‹ Le recensement du Canada, 1871 [microforme]Chapitre 2 sur 3 · LE EECENSEMENT DU CANADA · texte numérisé non relu

LE EECENSEMENT DU CANADA

“demi. La différencs entre le chiffre anticipé et “ celui du Fecensement est grave, et le public “ nie l'exactitude du Recensement avee autant di # persistance que les fonctionnaires en mettent « fa défendre. Il ne s’entsuit pas de ee que les pré- | “ visions n'ont point été confirméos que les fonc- “ tionnaires se trompent.”

Je réponds qu'établir le chifire de la population d'un pays n'est point une ques- | tion de prévision, d'anticipation, d'induction, de comparaison, ou de progressions géométriques, mais une question de preuve à obtenir sur place, par le témoignage sous serment de témoins se transportant de leur personne, de maison en maison, enrégistrant successivement, nom par nom et un par un, tous les individus quicom- | posent cette population, et de nulle autre manière. Ce n'est point une affuire d’argumentation mais esseatiellement une question de fait.

L'augmentation de la population d'un jeune pays, encore en pleinc colonisation, et traversé par des courants migratoires ne saurait se déduire d’une période à une autre par des calculs de progressions, La population du Haut Canada était de 465,-

57 en 1841 [fin d'année] ainsi que donnée par le recensement alois fait; cette population était de 952,004 en 1851 (tin d’année) et de 1,396,091 en 1861 (fin de 1860), ce qui établit une augmentation totale de 104 par cent pour une déocade, et seulement de 46 par cent pour la période immédiatement voisine. Toutefois, comme la seconde période ne fut en réalité composée que de neuf années, il est plus correct de dire que l'augmentation annuelle de la première période a été 7.42 et l’aug mentation de la seconde période de 4.34,

Cet exemple démontre l'inexactitude de tous ces calculs, fondés sur une simple progression géométrique, faits en vue de prédire un évènement encore caché sous ies voiles de l’avenir et soumis aux chances de causes variées et nombreuses, telles que l’action de la densité, l'influence des migrations, &c., &c., toutes causes qui n'obéisent point aux lois des mathématiques,

Conséquemment, ‘‘/a différence entre l chiffre anticipé et celui du Recensement” est tout simplement li différence qui existe entre des calculs trompeurs et un fait numérique constaté.

M. Harvey un peu plus loin, dit:

“ Le Recensement de 186] fut pris en un jour; ‘“etlà population de fait, C'est-à-dire li popula- “tion alors et là présente fut assignée à chaque “ maison, village, comté et ville,”

Voici ce qu’on aftirme, ce qu'on repète, et ce qu’on présente comme un argument, suffisant, tout irrationel qu'il soit, pour tromper la partie mal disposée du Public.

Quels sont les faits? Le Recensement de 1861 ne fut pas pris en un jour, ni dans deux semaines, mais au contraire, bien

que moins considéra'le que le Recensement de 1871, ne fut pas plus promptement exécuté. Ilne fut pas pris d'après un des deux systèmes de la population de droit ou de la population de fait, mais en dehors de tout système. On y enregistra tous les présents et tous les absents de chique famille, faisant double empivi de

| toute la povulation flottanta des voyageurs,

écoliers, internes des institutions pus bliques, forestiers, &c., lesquels furent comptés deux fois, en premier lieu a l'endroit de le ar présence actuelle et en second lieu comme membres de 4 famille au domicile ordinaire ; le tout avec addition des etrangers accidentellement présents en quelqu'endroit que ce fut du pays. Que le Recensement de 1861 donne un chiffre exagéré de la population est chose qui n’a jamais fait doute pour ceux qui ont eu l’occasion d'étudier les procédés de ce Recensement, pour lu simple raison que la preuve du double emploi existe à la face du document et de la manière la plus claire. La même exagération arait eu lieu et de l1 même manière dans l’exécu tion du Recensement de 1851. I? résulte que l'énorme augmentation signalée plus haut pour la période 1841-51 (bien que considérablement supérieure en réalité à celle de la période suivante) contient une erreur importante, et que la différence en moins dans l'augmentation de la décade 18u1-71 (bien que très considérable en réalité) n’est pas cependant aussi considérable qu'elle apparait par la comparaison des résultats des deux derniers recensements.

M. Harvey se livre à une critique quelque peu riscuée des systèmes à suivre dans l’exécution d'un Recensement: il repre:sente le système de la population de droit comme une conséquence de la ‘‘jurispru- ‘ dence Romaine. ...qui mystifie le plai- ‘deur trop confiant” et le système de 12 population de fait comme 5e rattachant à la ‘loi commune et à tout ce qu'ily a de ‘ plus pratique!” De tout cela M. Harvey conclut que le premier de ces systêmes convient aux ‘peuples latins” mais est étranger au Teutons. Mon intention n'est point de m'occuper de discussions d’une nature aussi transcendente, désirant plutôt me restreindre aux questions de fait et aux arguments qui en decoulent; les faits sont que la distinction de races indiquée comme, partageant ces deux systèmes entre les divers peuples n'existe pas. !1 y «a des peuples latins qui ont conservé le système traditionel de la population de droit et il y a des peuples latins qui ont ælapté le système comparativement récent de la population de fait; il en est de même pour le peuples de race teutonne.

Deux exemples suftiront pour démontrer

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