ans dans le comté de Dundas? Il ne restait donc plus que 60 de leurs descendants !

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Nous avons indiqué plus haut comment les Français de Leeds, &renville, Lanark et Brockville, qui bordent Dundas, avaient vu dans chaque recensement, la malveillance publique inscrire sur les registres une partie de leurs descendants, comme étant d’origine anglaise. En

1881, ils auraient dû ètre plus de 6.000, et on n’en a compté que 3.396. On aurait donc pu croire, qu'il serait désormais impossible de rogner sur leur nombre en 1891: mais rien ne peut échapper à l'influence néfaste du Bureau central des dénombrements: et sur 18.434 catholiques inscrits en 1891, on ne retrouve que 1.855 catholiques français. Cependant. on constate en même temps qu'il se rencontre dans ces # comtés, 1.610 natifs de la province de Québec; il n'y en avait que 1.100 en 1881! Il est donc avéré: que la proportion des naissances canadiennes est supérieure à celle des Anglo-Saxons; et que les immigrants Canadiens s’accroissent d'année en année dans cette région; ma; néanmoins il semblerait que plus il se produit de Canadiens, moins on trouve de Français dans les recensements !

Quant aux catholiques anglais, ils ont la chance toute contraire ; moins il vient d’immigrants Irlandais, moins leurs familles sont chargées d'enfants, plus ils s’accroissent : de 1861 à 1891, les natifs d'Irlande ont perdu graduellement 3.000 âmes; et cependant, de 1881 à 1891, les catholiques anglais se sont accrus tout d’uc coup de 2.800 âmes, soit 20 0/0. C'est surtout à Brockville et dans le comté de Lanark que sc fabriquent ces prodigieuses statistiques.

Il devient donc absolument nécessaire de rectifier un dénombrement si extraordinaire, et voici les règles, dont nous conseillons d’user pour asseoir une critique rectificative de ces erreurs : 1° il faut tenir un “4 grand état du cens de 1881, qui est le dernier recensement régulier i dressé au Canada; 2° on doit consulter avec soin, en les comparant 1 avec le recensement personnel, les recensements de religion, et ceux 4 de l'immigration; 3° lorsque le recensement de 1881 présente une

série logique de concordances, avec les recensements antérieurs, on

doit mème considérer qu'il acquiert une autorité spéciale, qui constitue

une présomption légitime d'erreur, contre le recensement de 1891.

L'espace ne nous permet pas d’entrer dans de plus longs détails,

4 mais en étudiant d’autre part la progression si considérable des Canadiens dans les comtés voisins depuis 20 ans, et l'influence qu'ils ont

M exercée autour d'eux, nous avons acquis la conviction que l’on devait

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évaluer à 1.750 le nombre des Canadiens d'origine française fixés en 1891 dans le comté de Dundas, et à 6.000 le nombre de ceux qui résidaient dans Leeds, Lanark, Brockville, etc.

Comté de Renfrew. — C'est par ce comté que nous terminerons l'étude du groupe canadien de l'Est-Ontario. Situé sur le cours septentrional de l'Ottawa, les premiers établissements y furent anglais; en 1851, on y comptait déjà 9.415 habitants, dont 231 Français seulement. Le progrès de ces derniers devint alors plus rapide, et en 1871 sur 11.059 Catholiques, on trouvait déjà 2.882 Français; puis en 1881 : 40.125 habitants, dont 5.240 Français; mais en 1891, les recenseurs s sont efforcés, là comme partout ailleurs, de réduire autant que possible le nombre des Canadiens, dans les documents publics; et malgré une immigration canadienne considérable et persistante, ils n'ont inscrit que 4.167 catholiques français.

Malheureusement pour eux, la diminution considérable de l'immigration anglaise, comparée avec l’afiluence soutenue de l'immigration de Québec, a infligé un démenti authentique à leurs appréciations : en 1881, on avait trouvé dans le comté de Renfrew, 4.987 natifs d’Angleterre et 3.181 natifs de la province de Québec; or, en 1891, les premiers se sont trouvés réduits à 3.965. tandis que les seconds se maintenaient à 2.927. L’immigration anglaise a donc subi une diminution de 21 0/0, et celle des Canadiens une de 8 0/0 seulement ; et nous sommes dûment autorisés à prétendre : qe ron seulement les Français ont conservé le même nombre qu'en !-81, c'est-à-dire 5.240, mais que par leurs immigrants et la puissance» de leur natalité, ils ont participé très fortement, à la progression générale du comté, dans lequel ils figurent aujourd’hui pour 7.500 ämes. Les relations que nous avons reçues du pays lui-même et le remarquable mémoire de M. Tassé, pe laissent aucun doute à cet égard.

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